Top 14, capitaines
Les capitaines des clubs du Top 14 autour du Brennus | KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Top 14: La course à l'armement

Publié le , modifié le

A deux jours de l'ouverture de la saison 2013-2014, le Top 14 n'a jamais regorgé d'autant de stars. Déterminés à bousculer les gros bonnets du Championnat, le Racing-Metro, Montpellier et le Stade Français se sont renforcés à grands coups d'internationaux. Couplée aux recrutements habituels de Toulouse, Clermont ou Toulon, cette ambition a provoqué un déferlement de talents sur le sol français. Tout le monde est armé, la bataille peut commencer.

Le sacre de Castres la saison dernière a prouvé qu’ils n’étaient pas invincibles. Donnés grandissimes favoris, Toulouse, Clermont et Toulon ont subi la loi du « petit poucet » tarnais, 9e budget de Top 14. Un pied de nez qui a donné du baume au cœur aux autres écuries françaises. Afin de contester la toute-puissance des trois géants, le Stade Français, Montpellier ou encore le Racing-Metro ont mis les moyens. « Nous avons rivalisé avec les meilleurs et je veux désormais que nous battions les meilleurs. Gagner, oui, gagner ! », lâchait le président du club francilien Jacky Lorenzetti fin mai. « On ne cache pas notre ambition de rentrer dans les six, confiait pour sa part Gonzalo Quesada, entraîneur des Racingmen la saison dernière passé chez le rival stadiste. Mais si on analyse les six qui se sont qualifiés l'an dernier, ils n'ont fait que se renforcer et je ne vois pas à qui on va prendre la place. Mais c'est l'objectif. »

Lanta: "Un Top 14 terrible"

Difficile de donner tort au technicien argentin. Au mois de juin, les grosses recrues se sont succédé sur le sol français. Quand aucun joueur majeur ne quittait l’Hexagone cet été, trente-sept nouveaux internationaux venaient garnir les effectifs de Top 14. « Toutes les équipes se densifient et renforcent leurs recrutements. On sait que ce championnat sera encore plus dur que l’année dernière», prévient le Toulousain Grégory Lamboley. «Je ne pense pas qu’il y ait un entraîneur aujourd’hui qui sache où il va dans ce top 14. (…) On y rentre avec beaucoup d’incertitudes, abonde l’entraîneur bayonnais Christian Lanta dans les colonnes de Sud-Ouest. Alors oui, on sait ce que l’on peut faire mais on sent que ce Top 14 va être terrible, comme il ne l’a jamais été. »

Dans le sillage du trio Toulouse-Clermont-Toulon, habitué à attirer des pointures internationales comme ils l'ont encore prouvé cette année (Habana, Drew-Mitchell, Williams sur la Rade, Delany en Auvergne, Ralepelle et Gear sur les bords de Garonne), les seconds couteaux se sont mis au diapason. Castres a récupéré l’international écossais Richie Gray pour pallier au départ de Joe Tekori, pendant que le Racing-Metro et Montpellier, également barragistes la saison passée, s’offraient des renforts XXL, tous internationaux. Avec Sexton, Lydiate, Roberts, Mujati, Tonga'uiha et Juandrè Kruger en plus des Tricolores Planté, Andreu et Lauret, les Ciel et Blanc ont mis sur pied une véritable armada de « galactiques » dixit Nicolas Godignon, coach de Brive.

Le néo-Racingman Jonathan Sexton
Le néo-Racingman Jonathan Sexton

Parfois en difficulté pour faire le jeu l’an dernier, le club de l’Hérault n’est pas en reste. Ranger, Olivier ou encore Tuitavake sont venus grossir les rangs de la formation languedocienne pour apporter leur folie néo-zélandaise ou sud-africaine dans les lignes arrières. Conjugués aux arrivées d’Hamilton, Timani, Mas ou Tchalé-Watchou pour renforcer le pack, ces renforts permettent au MHR de viser plus haut. D’autant que les jeunes centres Du Plessis et Ebersohn pourraient apporter leur écot dans un groupe déjà solide. Dans ce paysage plein de constellations, le Stade Français ne dénote pas. Dixième la saison dernière malgré le 3e budget du Championnat, le club du président Savare a pris le taureau par les cornes. Pour l’entrée dans le nouveau Jean Bouin, les supporters de la formation qui n’a plus levé le Brennus depuis 2007 en auront pour leur argent. Ioane, Steyn, Taulafo, Kingi, Heinke Van der Merwe et Bosman sont autant de talents des nations du Sud ayant trouvé refuge dans la capitale. De quoi espérer un avenir radieux.

Talès: "Pratiquement toutes les équipes peuvent aller en barrage"

Sauf qu’avec des budgets en hausse, à l’exception de Brive et Biarritz, d’autres équipes françaises ont aussi pu s’offrir des renforts de qualité. « Il y a quatre gros devant mais aujourd’hui pratiquement toutes les équipes peuvent prétendre à une place de barragiste », avance le capitaine du CO, Rémi Talès. Septième du dernier exercice, Perpignan et son nouveau président François Rivière visent ouvertement le Top 6. Pour ce faire, le prometteur ouvreur Camille Lopez ainsi que l’Italien Benvenuti, le Fidjien Votu ou le Roumain Paulica Ion ont posé leurs valises en Catalogne. « Il y a sûrement les plus grands squads (équipes) du monde ici», déclarait récemment Jonny Wilkinson. Pour preuve, même le premier non relégable du précédent opus Bordeaux-Bègles est parvenu à recruter deux pépites samoanes (Lilomaiava et Tuifua) pendant que Grenoble attirait deux Wallabies dans ses filets (Palmer et Kimlin). « Je n’ai jamais rencontré un niveau aussi haut qu’en France », ajoutait Wilko. Pour certains, dont le président biarrot Serge Blanco, ce recrutement massif de pointures étrangères mène droit à la perte du rugby français. A l'heure actuelle, il rend surtout ce Top 14 diablement alléchant.

Jerome Carrere