Toulon reste sur son petit nuage

Toulon reste sur son petit nuage

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Toulon a pris sa revanche. Battu par Toulouse la saison dernière en finale, le RCT a cette fois pris le dessus en demi-finale du Top 14 (24-9). A La Beaujoire, les tout frais champions d'Europe ont profité des nombreuses maladresses de leurs adversaires, s'appuyant comme à Dublin sur une défense infranchissable. Les hommes de Bernard Laporte sont en route pour un historique doublé.

Toulon l’a fait. Six jours après leur titre de champion d’Europe, le RCT a délogé le double champion de France en titre de son trône (24-9). Auteur de 13 en-avants, le Stade toulousain a trop gâché pour mettre à défaut une défense une fois encore héroïque. Huget ou Doussain ont eu beau percer, le radeau toulonnais a tangué sans jamais chavirer. A l’image de leur prestation contre Clermont en finale de coupe d’Europe, les Rouge et Noir de Provence se sont montrés intraitables dans les rucks. Même privés de leurs piliers Hayman et Jenkins, les Varois ont réussi à secouer leurs adversaires en mêlée pour reprendre le contrôle d'un match qui aurait bien pu leur échapper. 

"J'attendais Toulon à ce niveau, mais je ne m'attendais pas à ce qu'on soit  dominé comme on l'a été, notamment en mêlée, car le match a basculé sur une  mêlée alors qu'on menait 9-8 (pénalité de Wilkinson, 54e), a confié un Guy Novès lucide. On a rendu beaucoup  trop de ballons en touche, on a eu trop de déchet même si on a deux occasions  en première période et une en 2e. On menait 9-8 et si Bouilhou n'avait pas  lâché le ballon, à proximité de l'en-but, le match aurait pu prendre une autre  tournure. Notre première période n'a pas été payée, on tourne avec deux points  de retard à la pause, mais on est positif à la mi-temps."

Le bijou de Michalak

Toulon attaque tambour battant. Titularisé à la mêlée, Frédéric Michalak fait une offrande à Rossouw. Derrière un regroupement, l’ancien toulousain dépose un coup de pied dans les bras de son troisième ligne qui s’écroule dans l’en-but (5-0, 2e). Demi-finaliste pour la vingtième fois consécutive, Toulouse ne courbe pas l’échine. Comme lors de la dernière finale de Top 14, les Stadistes profitent de leur supérirorité en mêlée pour revenir par la botte de McAlister (5-3, 5e). Mais, trop indisciplinés, les hommes de Guy Novès donnent les pénalités pour se faire battre. Wilko ne se fait pas prier (8-3, 9e).

Malgré leur envie, les quadruple champions d'Europe pêchent par maladresse. A la 25e minute, les Haut-Garonnais imposent une terrible séquence d’1 minute 30 à leurs adversaires. Jauzion croit aplatir mais M. Gaüzère signale un en-avant sur la dernière passe de Bouilhou. Ce coup d’épée dans l’eau donne des ailes aux vainqueurs du Racing-Metro en barrage. Mc Alister capitalise (8-6, 28e). Des vagues rouge et noires viennent s’écraser sur une digue toulonnaise aussi infranchissable qu’à Dublin la semaine dernière. Omniprésent, Masoe offre même à Sir Jonny l’opportunité de faire gonfler le score. Mais celui qui n’a manqué aucun coup de pied en phases finales de Coupe d’Europe manque les perches pour la deuxième fois de la soirée.

Toulon en route pour le doublé

Solide dans les matches couperets, son homologue néo-zélandais, lui, ne tremble pas pour donner l’avantage aux siens sur une nouvelle faute varoise en mêlée (8-9, 42e). Le Stade toulousain cherche à emballer le rythme. Mais le RCT a en Jonny Wilkinson un métronome. Son pack redevenu dominateur, l’ouvreur anglais règle la mire pour remettre les siens devant (11-9, 54e). Les tout récents maîtres du Vieux Continent prennent le contrôle. Fidèle à sa réputation, le champion du monde 2003 monte en pression à mesure que les minutes passent. De 45 mètres, le Britannique fait parler son pied gauche magique pour claquer un drop (63e) puis une pénalité (17-9, 69e). 

Le club dix-neuf fois champion de France ne s’en relèvera pas. A la 71e minute, Delon Armitage clôt définitivement les débats. L’arrière anglais prend l’intervalle aux 40 mètres et fait parler sa pointe de vitesse pour plonger sous les poteaux (24-9). "On a été fort en défense, on l'avait  démontré la semaine dernière en finale de la Coupe d'Europe, et encore ce soir. On savait que Toulouse allait être obligé de se presser pour jouer,  il fallait être solidaire pour le contrer. Le doublé ? On ne l'a pas encore  évoqué, mais ça va venir dans la semaine", a déclaré Jocelino Suta à l'issue de la rencontre. Pour la deuxième année consécutive, Toulon atteint la finale du Top 14. Les joueurs de Mourad Boudjellal sont encore en route pour un historique doublé H-Cup/Top14. Historique, un mot qui colle à la peau du RCT ces dernières semaines.

Jerome Carrere