Le derby francilien entre le Racing et le Stade Français
Les Racingmen Laulala et Rokococko face au Stadiste Doumeyrou | AFP - THOMAS SAMSON

Stade Français-Racing 92, derby parisien en forme de passation de pouvoir

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Les deux plus anciennes équipes de France, le Stade Français et le Racing, s'affrontent à Jean-Bouin dans une belle affiche pour le compte de la 18e journée du Top 14. Ce choc, entre le champion de France, mal en point en championnat avec son 12e rang, et l'actuel leader en quête de son premier Brennus depuis 1990, pourrait prendre des allures de passation de pouvoir. C'est aussi une revanche pour les Racingmen, éliminés en barrages l'an dernier par les Stadistes sur la route de leur sacre, leur 5e depuis 2000.

C'est la rivalité ancestrale. C'est le plus ancien duel en France. Normal, Stade Français et Racing sont les deux premiers clubs qui ont été crées dans l'Hexagone, avant même le 20e siècle (1892 pour le Stade Français, 1890 pour le Racing). Ces deux équipes ont disputé la première finale du championnat de France, en 1892, au terme d'un seul match puisqu'ils étaient seuls en lice. 124 ans après ce premier acte, les temps ont bien changé. Ils sont douze de plus sur la ligne de départ. En 1892, le Racing l'avait emporté (4-3) sur la pelouse de Bagatelle, et lors de leur dernier face-à-face, à Colombes, en octobre dernier, les Racingmen étaient également sortis vainqueurs (27-18). Seulement, c'est bien le Stade Français le détenteur du Bouclier de Brennus. Et c'est dans son récent stade Jean-Bouin qu'il joue, et où il n'a plus perdu face au Racing depuis mars 2014.

Le Racing regarde devant, le Stade Français derrière

Si le nouvel écrin du club de Jacky Lorenzetti est encore à l'état de construction, le jeu de son équipe ne l'est plus. Les hommes en Ciel et Blanc n'ont perdu qu'un seul match (le premier de la saison à domicile) contre Castres (9-13) lors des 8 dernières journées du Top 14. Clairement, depuis l'arrivée de Dan Carter dans l'effectif francilien, la confiance habite ce collectif qui n'a perdu que deux matches sur sept à l'extérieur cette saison en championnat. Avec seulement trois joueurs pris par le XV de France, Laurent Labit et Laurent Travers ne sont pas pillés par le Tournoi des 6 Nations (même s'il faut ajouter le centre gallois Roberts et le 2e ligne Charteris, le pilier italien Castrogiovanni). Et avec sa cohorte d'anciens internationaux tricolores, certains qui ont fait une croix dessus (Szarzewski) d'autres pas (Dulin, Dumoulin, Nyanga, Claassen, Ducalcon, Andreu), le club francilien est en pleine bourre.

En face, le Stade Français a déjà été battu à trois reprises dans son antre (RCT, UBB, Grenoble), dont lors de leur dernière réception face aux Isérois (33-18). Et l'équipe de Gonzalo Quesada, qui verra le lendemain ses internationaux Flanquart, Slimani, Plisson à Murrayfield, reste sur deux revers de suite, puisqu'elle s'est aussi inclinée à Pau la semaine dernière (19-12). Le technicien argentin a néanmoins la chance de pouvoir compter sur Bonneval, Camara et Danty, laissés à disposition par l'équipe de France, pour renforcer sa ligne de trois-quarts. Ils ne seront pas de trop pour mettre fin à cette mauvaise spirale. La qualification semble hors de portée, mais si les 11 points d'avance sur le premier relégable agenais paraissent un épais matelas, les points sont précieux.