Toulouse à huis clos

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Les Toulousains ont choisi de se préparer à huis clos pour préparer leur demi-finale contre Castres, samedi au Stadium de Toulouse (20h45). "C'est propice à la concentration", a justifié le trois-quarts aile international Vincent Clerc à l'issue de l'entraînement de lundi matin. Alors que le rugby se veut professionnel, les clubs comme Toulon et Toulouse jouent les divas et le jeu médiatique au moment le plus passionnant de la saison.

De l'interdiction de pénétrer dans l'enceinte du stade Ernest-Wallon, où  s'entraîne le Stade Toulousain, aux joueurs qui font le détour pour ne pas  croiser les journalistes, à peine rentrés d'un stage - déjà à huis clos - à  Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales), joueurs et staff ont poursuivi leur  opération bunker. Et cela va durer toute la semaine.Si certains joueurs se sont arrêtés pour converser avec les journalistes présents dans l'enceinte, le club s'est refusé à parler d'une des rencontres les plus passionnantes de la saison.

 "C'est bien de se mettre dans une bulle car c'est propice à la  concentration" a déclaré l'ailier Clerc ajoutant que le club "change de dimension  avec ces matches couperets et (qu')il faut changer les habitudes".  Sans faux-semblant, le meilleur marqueur d'essais de la Coupe d'Europe a  conclu: "On essaie d'avoir moins de parasites autour".  Les journalistes sont désormais des parasites. Presque du Sarkozy dans le texte.

"En vase clos"

Pourtant la Ligue nationale du rugby a soumis les clubs à des obligations médiatiques, encore plus en période de phases finales. Les clubs et les rugbymen se trompent de cibles. Les journalistes sont un élément du rugby professionnel. L'argument du "vase clos" de Yannick Nyanga est certes valable: "On est très heureux de vivre  en vase clos et c'est mieux de ne pas trop dire de choses qui pourraient se  retourner contre nous". "Cela ne nous fera peut-être pas gagner mais on saura que ce n'est pas à  cause de notre préparation si on ne va pas au bout", a conclu Nyanga. Cela a réussi à Toulon qui avait décrété le huis clos la semaine dernière avant leur victoire sur le Racing (17-13).

Les Toulousains seraient-ils paranoïaques ? "Il n'y a pas de paranoïa mais  c'est bien de ne penser qu'à nous", a répondu Clerc. "Et puis cela permet aussi de garder certaines choses pour nous comme par  exemple l'état de santé de William (Servat, toujours incertain, ndlr), a-t-il  poursuivi. Vous ne verrez pas beaucoup de joueurs se promener ou manger dehors  cette semaine", a-t-il prévenu. Ni dans les médias.

Mathieu Baratas