Juan Imhoff (Racing) charge face à Jean-Marc Doussain (Toulouse)
Juan Imhoff (Racing) charge face à Jean-Marc Doussain (Toulouse) | FRANCOIS GUILLOT / AFP

Toulouse crucifie le Racing

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Le Stade Toulousain s'est imposé in extremis face au Racing-Métro (26-27) ce samedi soir au Stade de France. Les Rouge et Noir restent à distance du duo Toulon (1er) – Clermont (2e) mais ils gardent leurs distances avec Castres (4e) et Montpellier (5e), et ils relèguent leur victime du jour à 10 points. La série des Ciel et Blanc s'est arrêtée à 9 succès consécutifs.

Encore une fois donc, le Racing est stoppé à neuf succès de suite, comme  lors de la saison 2009-2010. Toulouse, avec son record de 11 succès en  2008-2009, peut respirer et surtout envisager une fin de saison compliquée -  déplacements à Montpellier et Clermont notamment - avec un peu plus de sérénité. Preuve du soulagement des partenaires de Thierry Dusautoir après des mois  de février et mars agités, les sauts de joie et embrassades au coup de sifflet  final, alors que la transformation en coin de Lionel Beauxis était à peine  passée entre les poteaux.

Le Racing-Métro a manqué son début de match. Toulouse ouvrait le score dès la 8e minute après une faute de Brugnault en mêlée fermée. Jean-Marc Doussain passait la pénalité (0-3). Le Racing égalisait sur une pénalité de Jonathan Wisniewski consécutive à un hors-jeu de ligne des Toulousains (3-3, 17e). Trois minutes plus tard, les Cile et Blanc prenaient même l'avantage après un bon pressing de Szarzewski et Wisniewski sur Jauzion, contraint d'enterrer le cuir.

26 points pour Wisniewski

Lionel Beauxis permettait au Stade d'égaliser à 6-6 après une faute d'Estebanez (21e). Mais les Racingmen reprenaient l'avantage sur deux coups de pied signés Wisniewski (d'abord pour une faute de Kakovin en mêlée fermée, ensuite pour une reculade toulousaine en mêlée fermée). Menant 12-6, les joueurs de Gonzalo Quesada poursuivaient leur travail de sape et continuaient d'envoyer du jeu: juste avant la sirène, ils inscrivaient un superbe essai par Winiewski après plusieurs temps de jeu et notamment une percée d'Imhoff décisive afin de fixer la défense rouge et noire (17-6 à la pause, après la transformation manquée de l'ouvreur du Racing-Métro).

Dès l'entame du second acte, Le Stade Toulousain revenait à huit longueurs sur une pénalité de Beauxis après un bon porté des avants et une faute de Galindo (17-9, 43e). Puis à cinq petits points après une nouvelle faute de Szarzewski. Beauxis ratait ensuite la cible (poteau, 52e, des 22 mètres) mais les hommes de Guy Noves dominaient les débats.

Doublé de Vincent Clerc

Ils trouvaient la faille en deux temps dans la défense adverse: sur une contre-attaque rondement menée, ils contraignaient leurs rivaux à mettre le ballon en touche sous la pression. Puis sur l'action suivante ou une belle attaque déployée permettait à Picamoles d'offrir à Vincent Clerc l'essai en coin de l'égalisation (17-17, la transformation étant ratée, 59e).

Passé l'heure de jeu, le Racing réagissait enfin. SQuite à un bon travail de Camille Gérondeau, l'arbitre accordait une pénalité aux locaux. Wisniewski la passait de presque 50 mètres (20-17). Dans la foulée, Thierry Dusautoir se faisait sanctionner par Monsieur Cardona alors qu'il semblait contester de façon légale: Wisniewski donnait de l'air aux siens (23-17, 66e) avant de manquer une nouvelle opportunité quelques instants plus tard.

Beauxis donne la victoire au Stade

La fin du match était âpre. Pour un plaquage illicite sur Albacete, Wisniewski écopait d'un carton jaune, laissant ses partenaires à 10 pour les dix dernières minutes du match. Beauxis replaçait Toulouse à trois petits points avant le "money time".

Et ces dernières minutes étaient toulousaines. Après un échange de pénalités (26-20), le Stade inscrivait un essai sur la dernière opportunité (Clerc en coin). Beauxis ne tremblait pas pour transformer en plein milieu des poteaux et offrir un succès inespéré aux visiteurs qui confortent ainsi leur place sur le podium.

Réactions

Gonzalo Quesada, entraîneur du  Racing-Métro: "On a tous très mal d'avoir perdu ce match, surtout en sentant  qu'on avait fait le nécessaire le long du match pour mériter de le gagner. On  sent le vestiaire très touché. Je suis très fier du comportement de mes  joueurs, de l'état d'esprit, du comportement qu'ils ont mis sur le terrain,  face à une équipe de Toulouse qui était venue avec des intentions. Il y a  beaucoup de choses à retenir de ce match. Ça a confirmé que l'on peut faire  face à n'importe quelle équipe du Top 14. Il y a pas mal de choses à corriger  qui dépendent de nous. Ça va nous servir pour l'avenir. Ça nous rajoute un peu  de pression, on descend à la 6e place. On va travailler pour faire un gros  match à Mont-de-Marsan."

Jean-Baptiste Elissalde (entraîneur  de Toulouse): "Evidemment que ça fait du bien à tout le monde de remporter un  match, surtout avec ce scénario. Mais en tant que technicien, on aurait perdu,  je l'aurais analysé de la même façon. Parce que gagner d'un point avec une  transformation en bord de touche, le match n'aurait pas changé. Il n'y avait  pas ce sentiment revanchard, d'aigreur. Il y avait juste des mecs qui se  retrouvaient après le Tournoi, qui ont bien travaillé pendant deux semaines.  Aujourd'hui, ils sont payés de ces deux bonnes semaines et de leur comportement  sur le terrain. Ca n'enlève rien à la belle dynamique du Racing, qui aurait  bien pu avoir une dixième victoire d'affilée. Il faut être réaliste, on n'a  rien gagné de plus ce soir si ce n'est beaucoup de plaisir. (sur la fin de  saison) C'est un sprint mais steeple, avec des haies au milieu. Une victoire  comme ça, avec un scénario comme cela, aide à la bonne humeur."