Le virevoltant ouvreur toulousain Luke McAlister
Le virevoltant ouvreur toulousain Luke McAlister | AFP - PASCAL PAVANI

Toulouse et Clermont taille patron, Paris brillant

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Le Stade Toulousain et Clermont ont conforté leurs deux premières places du classement du Top 14 en s'imposant respectivement face à Toulon (26-12) et à Castres (26-9) pour le compte de la 12e journée. Dans le derby francilien, Paris a largement dominé le Racing 29 à 3 et se replace dans les six premiers du Top 14 en attendant la suite de la journée dimanche.

Animés par un McAlister présents sur tous les bons coups, les Toulousains ont su allier intentions et intensité, en donnant le tournis à une défense toulonnaise qui s’enorgueillissait d'être la plus imperméable du Top 14 (11 points de moyenne seulement concédés par match). Les Varois ont eu pourtant leur chance, notamment en début de partie, en mettant beaucoup de rythme et en faisant jeu égal en mêlée, alors que les Toulousains avaient du mal à mettre la main sur le ballon et à le conserver. Mais au fil des minutes, les champions de France sont sortis maîtres du combat. Ils ont su bonifier l'une de leur première bonne action d'envergure avec Fritz  au départ, relayé par Picamoles qui fixait parfaitement deux adversaires et adressait une passe au cordeau à Matanavou qui inscrivait le premier essai (18e). Dès lors, les Toulousains mettaient indéniablement l'impact sur le match, mais dans sa générosité offensive commettait quelques fautes qui permettaient aux Toulonnais de rester au score grâce à son buteur maison Jonny Wilkinson (40e, 13-12).

"C'est bien d'avoir pris le meilleur sur un concurrent direct", soulignait  l'entraîneur des avants toulousains Yannick Bru. "Nous n'avons rien gagné et il reste  beaucoup de chemin avant d'y parvenir".

Pourtant, le Stade Toulousain continuait de mettre la pression et surtout, dès qu'il accélérait le mouvement sur la largeur, les Toulonnais étaient en souffrance. Un peu avant l'heure de jeu, après plusieurs temps de jeu et plusieurs attaques se heurtant à une courageuse défense varoise, Jauzion trouvait la solution en adressant un judicieux coup de pied par-dessus la défense pour Vincent Clerc (58e). Hésitant entre le large et l'impact, comptant sur le jeu de déplacement au pied de Wilkinson pour prendre à défaut le deuxième toulousain, les Toulonnais tombaient dans la précipitation et se faisaient contrer deux fois. La première sur une énorme relance de Yann David mal terminée par Médard, la deuxième à un peu plus de dix minutes de la fin avec cette fois Burgess en conclusion pour porter l'estocade (77e). Avec ce succès bonifié le Stade Toulousain, toujours prudent à l'image de son entraîneur Yannick Bru, creuse déjà un écart décisif pour les deux premières places.

Clermont se ressaisit, Castres grimace

En corrigeant Castres 33 à 9, Clermont a mis un terme à un début de spirale négative (2 défaites) avec la manière. Les Castrais ont rivalisé en première mi-temps avant de lâcher sous la pression clermontoise. Entre ces deux équipes bien classées mais en manque d’un résultat probant depuis un mois, il fallait s’attendre à un match âpre et disputé. C'était le cas dans le jeu au sol, donnant lieu à un duel des buteurs entre Morgan Parra (3 sur 4) et Pierre Bernard (3 sur 4). Les Jaunards faisaient la différence sur un ballon de récupération de Julien Pierre bonifié ensuite par les arrières et conclu et transformé par Broke James entre les poteaux (15e, 13-3). Très volontaires dans le jeu, les locaux ont multiplié les situations dangereuses et monopolisaient le ballon sans concrétiser.

Julien Bonnaire (troisième ligne de Clermont): "On avait fait ce qu'il  fallait pour aller chercher le bonus et on le perd à trois minutes de la fin. Contre Leicester en coupe d'Europe, il faudra mettre encore plus d'intensité, sinon on  ne pourra pas se qualifier".

