Levani Botia / La Rochelle
Levani Botia / La Rochelle | AFP PHOTO / XAVIER LEOTY

Top 14 : le Stade Rochelais dans le rôle du Petit Poucet face aux trois ogres

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La Rochelle, qui va disputer la première demi-finale de son histoire vendredi au stade Vélodrome de Marseille, côtoie le gratin du rugby français dans le dernier carré du championnat. Le Rugby Club Toulonnais, son prestigieux adversaire, possède un palmarès imposant avec trois titres de champion d’Europe et quatre Boucliers de Brennus, tandis que l’autre demie mettra samedi aux prises le Racing 92, tenant du titre, à Clermont qui vise un deuxième "bout de bois" sept ans après.

Le Stade Rochelais va découvrir l’air raréfié des sommets du Top 14 mais les Maritimes ne manquent pas d’oxygène. Auteurs d’une saison éblouissante –la meilleure de leur histoire- alors qu’ils visaient le maintien en début de saison, les Stadistes abordent le money time dans de bonnes conditions. Ils ont eu trois semaines pour se préparer à cette demi-finale quand Toulon ferraillait encore avec Castres vendredi pour arracher son ticket pour les demies que le club varois dispute sans discontinuer depuis 2012.

La Rochelle sur sa lancée, Toulon à l'expérience

Les Rochelais ont surtout évité les gros pépins physiques cette année avec peu de blessés, comparé aux autres cadors du championnat. Défaits à Marcel-Deflandre par Gloucester en demi-finales du Challenge européen –un soir où la réussite a fui Brock James-, les coéquipiers de Jason Eaton se sont vite reconcentrés sur le Top 14, leur grand objectif. La saison s’avère déjà très belle avec un parcours incroyable et une première place méritée, mais les Jaune et Noir n’ont pas envie de flancher au moment où ils peuvent entrer dans l’histoire par la grande porte.

Le Stade Rochelais va défier meilleur club français de ses cinq dernières années. Le "Ercété", récent triple champion d’Europe mais lauréat d’un seul Brennus sur cette période (pour trois échecs en finale contre Toulouse, le CO et le Racing), aura l’avantage d’évoluer quasiment à domicile avec un contingent de fans supérieur. Fadas et Mordus donneront de la voix pour pousser leurs favoris vers une nouvelle finale alors qu’ils sortent d’une saison régulière en dents de scie avec notamment deux changements d’entraîneur, Richard Cockerill succédant à Mike Ford qui avait lui-même suppléé Diego Dominguez.

Avantage Stade Rochelais cette saison

Vainqueurs logiques des Castrais à Mayol (26-22) mais fébriles en fin de match, les Varois ne souhaitent pas vivre une deuxième saison consécutive sans titre. Ils avaient arraché le match nul à La Rochelle (17-17) mais s’étaient inclinés chez eux au retour fin janvier (23-20). Ils sont prévenus du niveau adverse et devront évoluer au top pour passer. Les deux clubs se sont affrontés deux fois en phase finale dans l’histoire du championnat de France. En 1962, La Rochelle avait battu Toulon (3-0) en huitièmes de finale. Le RCT avait pris sa revanche en seizièmes de finale de l’édition 1968 (12-6).

Clermont-Racing: un partout, la balle au centre

La seconde demi-finale opposera deux ténors habitués des hauts débats. L’ASM Clermont-Auvergne contre le Racing 92, c’est l’assurance d’avoir un match électrique entre deux formations qui se connaissent bien. La rivalité entre Bougnats et Franciliens remonte au barrage de 2010 lorsque les Franciliens étaient passés tout près d’éliminer les Jaunards dans leur antre de Marcel-Michelin (21-17). Le coach des Ciel et Blanc Pierre Berbizier n’avait pas du tout apprécié l’arbitrage de Monsieur Berdos et l’avait fait savoir (expulsion sévère de Dellapé et validation d’une pénalité litigieuse).

Le club des Hauts-de-Seine a pris sa revanche au printemps dernier en demi-finales. Un match conclu sur un score incroyable (34-33) après une prolongation enflammée au Roazhon Park de Rennes. L’ASM, meilleur équipe de la saison régulière, menait de six points à deux minutes du terme quand une passe mal ajustée de Radosavljevic se transforma en interception victorieuse de Kruger pour les Racingmen qui finissaient par s’imposer sur la transformation de Carter après l’essai de Juan Imhoff.

Ne jamais sous-estimer le coeur d'un champion"

Le duel de samedi à l’Orange-Vélodrome constituera donc la "Belle". Battus en finale de la Champions Cup par l’ogre Saracens, les Clermontois ont reporté tous leurs espoirs sur la reconquête du Bouclier de Brennus qu’ils n’ont rapporté qu’une fois place de Jaude, en 2010 (pour 11 échecs lors de l’ultime rendez-vous). Le Racing, six fois champion de France et surprenant lauréat en juin dernier (succès 29-21 contre Toulon malgré l’exclusion précoce de Maxime Machenaud). Il ne faut jamais sous-estimer le cœur d’un champion, dit le proverbe.

Les hommes du duo Travers-Labit, fantomatiques une bonne partie de la saison, l’ont prouvé à deux reprises ces derniers temps : d’abord en validant leur qualification pour les play-offs à l’issue d’une rencontre irrespirable devant Bordeaux-Bègles (22-20), ensuite en gagnant à Montpellier (3e de la saison régulière) au terme d’un gros match (22-13). L’ASMCA est prévenue, le grand Racing est de retour. Celui qui a galéré pour battre Clermont le 25 mars (27-24) après la claque reçue à l’aller en Auvergne (47-10) n’existe plus.