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Ducalcon a la dent dure sur Jauzion | AFP-Pavani

Toulouse face à la meute

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Le Stade Toulousain sera encore le favori du championnat de France qui reprend ses droits vendredi. Tenants du titre, les Rouge et Noir vont toutefois devoir composer avec une concurrence féroce incarnée par des clubs ambitieux comme Montpellier (finaliste), le Racing-Métro et Clermont (demi-finalistes), Biarritz, Toulon, Castres, Perpignan voire Bayonne. La lutte pour le maintien devrait concerner Brive, Agen, le Stade Français et les deux promus, Bordeaux et Lyon.

S'il est toujours délicat de livrer des pronostics dans le sport, il est une constante depuis plus de 25 ans: Toulouse est toujours l'un des candidats au Bouclier de Brennus. La qualité des joueurs dont de nombreux internationaux, la science du staff et la qualité des structures font du club aux 18 sacres le favori logique à sa succession. Mais les hommes de Guy Novès (avec les recrues Beauxis, Matanavou, Burgess, McAlister, Steenkamp ou Hoeft) devront tout de même faire sans les stars retenus pour la Coupe du monde durant au moins deux mois et ils possèdent le contingent le plus élevé chez les Bleus (7 joueurs, Servat, Millo-Chluski, Clerc, Médard, Dusautoir, Poux, Picamoles). Battu de peu au Stade de France par le Stade, Montpellier entend bien confirmer –sous la férule de Fabien Galthié- la superbe saison dernière où les Héraultais avaient successivement éliminé Toulon, Castres et le Racing pour se frayer un chemin jusqu'à la finale. Avec Privat, Peyras, Martin ou Audrin, les Languedociens en sont capables. Maintenant, il est toujours plus difficile de rester au sommet que d'y parvenir…

Clermont, champion 2010, dispose d'un effectif renouvelé et suffisamment armé (Skrela, Vosloo, Kayser, Byrne, Hines, King, Sivivatu) pour reconquérir le Bouclier tout comme le Racing-Métro, qui n'a plus été sacré depuis 1990 mais qui progresse d'année en année (champion de ProD2, barragiste, demi-finaliste), possède un groupe stable et ambitieux (avec Estebanez) à l'image du coach, Pierre Berbizier. Et Sébastien Chabal, privé de Mondial, sera très revanchard. 

Que penser du Stade Français ?

Derrière, quelques équipes doivent une revanche à leurs supporters après une saison mitigée. C'est le cas de Toulon. Le RCT, qui va bientôt perdre Philippe Saint-André, appelé au chevet du XV de France pour l'après-Mondial, bénéficie de l'apport de stars sudistes comme Giteau, Bastareaud, Tillous-Borde et Botha, et du "petit" Palisson, talentueux au possible. Battu en barrages en mai, Biarritz (avec Héguy et Baby) espère remporter un quatrième titre en 10 ans tandis que Castres (renforcé par Talès, Max Evans et Lacrampe) l'attend depuis 1993. Perpignan, pas qualifié au printemps, veut réintégrer le Top 6 grâce à James Hook, l'ouvreur du pays de Galles. Bayonne, éliminé pour un point de la phase finale, tient à sa revanche cette saison d'autant que le recrutement (Rokocoko, Tialata, Philipps, Heymans, Lauaki) s'est avéré conséquent.

Pour éviter la descente, cinq clubs semblent concernés. Les promus en premier chef et notamment Bordeaux, plus petit budget du Top 14. Les Girondins ont fait signer Reihana et Houston pour déjouer les pronostics. Le LOU est mieux armé sur le papier avec quelques transferts efficaces (Marchois, Van Gisbergen, Januarie, Leguizamon). Brive et Agen, qui ont déjà bataillé la saison dernière avec le Stade Rochelais, ont vécu une intersaison différente. Les Corréziens ont perdu des stars et ils n'ont pas recruté "gros" (hormis Geraghty) tandis que les hommes du duo Lanta-Deylaud semblent mieux armés avec Schwalger, Giraud, Coux et Scelzo). Enfin, le Stade Français constitue l'inconnue de ce championnat. Sauvé in extremis du dépôt de bilan en juin, le club parisien a laissé filer quelques valeurs sûres pour prendre de nombreux joueurs moins illustres sur le papier (sauf Kelleher, Sackey, Milloud et Contepomi). Si l'amalgame se fait correctement, Paris peut espérer accrocher un accessit. Dans le cas contraire, il faudra lutter dans les eaux troubles d'un Top 14 qui ne supporte plus la médiocrité.