Castres-Toulouse
Le talonneur Botha charge le 3e ligne Claassen | AFP - REMY GABALDA

Toulouse se refait dans la citadelle castraise

Publié le , modifié le

En allant gagner (18-16) au stade Pierre-Antoine de Castres où personne ne s'était imposé cette saison, Toulouse a évité une troisième défaite consécutive. Et la série de 8 victoires de suite s'arrête pour le CO. Mais le champion de France n'a pas effacé tous ses doutes, notamment en conquête.

Des mêlées pénalisées, des touches données à l'adversaire, le Stade Toulousain balbutie toujours son rugby. A l'issue de ce mois de décembre "difficile" de l'aveu même de Thierry Dusautoir, où l'équipe s'est inclinée à trois reprises consécutivement (toutes compétitions confondues), les champions de France ont retrouvé le chemin de la victoire. Et comme souvent, c'est au pied du mur qu'ils ont retrouvé certaines de leurs valeurs. Et le mur était imposant. Au stade Pierre-Antoine, aucune équipe n'était venue s'imposer cette saison. Et le Castres Olympique restait sur huit victoires consécutives. 

Alors bien sûr, si tout n'a pas été parfait au Stade, c'est que l'adversaire avait une belle envergure. Une défense et un pack agressifs, des mauls qui ont souvent mis les Toulousains en grandes difficultés, les troupes de Laurent Labit et Laurent Travers ont bien failli rester invaincus et se rapprocher de la qualification certaine. Mais un coup de pied imprécis du buteur Kockott à la 78e minute, qui passait à côté des barres, éloignait les points de la victoire. Et cette occasion passée survenait juste après une autre énorme action du demi de mêlée castrais à la 74e minute. Un maul qui avance, un départ petit côté avec le relais de Martial et une remise intérieur pour s'ouvrir le chemin de l'en-but, mais l'arbitre signalait un en-avant et empêchait le Sud-Africain d'aplatir l'essai qui aurait donné l'avantage aux Tarnais.

Dulin et Clerc voient jaune

Si le match s'est joué sur ces deux actions, d'autres faits de match ont également contribué à ce résultat. Dans une rencontre tendue entre deux prétendants aux demi-finales, les velléités offensives n'ont pas plu à Pierre-Antoine. Mais l'arbitre a sorti coup sur coup des cartons jaunes, pour Dulin, auteur d'un plaquage sur Clerc alors que ce dernier avait tapé par dessus dans les 22m (64e), puis pour ce même Clerc, auteur d'un plaquage haut sur Kockott (65e). Le score était alors de (18-13) pour les Toulousains, bien heureux d'être devant après une première période délicate, marquée par un essai inscrit par Andreu, venu aplatir le ballon au nez et à la barbe de Poitrenaud (5e, 7-0). La botte de Beauxis, de retour sur le terrain et auteur des six pénalités de son équipe, avait laissé ses troupes dans le coup (10-9 pour le CO) à la mi-temps (pénalités à la 12e, 32e et 40e). Et si la deuxième période toulousaine a été un peu meilleure, Guy Novès est passé tout près d'encaisser une troisième défaite consécutive, ce qui ne lui est plus arrivé depuis 2008. 

Après huit victoires consécutives, Castres s'incline pour la première fois de la saison à domicile, restant néanmoins plus que jamais bien placé pour la qualification. "Il y a des regrets après ce match, on n'a pas fait la partie que l'on  souhaitait. Peut-être en raison de la pression qui pesait sur cette rencontre  qui nous aurait permis de passer devant les Toulousains au classement", glissait Laurent Travers. "Evidemment, il y a de la  déception, surtout que l'arbitrage, une fois de plus ne nous a pas favorisés. A  Toulouse, on perd d'un point avec un essai en-avant accordé aux Toulousains, là  c'est un essai que l'on nous refuse, sans même faire appel à la vidéo alors  qu'il n'y a visiblement pas en-avant. Toulouse mérite son statut, mais nous  aussi, on mériterait d'être un peu plus reconnu."