Toulon - Toulouse
Les Toulonnais Gunther, Giteau et Bastareaud au contact des Toulousains Albacete, Fickou et Nyanga | AFP - BORIS HORVAT

Toulon-Toulouse, combat de champions

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Revanche de la finale du dernier championnat, l'affrontement entre Toulon et Toulouse va opposer le tout nouveau champion d'Europe au champion de France en titre. Au stade de la Beaujoire de Nantes, qui a cultivé le goût du "beau jeu" durant des années en foot, ce sont deux références du rugby français et européen qui s'opposent. Le combat ne manquera pas non plus, ni l'émotion pour des joueurs qui ont connu les deux maillots.

D'un côté, Frédéric Michalak et Maxime Mermoz, formés à Toulouse mais désormais à Toulon. De l'autre Yoann Maestri et Gaël Fickou, formés à Toulon mais devenus internationaux à Toulouse. C'est un peu la petite histoire dans la grande. Et cette dernière, ces deux clubs l'ont construite au fil des années, au gré également de leurs affrontements. Le 9 juin dernier, ils étaient face à face au Stade de France, lors de la finale du championnat de France, et le Stade l'avait emporté sur le RCT. C'était la 3e fois que les deux clubs se défiaient pour le bouclier de Brennus, et jamais les Varois ne se sont imposés. 

Ce soir, ce ne sera pas une finale mais une demi-finale. Et depuis moins d'une semaine, Toulon est champion d'Europe, prenant la succession de Toulouse, dernière équipe française, sacrée pour la 4e et dernière fois en 2010. Entre la revanche de la saison passée et le désir d'honorer un statut de roi d'Europe, le RCT a encore faim. Malgré les propos de son président Mourad Boudjellal samedi dernier, Bernard Laporte affirme son intention, et celle de son groupe, de livrer bataille: "Quand tu as le privilège de jouer ce genre de matches, sincèrement c'est du bonheur. Regardez d'où on vient. On  représente un club on ne va pas faire les compliqués et dire: une demi-finale, on ne veut pas la jouer, on n'est pas motivé car on vient de gagner une Coupe d'Europe. On est à 80 minutes d'une finale au Stade de France, rien que ça...En plus on joue le Stade toulousain, club pour lequel on a beaucoup de respect, donc on se prépare en conséquence."

McAlister-Wilkinson, l'une des clés du match

Et avec sa forte communauté anglo-saxonne, l'équipe ne devrait pas répondre aux sirènes de la déconcentration, si chère aux latins: "Pour moi, dès lundi matin c'était fini", lâche ainsi Jonny Wilkinson. "On a profité d'un bon week-end mais  lundi matin, c'était le moment de recommencer la préparation pour ce match aussi difficile, contre l'équipe la plus performante des dernières années. Le match le plus important, c'est le prochain." La motivation étant là, il faudra voir si les jambes suivent le rythme. Car pendant que les Toulonnais livraient un sacré duel aux Clermontois, les Toulousains étaient chez eux. Et l'ouvreur anglais, dont le duel avec Luke McAlister sera encore une des clés du match, sait le défi qui attend les siens: "Contre une équipe comme Toulouse, on sait que chaque geste, chaque décision, chaque moment peut  compter. C'est une équipe qui joue de manière agressive, ils ont de la puissance partout, ils ont la vitesse, ils ont des joueurs qui peuvent changer le match en un instant".

Des duels déterminants et de très haut niveau, il y en aura dans chaque ligne: McAlister-Wilkinson à l'ouverture, Fernandez-Lobbe - Dusautoir chez les gratteurs, Masoe-Picamoles pour les perce-murailles, Botha-Maestri en 2e ligne, Bastareaud-Jauzion ou Giteau-Fickou au centre, Médard-Palisson à l'aile, sans oublier le combat de 1ère ligne entre les talonneurs Bruno et Servat, les piliers Sheridan-Johnston et Hayman-Kakovin. Et avec des bancs de premier plan, le coaching aura encore une immense importance.

La 11e demi-finale de Poitrenaud

Malgré une saison plus délicate et moins linéaire que les précédentes, une élimination en Coupe d'Europe dès la phase de poules, un passage par les barrages, le Stade Toulousain demeure une équipe de champions. Ils l'ont encore montré face au Racing en réalisant une petite démonstration. Jamais aussi convaincants que lors des matches à élimination directe, les champions en titre aiment aussi cultiver l'humilité. "Pour nous, c'est merveilleux de se  mesurer avec ce qui se fait de mieux en Europe", glisse le manageur, Guy Novès. "On a beaucoup d'admiration par rapport à cette capacité de renverser  une situation qui, aux yeux de tous, paraissait compromise en début de seconde mi-temps. On savait que Toulon était une grande équipe, maintenant, on voit que c'est une grande équipe de caractère." 

Clément Poitrenaud est l'exemple le plus marquant de cette régularité au plus haut niveau, puisqu'il disputera sa 11e demi-finale sous les couleurs toulousaines. L'an dernier, l'équipe de Guy Novès n'avait inscrit aucun essai en durant les phases finales, ce qui ne l'avait pas empêché de soulever le Brennus. Cette année, les avants ont inscrit 27 des 67 essais de l'équipe. Autour du trio Steenkamp-Servat-Johnston, le pack de la Ville Rose est bien décidé à conquérir une nouvelle couronne, pour ne pas finir la saison fanny. Et surtout ne pas céder un Brennus resté à Toulouse lors des deux dernières éditions.

Les équipes

Toulon: D. Armitage - Wulf, Bastareaud, Giteau, Palisson - (o) Wilkinson  (cap.), (m) Michalak - Fernandez-Lobbe, Masoe, Rossouw - Kennedy, Botha -  Hayman, Bruno, Sheridan
Remplaçants: Orioli, Jenkins, Suta, Elsom, S. Armitage, Mermoz, Tillous-Borde,  Kubriashvili
   
Toulouse: Poitrenaud - Huget, Jauzion, Fickou, Médard - (o) McAlister, (m)  Doussain - Dusautoir (cap), Picamoles, Bouilhou - Albacete, Maestri - Johnston,  Servat, Kakovin
Remplaçants: Bregvadze, Steenkamp, Millo Chluski, Nyanga, Burgess, Beauxis,  David, Poux
   
Arbitre: Pascal Gaüzère

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze