Timoci Matanavou
Timoci Matanavou passe les Biarrots | CABANIS / AFP

Toulouse et Matanavou en haut, Biarritz et Bayonne en bas

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Le Stade Toulousain, champion de France en titre en démonstration vendredi à Montpellier, est le grand gagnant de la première phase du Top 14 de rugby marquée par la descente aux enfers de Biarritz, décroché en dernière place du classement et en grand danger. Malgré un recrutement de stars, Bayonne a connu une crise et jouera le maintien. Au rang des révélation, l’ailier fidjien Timoci Matanavou, venu de Pro D2, a fait admirer sa pointe de vitesse.

L’équipe : Toulouse

Doté du premier budget de France (33,18 millions d’euros), le Stade Toulousain a réussi sa première partie de saison grâce à l’apport de ses recrues (Burgess, McAlister, Matavanou, Beauxis) et un effectif très dense en quantité et en qualité. Le champion de France en titre fait même mieux que la saison passée (10 victoires, 1 nul et 2 défaites contre 8 victoires, 1 nul et 4 défaites en 2010) malgré la longue absence des nombreux internationaux en début de saison, retenus par le Mondial 2011 en Nouvelle-Zélande. Dotée de la meilleure attaque (328 points et 30 essais), l'équipe du manageur Guy Novès n'a plus connu la défaite en Top 14 depuis le 14 octobre à Castres (24-3) et possède trois points d'avance sur Clermont (2e), seule équipe à même de tenir la cadence (10 victoires).

Le joueur : Timoci Matanavou

Arrivé de Mont-de-Marsan et de la Pro D2 où il s’était taillé une sacrée réputation de marqueur d’essai ( 16 essais l’an passé), la fidjienne Timoci Matanavou a inscrit 6 essais en Top 14 (plus trois en Coupe d’Europe). Il est le meilleur marqueur du Top 14. Rapide, adroit, doté d’un gabarit assez classique (1,85 m, 86 kg), francophone il s’est très vite adapté au jeu toulousain.

Les flops : les clubs basques Biarritz et Bayonne

Biarritz n'a déjà plus été aperçu en phase finale du Top 14 depuis 2007. Ce sera encore le cas cette saison. Privé d'une dizaine de joueurs (Yachvili, Traille, Barcella, Lakafia, Harinordoquy, Bosch, Carizza, Ngwenya) en début de saison, le BO a littéralement touché le fond, malgré le retour aux affaires de Patrice Lagisquet, l'homme des sacres de 2002, 2005 et 2006. Avec neuf défaites en treize rencontres Biarritz accuse désormais six points de retard sur le premier non-relégable, Bordeaux-Bègles (12e). Une seule équipe classée en dernière position à mi-parcours est parvenue à se maintenir depuis 2004 et l'instauration de la poule unique: Bayonne, en 2007.

L'autre club basque fait tout juste un peu mieux. Bayonne se voyait en haut de l'affiche après un recrutement galactique (les Blacks Rokocoko, Tialata et Lauaki, Heymans, le Gallois Phillips) mais végète en bas de classement avec un bilan très faible (7 défaites et 2 nuls). Du coup, le staff Gajan-Lièvremont a été remplacé par le trio Elissalde-Faugeron-P.H.Broncan et Afflelou a pris la présidence. 

Les surprises: les promus Bordeaux et Lyon

C'est LA bonne surprise de ce début de saison. Dans des styles différents, Lyon (13e) et Bordeaux (12e) ont montré qu'ils pouvaient rivaliser avec les clubs du Top 14. Lyon s'appuie sur une défense exceptionnelle qui n'a encaissé que 8 essais (la meilleure du Top 14) et une jeu physique. Bordeaux propose un jeu aéré qui lui a souri cette saison comme face à Brive en marquant un essai après 4 minutes de temps de jeu. Malgré leurs classements, ils peuvent espérer se maintenir.

Le chiffre : 8

Huit journées, soit près du tiers de la saison régulière, ont été disputées en l'absence des internationaux français ou étrangers retenus pour le Mondial en Nouvelle-Zélande. Montpellier (8e), révélation et finaliste de la saison passée, et Biarritz (14e) sont, à mi-parcours, les grands perdants de cette "année Mondial". Privés de quatorze joueurs en début de saison, dont François Trinh-Duc et Fulgence Ouedraogo, les Montpelliérains ont raté leur entame. Biarritz, c'est pire.

Mathieu Baratas