Au retour des vestiaires, le numéro 8 castrais Jannie Bornman a laissé ses camarades à 14 après un plaquage haut sur Parra. Le travail de sape des avants clermontois, notamment en mêlée, a produit des dégâts à l’image de l’essai en puissance de Nathan Hines (55e, 26-9). Malgré des débuts de l’ailier All Black Sitiveni Sivivatu, plutôt timides (ce qui est normal pour sa première sortie), Clermont a pensé tenir le bonus offensif grâce à un exploit de Parra (72e), auteur de 21 points. Mais le Castrais et ex-Clermontois Seremaia Baï gâchait la fête en marquant un essai (78e). Pas de quoi réjouir une équipe qui reste désormais sur 6 matches sans victoire (3 défaites et 1 nul en Top 14, 2 défaites en H Cup). En revanche, Clermont est bien prêt pour son double affrontement européen contre les Anglais de Leicester.

Paris de retour dans la lumière

Dans la lancée de leur succès bonifiés sur Clermont (37-16) et à Perpignan (16-35), Paris s’est imposé avec la manière 29 à 3 dans ce premier derby francilien organisé au Stade de France. Le club de la capitale joue en confiance depuis plusieurs semaines et cela s’est encore vu durant une partie dominée de bout en bout. Une bonne affaire pour le Stade Français qui revient à hauteur du Racing au classement et se positionne comme un candidat aux play-offs après deux saison difficiles.

"Notre objectif est de rester près des grosses cylindrées comme Toulouse,  Clermont, le Racing... On n'avait pas le droit de perdre", confiait le deuxième  ligne Pascal Pape.

Sous les yeux ébahis de Johnny Halliday, les Parisiens faisaient fi de la pluie battante pour impulser les meilleures offensives dès les premières minutes. Très en jambe, ils mettaient une grosse pression sur la ligne du Racing à plusieurs reprises grâce à un jeu au pied intelligent (2e, 19e, 31e, 33e). Après une première pénalité de Julien Dupuy (21e), les soldats roses et blancs concrétisaient leur excellente entame de match grâce à un essai en force de Pascal Papé, son deuxième dans l’enceinte dyonisienne cette saison, en conclusion d’un nouveau joli mouvement offensif (25e). A 10-0, les Parisiens ne faiblissaient pas dans leur effort. Sur une nouvelle incursion dans le camp des Banlieusards, Felipe Contepomi ajustait un drop franc de 40 mètres (29e). Mise en confiance par leur début de rencontre, le Stade Français alternait jeu au pied, jeu à la main et phase de combat. La botte de Dupuy donnait un écart presque décisif à la pause (16-0).

Pris à la gorge, en difficulté sur chaque offensive parisienne, dominés en mêlée, les coéquipiers de Lionel Nallet n’ont rien produit ou presque. Certainement Sermonnés par leur exigeant entraîneur Pierre Berbizier, les Ciel et Blanc, en rouge pour l’occasion, revenaient avec de vraies intentions de jeu. Sur leur première offensive initiée par l’arrière Jonathan Wisnieski, ils n’étaient pas loin d’ouvrir la marque (47e). Il leur fallait attendre la 52e pour marquer les premiers points par le biais d’une pénalité de Wisnieski. Mais le jeu des Franciliens étaient pourris pars une multitude de ballons rendus (15 en-avants à l’heure de jeu). Du coup, Paris reprenait le large au score grâce à sa mêlée conquérante, une bonne défense et de attaques bien menées (71e, 22-3). L’ailier stadiste Paul Sackey (72e) et le flanker racingman Bernard Le Roux (74e) prenaient des cartons jaunes pour des plaquages dangereux. Comme face à Clermont, le filou demi de mêlée Jérôme Fillol alourdissait la marque face à son ancien club (76e). Attention, Paris se réveille.

Mathieu Baratas