Szarzewski : "Il faut savoir se remettre en question"

Szarzewski : "Il faut savoir se remettre en question"

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Le talonneur et capitaine du Racing-Métro Dimitri Szarzewski a expliqué à l'AFP avoir su se "remettre en question" en changeant sa technique de lancer, en espérant que ses progrès lui permettent de réintégrer le XV de France pour le Mondial.

Comment abordez-vous ce déplacement à Bayonne, coincé entre la  fin du Tournoi et la Coupe d'Europe ?
Dimitri Szarzewski: "La fin du Six nations est toujours une période difficile. Il faut  se réadapter avec le retour des internationaux. Il ne reste plus beaucoup de  matches, 6 en Top 14, ça sent les phases finales avec le retour du beau  temps... On a vraiment envie de finir la saison sur les chapeaux de roue. Donc  je dis aux joueurs que si on n'est pas capable de faire un bon rugby à Bayonne,  je ne vois pas comment on pourrait battre les Saracens (en Coupe d'Europe le 5  avril, ndlr). Tout le monde va avoir le même objectif: vite se mobiliser pour  retrouver de la cohésion et les repères collectifs pour aller le plus loin  possible. On a démontré que quand on voulait prendre le jeu à notre compte, on  était capables de le faire, mais si on met moins de combat, on se fait punir.  C'est là qu'il va falloir être vigilants pour le reste de la saison."
   
Pensez-vous que le Racing n'a pas encore pris conscience de tout son potentiel ?
DS: "Par moments, j'ai le sentiment qu'on le réalise mais c'est par à-coups. On a des joueurs qui viennent du monde entier, des Gallois, des Irlandais, des  Sud-Africains... Avec cet effectif, on pourrait s'imposer tous les week-ends  n'importe où. On commence à bien se connaître, des affinités se créent et on a  envie de se faire mal pour ses coéquipiers, mais parfois quand tout va bien, on  a tendance à se croire arrivés. C'est là que ça devient dangereux. Il nous  manque encore un petit quelque chose pour ne pas accepter la défaite. Tous les  joueurs s'investissent beaucoup même si certains ont des rôles plus importants  que d'autres. Il ne faut pas toujours attendre des choses des entraîneurs:  c'est à nous, joueurs aussi de prendre des initiatives. Dès qu'on arrive à  avoir un bon échange (avec l'encadrement) on fait de bons matches."
   
La touche est un des points fort du Racing. Comment, personnellement,  travaillez-vous ce secteur depuis l'arrivée de Laurent Travers ?
DS: "J'ai changé mes positionnements au niveau des pieds et des mains. J'ai  tout revu au niveau de ma technique. Je fais aussi une séance hebdomadaire avec  Globus (Akvsenti Giorgadze, le consultant du lancer pour le XV de France, ndlr)  pour corriger ma gestuelle. J'avais tendance à ne pas finir mon geste.  Aujourd'hui, je m'aperçois que ça fonctionne, j'ai gagné en précision et j'ai  un meilleur taux de réussite. Quand on a lancé pendant 10 ans d'une certaine  façon, ce n'est pas facile. Au départ on est perturbé et on a tendance à se  réfugier sur ce qu'on sait faire, mais c'est une erreur. Il faut savoir se  remettre en question. Cela exige beaucoup de persévérance, de la patience.  C'est ce que j'essaye de dire aux jeunes."
   
Quel est votre sentiment sur ce Tournoi, auquel vous n'avez pas  participé?
DS: "J'ai été écarté pour cause de blessure. Les entraîneurs sont sur une  logique de continuité. Les absents ont toujours tort. Mais c'est peut être un  mal pour un bien. Je vais être plus frais pour finir la saison. En 2007 et  2011, j'avais manqué le Tournoi sur blessure, mais j'ai toujours participé à la  Coupe du monde. On dit +jamais 2 sans 3+, j'espère que ce sera le cas. Parmi  les 36 joueurs retenus pour la préparation, le staff devrait garder 3  talonneurs. J'espère faire partie de la préparation pour montrer mon  enthousiasme et mon envie. Je vais essayer de finir sur une bonne note avec le  Racing. Si cela fonctionne, ce sera bon pour moi aussi."

AFP