Thomas  Savare, le président du Stade Français.
Thomas Savare, le président du Stade Français. | AFP

Stade Français - Savare: "L'état d'esprit n'était pas au rendez-vous"

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Le mauvais début de saison du Stade Français, champion en titre, est en partie lié à un "état d'esprit" défaillant, a expliqué mercredi à l'AFP son président Thomas Savare, cependant rassuré sur ce point avant la réception cruciale de Clermont dimanche en Top 14.

Comment expliquez-vous le difficile début de saison ?

Thomas Savare: "On savait que le début de saison serait compliqué. On est quand même  dans un système assez particulier où vous jouez avec la moitié de l'effectif  (en raison de la Coupe du monde, NDLR). Mais les autres équipes ont mieux  négocié cette phase un peu particulière et délicate. On n'a pas réussi à  retrouver l'efficacité dans notre système de jeu pour un certain nombre de  raisons: on a eu beaucoup de problèmes en conquête, en particulier sur les  deux-trois premiers matches, et il n'y a pas eu cette dynamique. Il faut qu'on  soit fidèle à notre notre identité, notre système de jeu, qui est exigeant.  Qu'on persévère parce que les qualités qu'on avait l'année dernière, on les a  toujours. Les jeunes qui ont montré qu'ils avaient le niveau du Top 14 ont une  année de plus, donc ils devraient retrouver cette efficacité, comme l'équipe.  J'avais des inquiétudes sur les premiers matches, où je trouvais que l'état  d'esprit n'était pas au rendez-vous, mais à Agen (samedi dernier, NDLR) on a su  aller chercher le bonus défensif en étant mené de 18 points à une quinzaine de  minutes de la fin (10-28 à la 60e minute, 23-28 score final). Les gars n'ont  pas lâché et avec un poil de chance on aurait pu aller chercher plus."
   
Vous évoquez un état d'esprit défaillant. Vous-êtes vous laissé griser  par le titre ?

T.S. : "Je ne sais pas. Un titre donne quand même de la confiance. Je crois  surtout qu'on a eu une intersaison extrêmement courte, avec un groupe largement  amputé, en manque des leaders de l'année dernière aussi. Il y a eu un retard à  l'allumage, dans le jeu et au niveau de l'état d'esprit. Mais ça va mieux, et  c'est important."
   
Aviez-vous bien anticipé dans votre recrutement l'absence de vos  internationaux en raison de la Coupe du monde ?

T.S. : "On a fait ce qu'on a pu. On avait identifié deux faiblesses, au poste  de pilier droit et en deuxième ligne. Paul Alo-Emile (pilier droit) devait  arriver un mois plus tôt (mais a été bloqué jusqu'à début septembre en  Australie en raison d'un problème de visa, NDLR). On a cherché des jokers Coupe  du monde, obtenu des accords, mais un des joueurs qui devait venir a  finalement, à la dernière minute, été retenu par sa sélection. Un autre dossier  est tombé à l'eau. On avait des pistes, qui n'ont pas toutes fonctionné. Mais  trouver un bon pilier droit en période de Coupe du monde, pas engagé quelque  part et disposé à faire une pige, n'est pas facile. Donc il n'y a pas eu un  manque d'anticipation."
   
Le non remplacement de votre entraîneur des arrières Jean-Frédéric  Dubois, parti rejoindre l'encadrement du XV de France, explique-t-il aussi vos  difficultés ?

T.S. : "Jeff est une personne de qualité, d'ailleurs sa +sélection+ dans le  staff de l'équipe de France le confirme. Après, il faut s'adapter au  changement, même s'il est à la marge. Peut-être que c'est en partie lié, oui."
   
Envisagez-vous une saison galère à l'image de celle de Castres la saison  dernière ?

T.S. : "Chaque situation, équipe, est spécifique. Je crois que Castres avait  perdu pas mal d'éléments clés. Ce n'est pas vraiment notre cas mais (une saison  galère) est une possibilité. Ce n'est pas parce qu'on a été champion qu'on ne  peut pas vivre une saison galère. Je ne l'espère pas. Et j'espère qu'on va  retrouver rapidement notre qualité de jeu et qu'on va sortir de ce fond de  classement pour aller se battre pour les six premières places, notre objectif."

AFP