Thomas Savare
Thomas Savare, président du Stade Français | FRANCK FIFE / AFP

Savare: "Pas la même philosophie" que Toulon

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Le Stade Français, dont de nombreux joueurs sont issus de son centre de formation, n'a "pas la même philosophie" que Toulon, où il se rend samedi à l'occasion de la 5e journée du Top 14, a déclaré à l'AFP son président, Thomas Savare.

Le Stade Français est encore en rodage alors que l'ossature est la même  que la saison passée. Cela vous surprend-il ?
TS: "Non, dans la mesure où on a eu une préparation, par rapport à l'année  dernière, un peu perturbée par des blessures, l'arrivée tardive des  internationaux. C'est somme toute assez logique, d'autant plus que, comme  l'année dernière, une part de plus en plus importante de ce temps de  préparation est consacrée à la préparation physique. On fait volontairement  assez peu de matches amicaux pour avoir le temps de faire un peu de physique.  Quitte à effectivement être un peu en retard sur la préparation technique et la  cohésion de l'équipe."
   
Est-ce aussi lié à l'expérience de la saison dernière, où l'équipe avait  échoué à se qualifier pour les phases finales après être partie très fort ?
"Non, pas spécialement, parce que je ne suis pas certain que le coup de  mou qu'on a eu l'année dernière était essentiellement physique. C'est plutôt  parce que ça a assez bien fonctionné l'année dernière que Gonzalo (Quesada, le  manageur) a décidé de continuer un peu avec la même méthode."
   
L'objectif est-il comme l'année dernière d'être dans les six premiers ?
"Oui."
   
Et si jamais il n'y avait pas de qualification...
"(Il coupe) Si elle n'y est pas, elle n'y est pas... C'est l'aléa."
   
Avez-vous un objectif en Challenge européen ?
"On verra où en est l'équipe, l'effectif (au moment des phases finales  du Challenge européen). Je ne vais pas vous mentir: le Top 14 sera notre  priorité."
   
On peut être surpris que le recrutement ait été assez limité alors que  la profondeur de banc semblait vous manquer la saison dernière...
"Je suis assez surpris que vous jugiez mon recrutement limité. Il a été  assez ciblé, on a renforcé là où on voulait renforcer. Extrêmement peu de  joueurs titulaires ou régulièrement titulaires ont quitté l'équipe. L'ossature  est extrêmement stable par rapport à l'année dernière, où il me semblait qu'on  avait une équipe relativement compétitive. On a rajouté un pilier droit, on a  renforcé en deuxième et troisième ligne, (au poste de) demi de mêlée. Il n'y a  pas de grands noms clinquants, mais ce n'était pas l'objet. Comme tout le  monde, on a un certain nombre de blessés, de joueurs qui ont du mal à reprendre  après la saison internationale, mais je ne pense pas que ce soit un recrutement  au rabais."
   
Attendez-vous plus de Morné Steyn, dont la première saison a été  décevante ?
"Oui, effectivement, j'attends de Morné Steyn et de tous les joueurs  qu'ils jouent à leur niveau. Maintenant, on sait que certains joueurs, en  particulier à certains postes, ont besoin d'un certain temps d'adaptation.  J'espère que la deuxième saison de Morné sera meilleure que la première."
   
Il a signé trois saisons. Donc, même si ses performances étaient encore  décevantes, serait-il encore là en 2015-2016 ?
"Tout à fait."
   
Vous vous appuyez beaucoup sur votre centre de formation. Mourad  Boudjellal a déclaré qu'il lui coûtait plus cher de former que de recruter des  étrangers...
"Pour moi, c'est moins cher, bien sûr. Ce n'est pas la même philosophie  non plus, après chacun ses méthodes. Pour l'instant, Mourad a montré que les  siennes marchaient bien. Mais je pense que c'est important d'avoir un centre de  formation compétitif qui soit un vivier pour l'ossature réelle de l'équipe.  Avoir un nombre important de joueurs formés au club, je pense que ça (en)  change l'esprit."
   
Toulon a développé un modèle économique basé sur une marque forte avec  des brasseries et de nombreux points de vente. Est-ce quelque chose que vous  souhaiteriez aussi développer ?
"Oui... Je ne crois pas qu'on va développer le modèle économique du  Stade Français autour d'une brasserie ou d'un café, franchement. A mon sens,  les trois principaux piliers qu'on peut développer de façon pérenne sont les  audiences, les droits télés et le sponsoring. Après, tout ce qui est  merchandising est extrêmement dépendant du résultat et donc beaucoup plus  aléatoire."

AFP