Perpignan - Toulouse
Le talonneur perpignanais Guirado aplatit devant Dusautoir | AFP - JOSEP LAGO

Toulouse prend l'eau à Perpignan

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Dominés dans les grandes largeurs par une équipe de Perpignan entreprenante, les Toulousains, méconnaissables, ont sombré samedi (34-20) lors de la 5e journée de Top 14. Une première mi-temps catastrophique ponctuée par quatre essais aura mis fin aux espoirs toulousains qui concèdent leur deuxième défaite de la saison.

L'USAP a été à la hauteur. De l'évènement d'abord, délocalisé dans le mythique stade de Montjuic de Barcelone et ses 50 000 places. Des Toulousains ensuite, que les Perpignanais ont nettement dominé au terme d'un match pratiquement plié à la mi-temps. Avec cinq essais marqués, Perpignan décroche même le point de bonus offensif.

Malgré un début de match poussif, c'est bien Toulouse qui inscrit les premiers points de la rencontre grâce à une pénalité de McAlister (2e). Mais dans la minute suivante, la fébrilité toulousaine se fait sentir. Après un renvoi catalan mal réceptionné par Poitrenaud, l'USAP gratte le ballon, enchaîne deux charges avant de partir au large avec deux sautées rapides pour un essai finalement aplati par Sid. 

Plaquages ratés à la chaîne

Maladroits dans l'utilisation du ballon, friables en défense, les hommes de Guy Novès ratent beaucoup de plaquages et peinent à mettre leur jeu en place et il faut une pénalité de McAlister à 57 mètres pour maintenir son équipe à flot (6-5). Mais rapidement, Toulouse se retrouve pris de vitesse par des Catalans déchaînés qui inscrivent deux essais coup sur coup grâce à Guiry (23e) et Guirado (28e) pour s'envoler (20-6). Juste avant la mi-temps, Perpignan enfonce le clou par l'intermédiaire de Strokosch (27-6). 

Alors qu'on les imagine revenir sur la pelouse avec de meilleures intentions, les Toulousains se font cueillir à froid dès le retour des vestiaires. Alors que Clerc est en train de se faire soigner, Marty joue vite sur le petit côté déserté par la défense. Le centre international sert Haughton pour le cinquième essai, transformé (34-6, 44e).

Sursaut d'orgueil en fin de match

Trop c'est trop. Piqués dans leur orgueil, les Rouge et Noir réagissent dans la foulée. Grâce à un gros travail de son pack, Galan conserve le cuir sous ses crampons et avance comme dans du beurre. Les Catalans s'écroulent et concèdent un essai de pénalité (34-11). Dès lors, Toulouse semble enfin décidé à mettre un peu de rapidité et d'application dans ses attaques. C'est le moment que choisi Fritz pour se prendre un carton jaune stupide (59e), qui aurait pu enfoncer encore davantage les siens si l'essai concédé dans la foulée n'avait pas été invalidé par la vidéo.

En infériorité numérique, les Toulousains vont malgré tout parvenir à inscrire un dernier essai, toujours grâce à son pack, suite à une mêlée à cinq. Le regroupement explose, mais Nyanga s'extrait avec le cuir pour aller aplatir entre les perches (67e). Malgré une fin de match difficile, les Catalans conservent donc leur bonus offensif et ne laissent rien à des Toulousains à côté de leurs pompes. Si l'USAP a lancé sa saison, le Stade Toulousain va devoir se remobiliser à l'approche de la Coupe d'Europe.

Marc Delpoux (manageur de Perpignan): "C'est un bon match. On savait qu'on allait souffrir en mêlée fermée, qu'il fallait vite mettre du rythme au match. On a eu la chance de prendre le score assez rapidement et on s'est accrochés plus le score augmentait. Heureusement parce que le dernier quart d'heure a été plus difficile. On les a un peu pris par surprise car on avait travaillé certains secteurs d'après la vidéo mais parfois ça marche, parfois pas. La première mi-temps a été intéressante mais après on a eu une grosse baisse physique et on a subi presque toute la seconde mi-temps, à l'image de Bayonne où, je l'avais déjà dit, il y avait des choses intéressantes".

Vincent Clerc (ailier du Stade toulousain): "On a eu une très mauvaise entame. L'envie et la virulence étaient du côté des Catalans qui nous ont mis à mal dans le combat. On a eu du mal à se replacer rapidement et on a été débordés. On a pris la marée pendant toute une mi-temps. On est revenus avec de bonnes intentions mais on prend un essai stupide en début de seconde mi-temps et on est un peu revenus derrière sans pouvoir prendre le bonus défensif pour autant"

Victor Patenôtre