Les Biarrots
Les Biarrots autour de Guyot lors du derby basque | AFP - GAIZKA IROZ

Un derby basque aux ambitions révolues

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En ouverture de la 20e journée du Top 14, ce soir, le derby basque ne concernera pas, une nouvelle fois, le haut du tableau. A Bayonne, l'Aviron continue son chemin de croix en bas du classement malgré les investissements importants et sera visité par un Biarritz Olympique qui s'est éloigné irrémédiablement du statut de grand du championnat. Les deux équipes se suivent en 10e et 11e position, et toutes deux luttent pour rester tranquillement dans l'élite.

Chacun a eu des espoirs. Biarritz, avec ses quatre premières victoires initiales cette saison, avait cru tourner la page des vaches maigres. Mais une succession de six revers consécutifs, avec au milieu la défaite à domicile dans le derby basque, ont réduit à néant ses espoirs. Bayonne, avec son duo de constructeurs Lanta-Deylaud désormais aux manettes, pensait pouvoir enfin tirer profit des gros investissements récentes. Mais la lutte pour le maintien est rapidement devenue inéluctable. 

C'est dans ce contexte que le deuxième derby basque de la saison se déroule à Jean-Dauger. Pour Didier Faugeron, ce sera le premier derby à la tête du BO, lui qui était aux manettes de l'Aviron l'an dernier et s'était imposé contre les Biarrots (24-19). Restant sur trois défaites lors des quatre derniers matches, ses troupes ne sont pas encore en danger pour la relégation, mais le rythme actuel pourrait rapidement changer la donne. Avec une équipe vieillissante et des cadres qui ont manqué pas mal de matches (Harinordoquy, Thion), des jeunes prometteurs en partance (Lauret pour le Racing, Barraque à Toulouse), le club de Serge Blanco se prépare une fin de saison bien terne. Pour la première fois depuis 2003, aucun joueur n'a été pris en équipe de France dans le Tournoi. Un signe. Après la défaite à domicile contre le Racing-Métro, la mise au vert a été instaurée à Hendaye. Battu lors des deux affrontements en 2012, les Biarrots espèrent bien renouer avec une suprématie qui n'avait été mise à mal qu'à deux reprises entre 2006 et 2011.

Rokococko enfin marqueur en Top 14

A Bayonne, le sixième budget du Top 14 n'atteint toujours pas le classement adéquat, mais il y a du mieux. Si l'Europe s'est toujours refusée à lui depuis sa remontée en 2004, l'Aviron a décidé de construire de solides fondations, autour du duo Lanta-Deylaud arrivé d'Agen, en se donnant trois ans pour accéder aux barrages. "Désormais, on ne recrute plus sur CV", avait lancé l'été dernier Alain Afflelou, président actionnaire du club. Avec le premier essai inscrit en championnat depuis son arrivée par Joe Rokococko lors de la défaite au Racing 15-10) voici quinze jours, et les dix longueurs d'avance sur le premier relégable, les Bayonnais ont disposent d'un horizon moins bouché que par le passé. Marvin O'Connor, symbole d'une équipe volontaire, n'en disconvient pas: "Même si nous avons un petit peu plus de confort au classement par rapport au dernier derby disputé à Jean-Dauger, l'enjeu est intact: s'imposer. La suprématie régionale est en jeu", dit-il sur le site de son club. Pour ce match toujours très particulier, dont on parle dans tout le pays basque avec ferveur et longtemps avant, le staff a décrété le huis-clos toute la semaine.

Toutes deux battues lors de la dernière journée, les deux formations sont en quête de revanche. Mais cela passe bien loin derrière la fierté locale d'un derby toujours très chaud, qui se jouera à guichets fermés.