Jonny Wilkinson (Toulon) plaqué par Rodrigo Capo-Ortega et Richie Gray (Castres)
Jonny Wilkinson (Toulon) plaqué par Rodrigo Capo-Ortega et Richie Gray (Castres) | AFP PHOTO / BORIS HORVAT

Wilkinson, une dernière en apothéose

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Jonny Wilkinson a tiré sa révérence à l’ovalie de la plus belle des manières, en offrant au Rugby Club Toulonnais son quatrième titre de champion de France (1931, 1987, 1992). Après deux tentatives manquées, l’ouvreur anglais a ainsi pu soulever le Bouclier de Brennus, une semaine après la Coupe d’Europe. Pour des adieux en fanfare (4/4 au pied plus un drop du droit).

Quand on a gagné la Coupe du monde ou la H Cup (deux fois de suite), combien peut donc valoir un titre de champion de France sur l’échelle du bonheur ? Jonny Wilkinson a répondu à cette question en arborant son sourire ravageur au coup de sifflet final. Wilko achève sa brillante carrière par un ultime trophée, le troisième glané sous la tunique rouge et noire après le doublé en Coupe d’Europe (2013-14).

Prestation majeure

Le blondinet au pied gauche magique quitte donc la scène rugbystique sur un ultime succès, mérité sur cette finale comme pour l’ensemble de son œuvre. Battu ces deux dernières saisons au Stade de France (12-18 contre Toulouse puis 14-19 face à Castres), le plus grand demi d’ouverture anglais de tous les temps avait à cœur de prendre sa revanche sur ce CO si accrocheur. Mission accomplie.

Efficacité au pied

Ce samedi, Wilkinson a porté Toulon comme d’habitude, en capitaine exemplaire. Ovationné lorsque le speaker a présenté les équipes, le Britannique a donné le coup d’envoi d’une chandelle du gauche. Quelques minutes plus tard, il encaissait en premier plaquage sévère. Le ton était donné. Comme attendu, Wilko était ciblé. Cela ne l’empêchait pas d’ouvrir la marque de près, concrétisant la bonne entame des siens. Après l’essai en contre des Castrais, le RCT connaissait une petite période difficile et Jonny Wilkinson manquait un plaquage. Mais il maintenait son équipe à flot en convertissant une pénalité des 40 m. Puis une autre quelques minutes plus tard pour de nouveau recoller au score (9-10). Avant de claquer un petit drop du droit pour concrétiser la domination varoise (12-10). Et pour le plus grand plaisir des Fadas et des Mordus de la Rade, placés juste derrière les perches.

Rigueur défensive

Le buteur du Ercété continuait sur le même rythme en début de second acte avec une pénalité des 22 m en coin à la 54e pour donner un peu d’air à sa formation (15-10). En phase défensive, le numéro 10 rouge se repliait efficacement et colmatait les brèches quand il fallait. Il plaquait si nécessaire, fidèle à sa bravoure d’ouvreur moderne. A l’entame du dernier quart d’heure, Jonny belle gueule se couchait sur un ballon chaud pour permettre à ses partenaires de récupérer le cuir. Les minutes s’égrènaient et le bout de bois se rapprochait de la Méditerranée. Mais Wilko s’évertuait à rester concentré et à encourager ses coéquipiers afin qu’ils tiennent le score.

Armitage saute dans ses bras

A l’entame du money time, la pénalité lointaine de son compatriote Delon Armitage offrait 8 longueurs d’avance aux hommes de Bernard Laporte (18-10, 74e). La messe était quasiment dite pour Toulon. Les fans vêtus de rouge et noir commençaient à célébrer le sacre avant l’heure en entonnant une Marseillaise. Jonny Wilkinson pouvait savourer tranquillement ses derniers instants de joueur de rugby professionnel. Au coup de sifflet final, il levait la main gauche puis se jetait dans les bras de Steffon Armitage, bientôt rejoint par les autres Toulonnais. Il n’avait pas volé ce Bouclier qui viendra garnir son armoire aux trophées déjà bien remplie. D’ailleurs, pour lui rendre hommage, la sono du Stade de France lançait un God save the Queen émouvant, applaudi par tout le public. Merci et bravo Monsieur Wilkinson !

Jonny Wilkinson: "C'est impossible à dire ce qu'il se passe dans ma tête. On a tout donné ensemble depuis cinq ans et plus même pour vivre ce moment-là. On a eu des mauvais moments et des bons mais on a su rester ensemble et c'était le plus important. On est une équipe et on va rester une équipe. C'est incroyable, je ne m'attendais jamais à finir comme cela".

Vidéo : Good Bye Jonny