Une procédure disciplinaire demandée contre Chabal

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La Fédération française de rugby a annoncé sa décision "de saisir la Commission de discipline de la Ligue nationale de rugby afin qu'une procédure disciplinaire soit engagée" contre Sébastien Chabal (Racing-Métro) après ses propos mettant en cause l'impartialité des arbitres de Top 14. Au diapason de la FFR, le Racing a mis à pied son joueur à titre conservatoire jusqu'à la décision de la commission. La star joue maintenant l'apaisement.

Si Sébastien Chabal divise toujours autant sur le terrain, il vient de faire l'unanimité suite à ses déclarations sur l'équité du Top 14. Contre lui. Il s'est mis à dos la FFR et, plus surprenant, son club. Pourquoi tant de haine ? Le troisième ligne international du Racing-Métro de 33 ans avait déclaré dans une interview au Journal Du Dimanche que "les arbitres du Top 14 sont nuls" et estimé qu'ils favorisaient les clubs de Castres, dont l'ancien président est l'actuel président de la LNR Pierre-Yves Revol, et de Biarritz, dirigé par son prédécesseur Serge Blanco. "C'est une réalité. Je cite un match de la saison dernière où tout le monde l'a vu. Les gonzes, ils ne se cachent même pas. C'est dommage pour notre sport", avait-il affirmé, reprenant en des termes plus forts des critiques tenues dans son autobiographie "Ma petite étoile" qui paraît mercredi. "Avant, c'était pareil avec Biarritz et c'est toujours un peu le cas. Il suffit de regarder les tirages au sort des poules de Coupe d'Europe: Biarritz n'a jamais des groupes très relevés. Ils ont de la chance, tant mieux pour eux", avait-il ajouté.

Au sommet de l'ovalie tricolore, on goûte assez peu ces propos et on l'a fait savoir avec une commission de discipline à la clé. "La FFR rappelle que l'arbitrage relève directement de son domaine de compétences, y compris pour ce qui concerne les rencontres des championnats professionnels organisés par la LNR", explique la Fédération dans un communiqué. "Il appartiendra à la Commission de discipline (...) d'examiner les déclarations de Monsieur Sébastien Chabal au regard des règlements de la FFR et de la LNR et d'y donner les suites qu'elle jugera utiles", ajoute-t-elle.

Mis devant le fait accompli par son joueur emblématique, le Racing-Métro n'est pas décidé à passer l'éponge, ni même à l'épauler. Chabal n'est pas limogé mais mis à pied à titre conservatoire jusqu'à la commission. "Le club réprouve la saillie de Sébastien Chabal +joueur passionné par son sport+ dans le Journal du Dimanche du 24 avril 2011, même si elle se doit d'être replacée dans le contexte", affirme le club dans un communiqué. "Le Racing-Métro 92, désireux de faire respecter les instances dirigeantes et le corps arbitral, après une entrevue avec le joueur, a décidé de sa mise à pied à titre conservatoire jusqu'au 11 mai et/ou jusqu'à la décision de la commission de discipline de la LNR", ajoute-t-il. Voilà Chabal dans de beaux draps !

Chabal se défend

Sébastien Chabal a déclaré ce mercredi "regretter la polémique" suscitée par ses critiques sur l'impartialité des arbitres du Top 14, sans toutefois revenir sur ses propos. "Je regrette que ça ait fait polémique, je regrette si des gens ont été blessés, je m'en excuse parce que je ne veux pas attaquer quelqu'un", a déclaré Chabal, invité de la radio RTL pour le lancement de son autobiographie "Ma petite étoile." "Je regrette ce qui est sorti dans un article d'un certain journal ce dimanche. L'arbitrage, j'en parle dans mon livre de manière bon enfant, il y en a une dizaine de pages et on ne peut pas sortir des mots comme ça de leur contexte", a-t-il déclaré.

Interrogé sur la gravité des accusations de favoritisme envers les clubs de Castres et Biarritz, le joueur a affirmé ne pas penser "que ce soit grave mis dans le contexte des dix pages qui parlent de l'arbitrage." "Je ne le dis pas, je ne le maintiens pas, je le suggère. Chacun à son avis. Je pense qu'il n'y a pas de mal à parler de l'arbitrage, pas de mal à dire ça. (...) Je pense que les arbitres subissent leur non-professionnalisme. Ils n'ont pas tous les outils, toutes les armes pour bien travailler. Je souligne que c'est un métier difficile, que je ne ferai pas pour tout l'or du monde", a-t-il expliqué. "Depuis 2007, j'ai la peau qui s'est épaissie, j'ai l'habitude que tous les six mois il y ait une polémique autour de moi", a-t-il souligné, estimant que la mise à pied prononcée par son club du Racing-Métro le "protégeait."

Gilles Gaillard