Jean-Marc Doussain (Toulouse) dans la défense de Toulon
Le Toulousain Jean-Marc Doussain au contact de la défense toulonnaise, et Mamuka Gorgodze | AFP - BERTRAND LANGLOIS

Toulouse-Toulon, la vie en rose semble loin pour les Rouge et Noir

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Entre Toulouse, le plus beau palmarès du rugby français (4 Coupes d'Europe, 19 titres de champion de France), et Toulon, la meilleure formation de ces quatre dernières saisons (3 Coupes d'Europe, 1 titre de champion de France et 3 de vice-champion), la rencontre devait être un sommet. Mais après sa défaite à Mayol et la pression mise sur son nouvel entraîneur Diego Dominguez, c'est "avis de tempête" sur le RCT, alors que le Stade, sans trophée depuis 2012, doit réagir après sa défaite chez le champion racingman.

Toulouse, deux décennies de règne, Toulon, quatre années

Un quadruplé entre 1994 et 1997, avec en prime la première Coupe d'Europe (1996), quatre Boucliers de Brennus et trois Coupes d'Europe entre 2001 et 2012, le Stade Toulousain a représenté LA référence du rugby français, et même européen, pendant deux décennies. Mais depuis le dernier sacre en 2012, Toulouse n'y arrive plus. Voici deux ans, pour la première fois, l'équipe a raté la phase finale du championnat de France, et ces deux dernières saisons, elle n'a pas réussi à s'extirper de la phase de poules de la Coupe d'Europe. Pour le recordman de victoires sur le continent, c'est un affront.

Les Rouge et Noir de la Ville Rose ont semblé transmettre le témoin à ceux de la Rade. Car depuis 2012, et sa finale perdue contre les Toulousains, le RCT truste le haut du panier. Premier club à réaliser le triplé européen (2013, 2014, 2015), champion de France en 2014 pour la première fois depuis 1992, et finaliste à trois reprises (2012, 2013, 2016), les Varois sont au sommet. Mais comme Toulouse, Toulon semble en perte de vitesse en ce début de saison. Malgré ses stars, le jeu n'est pas encore au rendez-vous, et Mayol est déjà tombé, la semaine dernière lors de la venue de Brive (25-21). Pour toute équipe visant le titre, perdre des points à domicile est un fardeau. Pour Toulon, perdre dans la citadelle de Mayol est un affront.

Une passation de pouvoir à assumer

La saison passée, Guy Novès a fait ses valises pour prendre la tête du XV de France. Ugo Mola s'est chargé d'assurer la succession, avec un retour en phase finale (battu en barrages par le Racing, futur vainqueur) pour récompense. Mais c'est loin des standards habituels. La semaine dernière, la première défaite de la saison, sur le terrain du champion en titre, le Racing, n'a pas levé les doutes concernant cette équipe, orpheline de nombreux cadres partis à l'intersaison (Picamoles, Poitrenaud, Clerc...).

A Toulon, c'est une autre immense figure qui a fermé la porte: Bernard Laporte. L'ancien sélectionneur de l'équipe de France s'est lancé dans la conquête de la Fédération, et Mourad Boudjellal a choisi, dès la saison passée, Diego Dominguez pour lui succéder. L'Italo-argentin a passé la moitié de la saison passée à Toulon. Cela ne lui a pas suffi pour éviter une crise. Tout cela est parti de la décision du président du RCT d'engager Marc Dal Maso alors que le poste était occupé par Jacques Delmas, sans, en plus, en référer à l'ancien ouvreur du Stade Français. Le tout, avec la rumeur Fabien Gatlhié qui revient depuis des mois avec insistance. La défaite contre Brive n'a fait qu'accentuer la pression mise sur Diego Dominguez. "On est derrière Diego, il n'y a pas de doute", a martelé le troisième-ligne Charles Ollivon. "Dimanche, on va tout donner, pour nous, pour Diego, pour tout le monde." Marc Dal Maso, invité à la place de Dominguez à parler en conférence de presse a indiqué: "Le président met la pression toutes les semaines sur le staff ou les joueurs. Et comme on n'a pas des résultats qui correspondent à ses attentes, obligatoirement, il tape sur la table et il gueule." 

C'est dans ce contexte que les deux équipes s'affrontent en clôture de cette 4e journée. Depuis mars 2014, et sa défaite à Mayol (32-28), le Stade toulousain n'a plus perdu contre le RCT.