Toulouse - Stade Français
Associés en équipe de France, Jean-Marc Doussain adversaire de Jules Plisson | AFP - REMY GABALDA

Stade Français-Toulouse, le vrai duel

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Au lendemain du choc entre Clermont et Toulon, l'affiche de la 22e journée entre le Stade Français et Stade toulousain retrouve toute sa saveur. Avec le retour en haut de l'affiche des Parisiens pour la première fois depuis 2009, et les difficultés des Toulousains cette saison, les deux clubs ont le même objectif: la qualification. Et aucun d'eux n'en est assuré. Cela redonne à ce "Clasico" des saveurs oubliées.

De 1994 à 2008, le Stade toulousain et le Stade Français se sont partagés 12 des 15 titres de champion de France (Biarritz en arrachant trois). Après le quadruplé toulousain (1994, 1995, 1996, 1997), c'est le Stade Français qui a pris la suite. De cette période est née une rivalité, entretenue par Max Guazzini et René Bouscatel, les deux présidents. Mais depuis le net recul des Parisiens dans la hiérarchie nationale (10e l'an dernier, 7e en 2011-2012, 11e en 2010-2011, 8e en 2009-2010), l'affrontement ne valait plus le renom. Faute d'envoyer ses meilleurs joueurs pour ce déplacement afin de mieux les laisser souffler, Toulouse n'a pas toujours battu son rival. Les joueurs de la Capitale ont même infligé un cinglant (31-3) en janvier 2011, moins d'un an après avoir fini fanny (29-0). 

Cette année, les compteurs sont remis à zéro. Ou presque. Le Stade Français a occupé une place de leader plus souvent que son adversaire (trois fois contre une). Sous la houlette de Gonzalo Quesada, le club parisien a retrouvé un pack conquérant, et une ligne d'arrière talentueuse à l'image des nouveaux internationaux Jules Plisson et Hugo Bonneval. Avec la fin du Tournoi, Toulouse retrouve ses internationaux, et surtout un Luke McAlister remis de sa rupture du tendon du biceps gauche. Absent des terrains trois mois, l'ancien All Black a remis de l'ordre dans la maison, et replacé son équipe parmi les qualifiés. Et à quinze jours du quart de finale de Coupe d'Europe au Munster, les hommes de Guy Novès veulent se prouver qu'ils peuvent renverser une montagne à l'extérieur.

Malheur au vaincu

A l'aube de ce choc, les deux formations ne sont séparées que par un point (à l'avantage de Paris), mais Toulouse a plus marqué et moins encaissé (+73 contre +36). Avec seulement quatre points engrangés lors des quatre derniers matches, les Parisiens ont vu rappliquer les Toulousains, qui ont glané 11 points sur la même période. Et avec moins de six points d'avance sur quatre autres prétendants à la qualification qui les suivent (Racing-Métro, Brive; Bordeaux-Bègles et Grenoble), la pression des poursuivants est très forte.

Pour faire un choc, il faut des joueurs. Les duels plus ou moins à distance entre les internationaux, à la sortie du Tournoi des 6 Nations, seront décisifs: Bonneval-Médard à l'arrière, Papé-Maestri en 2e ligne, Parisse-Picamoles en 3e ligne centre. Sera également crucial le jeu des charnières, avec d'un côté Doussain-McAlister, et de l'autre Dupuy-Plisson (ou le Sud-Africain Steyn). Feu d'artifice ou jeu fermé, orgies d'essais ou de fautes, le Stade de France livrera son verdict. Une chose est sûre: le vaincu sera en sérieuse difficulté pour la qualification à quatre journées du terme de la saison régulière.