L'ancien Clermontois Noa Nakaitaci, désormais à Lyon, au plaquage sur Fritz Lee
L'ancien Clermontois Noa Nakaitaci, désormais à Lyon, au plaquage sur Fritz Lee | AFP - JEFF PACHOUD

Top 14 - Demi-finale: Clermont-LOU, duel d'affamés

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La deuxième demi-finale du Top 14 (16h30) oppose factuellement le 2e de la saison régulière (Clermont) au troisième (Lyon). Cette rencontre oppose surtout deux équipes affamées. Les Auvergnats, absents des phases finales l'an dernier pour la première fois depuis 2006, veut atteindre une 8e finale du championnat sur les 19 dernières années. Les Lyonnais sont les seuls survivants des demi-finales de la saison passée. Mais la dernière finale du club remonte aux années 30.

Pour les affamés, le temps est un ennemi. Trois ans après leur remontée en Top 14, les Lyonnais vont disputer leur deuxième demi-finale consécutive. Avec l'espoir de passer l'obstacle pour disputer la première finale du club depuis 1933. Un an après avoir raté la phase finale pour la première fois depuis la saison 2005-2006, Clermont veut retrouver le Stade de France pour la 8e fois dans les années 2000. Sur la ligne de départ, sur la pelouse du Matmut Atlantique, les deux collectifs aspirent à la même chose. Et ils se sont donnés les moyens d'y parvenir. 

Le LOU, 3e de la saison régulière, a été contraint encore une fois de passer par les barrages. Montpellier, vice-champion de France en titre et qui avait éliminé les hommes de Pierre Mignoni l'année dernière en demi-finale, n'a pas résisté (21-16). Une domination face à Vern Cotter, l'ancien coach de Clermont, qui peut donner des idées, notamment grâce à cette statistique: 12 ballons récupérés dans les rucks par les Lyonnais. A l'issue d'une saison à 17 victoires en 26 rencontres en saison régulière, le LOU s'est taillé une sacrée réputation. Une défense de fer (la 3e équipe du Top 14 qui a encaissé le moins de points en saison régulière), un réalisateur à la hauteur (Jonathan Wisniewski) et des assesseurs pas manchots au pied (Doussain, Beauxis), une 3e ligne qui a donné bien des tourments à tous ses homologues, autour du Sud-Africain Deon Fourie, replacé en 8 après avoir été talonneur ou encore 3e ligne aile, sans oublier un Julien Puricelli impérial en touche (121 gagnées durant la saison, de loin le meilleur dans cet exercice), le LOU a les crocs acérés. "L'an dernier, il nous manquait un peu de tout. Mais cette année, on est mieux préparé", estime Pierre Mignoni.

En face, c'est une énorme machine. Meilleure attaque du championnat (828 points inscrits, nouveau record) et jamais plus mal-classé que 2e durant la saison régulière, vainqueur de la Challenge Cup, l'ASM est en reconquête. "En fin d'année dernière, on a mis beaucoup de choses à plat, parfois assez durement. Mais assez tôt, ce qui nous a fait arriver à la reprise dans un état d'esprit déjà bien différent", explique Wesley Fofana. Sans son emblématique cadre, Morgan Parra blessé. Mais preuve de la profondeur du banc, il est supplée par Greig Laidlaw (71 sélections en équipe d'Ecosse). "Il a une vision sur le jeu, l'aspect stratégique, très pointue, ciblée, précise", souligne Camille Lopez, l'ouvreur au sujet de celui qui va l'accompagner aujourd'hui en charnière. Il a surtout l'impact nécessaire pour gérer le pack de devant, qui avait été à l'origine d'une sacrée domination sur La Rochelle en finale du Challenge. Pour leur 4e demi-finale sur les cinq dernières saisons, les hommes de Franck Azéma ont l'expérience pour gérer l'événement. "Aujourd'hui, il y a un bon mélange entre insouciance et expérience dans l'effectif", assure le manageur des Jaunards.

Victorieux des Lyonnais de 20 points en Avergne en novembre mais battu de 6 à Lyon en février, la belle vaudra cher à Bordeaux.