Yacouba Camara, Toulouse, Perpignan
Le flanker toulousain Yacouba Camara va défier la défense | REMY GABALDA / AFP

Toulouse montre les muscles

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Porté par un trio McAllister-Clerc-Picamoles flamboyant, le Stade Toulousain a réalisé une prestation aboutie pour décrocher le point de bonus offensif aux dépens de Perpignan à Ernest-Wallon, lors de 21e journée de Top 14 (37-9). Les hommes de Guy Novès remontent à la 5e place du classement, à cinq unités seulement du leader toulonnais.

La première période livrée à Castres la semaine dernière annonçait les prémisses d'un retour du grand Stade Toulousain. A Ernest-Wallon ce samedi, les Rouge et Noir en ont mis plein les yeux à des Perpignanais dépassés. Dominateurs tout au long de la rencontre, les Haut-Garonnais auraient pu éteindre les velléités adverses dès la demi-heure inaugurale si la conquête n'avait pas boîté bas. Auteur du deuxième essai des siens (12-9, 31e), le talonneur Bregvadze a notamment égaré de nombreux lancers en touche. Mais dans la dernière demi-heure, les Rouge et Noir ont haussé le ton. A l'heure où le printemps pointe le bout de son nez, le jeu main-main des Stadistes a retrouvé des couleurs.

Un Picamoles percutant

A la 64e minute, Louis Picamoles, piqué au vif par sa non-sélection en Bleu pour affronter l'Ecosse, prenait le milieu du terrain. Malgré trois catalans sur le râble, le troisième ligne laissait vivre le ballon. Vermaak n'avait plus qu'à l'offrir au jeune Yacouba Camara, lancé pleine balle (23e). L'international des moins de 20 ans donnait un troisième essai et le bonus offensif qui va avec à sa formation. Quatre minutes plus tard, le duo McAllister-Clerc se signalait à nouveau pour enfoncer le clou. La merveille de coup de pied par dessus du Néo-Zélandais, de retour de blessure, trouvait les bras de l'ailier français (30-9, 68e). Et que dire des sept derniers points inscrit par Fickou et Beauxis. A l'origine de la réalisation du centre tricolore, des passes après contact de Médard, Galan puis Gear, sans oublier le relais très propre de Steenkamp. Un modèle de jeu rapide qui scellait le score (37-9, 74e)...

La classe de McAllister

Si ce quart d'heure de feu a confirmé le regain de forme de l'armada de Guy Novès, deux hommes l'incarnent à merveille. Auteur d'un doublé la semaine passée à Pierre-Antoine, Vincent Clerc a encore plongé deux fois dans l'en-but adverse. A deux reprises, le pied de McAllister lui a donné cette chance. La diagonale du kiwi, consécutive à une charge énorme et une passe après contact de Louis Picamoles à la 13e minute, est  d'ailleurs un modèle du genre. A l'image de sa double passe sautée ayant amené la charge gagnante de Bregvadze sur le deuxième essai. Absent depuis octobre, l'ancien All-Black a réaffirmé son statut de patron. La grande classe. Hasard ou pas, le Stade Toulousain n'avait plus décroché de bonus offensif en Top 14 depuis le 5 octobre, jour de la blessure de son demi d'ouverture. 

Deux déplacements périlleux à venir

Le club dix-neuf fois champion de France aura bien besoin de son artiste des antipodes pour accrocher le Top 6 en fin de saison et poursuivre son parcours européen. Cinquième avec 55 points, Toulouse n'a que trois points d'avance sur le Racing-Metro, 7e, quatre sur Brive et cinq sur Bordeaux-Bègles et Grenoble. Considérant que les Midi-Pyrénéens se déplacent à Jean-Bouin et Toulon lors des deux prochaines journées, ce matelas ne suffira pas. Mais la victoire à Biarritz et la petite défaite à Castres ont prouvé le renouveau toulousain loin de la Garonne. Les phases finales du championnat passent par là. Et peut-être bien par le pied en or de Luke McAllister...

Jerome Carrere