Wilkinson Toulon Fofana Sivivatu Clermont
Wilkinson (Toulon) essaie de plaquer le Clermontois Fofana sous le regard de Sivivatu | PETER MUHLY / AFP

Sept prétendants à la levée de bouclier

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Qui soulèvera le Bouclier de Brennus à l'issue du Top 14 qui débute vendredi par un alléchant Montpellier-Toulon ? Si toutes les équipes peuvent y rêver, sept d'entre elles (Castres, Toulon, Toulouse, Clermont, le Stade Français, le Metro Racing et Montpellier) semblent les mieux armées pour prétendre au titre de champion de France. Examen des forces en présence.

Certains y ont vu un symbole. Le Castres Olympique champion de France 2013, c'était le retour aux vraies valeurs de l'Ovalie, le triomphe du collectif sur les individualités. C'était aussi et surtout un formidable pied de nez aux équipes surpuissantes du Top 14, construites à coups de millions d'euros et finalement surprises par le 9e budget du championnat. Tout n'est pas aussi manichéen bien sûr et rien ne dit que le C.O ne pourra pas rééditer son exploit. D'autres observateurs, en revanche, auront noté que la victoire finale du club tarnais aura été marquée par un net appauvrissement du spectacle lors des phases finales, l'essai étant devenu une denrée très rare lors des matchs à élimination directe. D'où cette question à double entrée à quelques jours du coup d'envoi de la saison : les "gros" parviendront-ils à faire respecter leur loi et si oui, y mettront-ils la manière ? 

Toulon-Toulouse-Clermont, de la revanche dans l'air

Le champion en titre a vécu une intersaison plutôt clame. Si l'effectif reste inchangé ou presque, le CO parviendra-t-il à faire fructifier l'héritage des deux entraîneurs Labit et Travers, remplacés par un attelage Matthias Rolland-Serge Milhas-David  Darricarrère ? Le trio aura la lourde charge de faire oublier ses deux prédécesseurs, partis sous les cieux du Racing. Si la passe de deux semble tout de même difficile à réaliser, on peut compter sur les Castrais pour être présents lors des quarts de finale , une véritable habitude de la maison (Les partenaires de Claassen restent sur quatre participations consécutives en phases finales).

Face au "petit poucet" castrais, se dressent les habituels ogres toulonnais, toulousains et clermontois. Et tous, à des degrés divers, ont une revanche à prendre. Finalistes malheureux lors des deux dernières éditions, le RC Toulon s'est encore renforcé pour franchir le dernier palier. Les megastars Bryan Habana, Ali Williams et Drew  Mitchell ont débarqué sur la Rade pour épauler Jonny Wilkinson, dont c'est peut-être la dernière saison. "Si on veut jouer cette saison c'est à 100% ou pas du tout", a prévenu l'Anglais.  "Je joue chaque match comme si c'était le dernier de ma carrière. D'une part parce que c'est  peut-être la vérité, d'autre part parce que je ne peux pas vivre avec des  regrets dans la tête."

Le Stade Toulousain, également, aborde la saison armé jusqu'aux dents. Le plus gros budget du Top 14 (plus de 35 millions d'Euros) doit absolument faire oublier l'exercice 2012-2013 où les Toulousains, 19 fois champions de France, n'ont rien gagné (les hommes de Novès ont été éliminé en phase de poules en Coupe d'Europe avant de céder en demi-finale du championnat). Un Brennus pour oublier l'annus horibilis ? Clermont, à qui tout était promis en raison de son jeu ultra spectaculaire, a connu pareille mésaventure. Pour les Auvergnats, l'heure est au rachat, d'autant que les "Jaunards" s'acheminent vers une fin de cycle avec le départ annoncé en juin 2014 de son entraîneur depuis sept ans, Vern Cotter.  

Les Franciliens se mobilisent

Derrière ce trio inamovible, se dégage enfin un autre brelan de prétendants. Plus outsiders que favoris logiques, le stade Français, le Racing Metro et Montpellier ont les moyens de brouiller l'ordre (pré)établi. Les deux clubs franciliens, notamment, ont frappé fort sur la table du marché des transferts. Les Ciels et Blancs, désormais placés sous la houlette des nouveaux entraîneurs Laurent Labit et  Laurent Travers, ont affiché leurs ambitions en attirant le demi d'ouverture irlandais Jonathan Sexton, le centre gallois Jamie  Roberts, le troisième ligne gallois Dan Lydiate ou encore le pilier tongien  Soane Tonga'uiha. Objectif ouvertement déclaré : franchir le cap des quarts de finale du Top 14, un obstacle sur lequel ils butent régulièrement depuis quatre ans. 

Le stade Français, décevant 10e l'an passé, s'est donné les moyens de la  résurrection tant espérée. Troisième budget du Top  14  (25 millions d'euros), le  club parisien a été renforcé par le demi d'ouverture sud-africain Morné Steyn  et les stars australiennes Digby Ioane et Richard Kingi. De son côté, Montpellier, bloqué ces deux dernières années au stade des barrages, s'est  également démené sur le marché des transferts (Rene Ranger, JP du Plessis,  Wynand Olivier, Nicolas Mas) pour espérer changer de dimension. Bref, les gros bras se sont tous renforcés à l'orée de cette nouvelle saison, confirmant ainsi que le Top 14 était bien le championnat le plus attractif au monde. En tout cas sur le papier. Pour le terrain, il faudra au moins attendre le premier choc vendredi. 

Julien Lamotte