Toulouse champion de France 2012
Au terme d'une finale engagée, Toulouse bat Toulon (18-12) au Stade de France et remporte son 19e bouclier de Brennus, confirmant son règne sur le rugby français. | AFP - François Guillot

Toulouse garde sa couronne de champion

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Pour sa 27e finale du championnat de France, le Stade toulousain a remporté (18-12) son 19e titre, aux dépens de Toulon, qui n'a plus soulevé le Bouclier de Brennus depuis 20 ans. Dans un duel de buteur, le Néo-Zélandais Luke McAlister (6/6) a dominé Jonny Wilkinson (5/6), le tournant du match intervenant à la 64e minute, avec le carton jaune du Toulonnais Kubiachvili, alors que les deux équipes étaient encore à égalité (12-12).

Quel combat. Cela faisait des années que la finale du championnat de France n’avait pas offert un stade 100% rouge et noir. Dans les tribunes, le match avait été intense, entre supporteurs toulonnais, les plus prompts à remplir les travées et à se faire entendre, et les Toulousains, nombreux mais moins bruyants. Et juste avant l’engagement, la pluie se déversait d’un coup sur les joueurs, de façon intense mais courte, modifiant les données tactiques du match. Sur le terrain, l’intensité des débats était également élevée.

Dès la 1ère minute, le RCT se procurait une première pénalité à 42m, passée sous les vivas de tout un virage par Jonny Wilkinson (3-0, 1ere). Mais sitôt l’engagement donné, c’est son alter-ego, McAlister qui héritait à son tour d’une pénalité, sifflée copieusement par le même virage, mais saluée par une ovation par l’autre, une fois passée (3-3, 3e). Le premier mouvement était l’œuvre de Toulouse, sur une remontée de Poitrenaud et une accélération de Clerc (5e). Dans ces conditions, le ballon devenait forcément glissant. La première mêlée du match était à l’avantage du Stade (8e), en milieu de terrain, donnant le ton pour un paquet d’avants plus agressif que son homologue en ce début de rencontre. Et sur une deuxième mêlée, le RCT était de nouveau pénalisé (18e). McAlister ne trouvait pas les perches sur une tentative de drop (19e).

Duel Wilkinson-McAlister

Avec un soleil dardant quelques rayons, le champion en titre accentuait sa domination en mêlée, et une pénalité à 41m passait, grâce au pied du All Black (6-3, 22e). Mais l’ouvreur anglais égalisait (6-6, 28e) après une faute de Clerc sur un coup de pied par-dessus de McAlister. Et « Wilko » se chargeait ensuite d’administrer un terrible plaquage, héritant d’une pénalité à 49m, aisément passée (9-6, 33e). Mais la mêlée de Guy Novès faisait encore son œuvre, avec une pénalité de McAlister (9-9, 35e), toujours à 100% comme son rival qui ratait à son tour un drop (37e). Un turn-over en faveur du Stade aux 25m, les avants à la charge, et un drop de McAlister sur le poteau (39e), voilà comment se finissait la 1ère période, avec deux équipes toujours dos à dos (9-9).

La deuxième mi-temps débutait de la même manière que la première : une mêlée varoise pénalisée à 41m, et le bourreau McAlister à l’ouvrage (43e, 12-9). Pour la première fois du match, celle de Toulouse était pénalisée, pour le plus grand plaisir de Wilkinson (46e, 12-12). A la 52e, l’arbitre assistant pointait du doigt les deux talonneurs, les expérimentés Bruno et Servat, pour son dernier match. Un carton jaune pour les deux N.2, et dix minutes sur le banc, telle était la sanction. La mêlée du RCT poursuivait néanmoins son opération « rédemption » en faisant pénaliser son homologue (55e). Et Wilkinson vivait son premier échec, sur un coup de pied à 50m (57e). Le Stade subissait davantage, et l’arrière Lapeyre tentait sa chance au pied des 50m, sans plus de réussite (60e).

Le RCT réduit à 14, le tournant

McAlister perçait mais était repris sur les 22m (63e), juste avant le retour des deux cartons jaunes, réveillant le clan toulousain pour des "William, William" descendus des tribunes, et une mêlée enfoncée par le champion en titre, avec en prime un nouveau carton jaune pour le pilier Kubriachvili (63e). Le coup était rude pour le RCT, de nouveau réduit à 14, mais pour la première fois contre 15 Toulousains, avec trois points de retard suite à la pénalité réussie par le Néo-Zélandais (65e, 15-12). Toulouse sonnait la charge, avec une nouvelle percée lumineuse de McAlister, qui tapait à suivre pour Poitrenaud, devancé in-extremis par Lapeyre, sauveur de l'équipe varoise (66e). La déferlante Rouge et Noir s'intensifiait, et une pénalité donnait le 18e point à McAlister (67e, 18-12). 

Condamné à marquer un essai, Toulon tentait de revenir avec ses avants, mais la défense toulousaine tenait bon. A 9 minutes de la fin, Luke McAlister sortait, boitillant, après un 6/6. L'homme du match sorti, le temps se réduisant, le RCT se faisait plus pressant, une mésentente entre Giteau et Smith réduisant à néant un mouvement (76e). Une pénal-touche à 5m faisait monter la température dans le stade, mais Smith commettait l'en-avant alors que le décalage était fait en bout de ligne (78e). Mais un en-avant de Beauxis offrait une mêlée à 5m de la ligne toulousaine, avec introduction Toulon. Une mêlée à refaire, la sirène qui retentit, chaque camp de supporteurs qui se fait entendre, un coup franc pour le RCT, les avants en action, une ligne de défense intraitable, et au bout du suspense, un en-avant et la fin des espoirs toulonnais.

Le virage toulousain s'embrasait, celui de Toulon restait muet, comme anéanti. Champion de France en titre, N.1 de la saison régulière, Toulouse conservait son titre pour la première fois depuis 1996-1997. Majoritairement dominateur devant, le Stade était récompensé. Mais le RCT payait chèrement l'absence de son pilier néo-zélandais Carl Hayman. Et après quelques minutes de flottement, les supporteurs varois saluaient d'une belle ovation ses joueurs qui lui ont permis de retrouver ce goût de finale. Après le Challenge européen, le RCT a perdu sa deuxième finale cette saison.