Philippe Saint-André
Le sélectionneur de l'équipe de France, Philippe Saint-André | AFP - SIMON BELLIS

Saint-André: "Arrêtons la sinistrose!"

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Après une semaine agitée suite à une nouvelle défaite à Castres et les propos virulents du président Boudjellal, estimant notamment que certains joueurs se croyaient en vacances sur la Côte d'Azur, le manageur de Toulon, Philippe Saint-André protège son groupe et se veut positif. "On est encore en vie et au combat pour la sixième place. Arrêtons la sinistrose!".

Mourad Boudjellal a eu des mots très durs cette semaine. Comment le vivez-vous ?
"Je ne lis pas trop la presse en ce moment. Le président dit qu'il n'est pas content et c'est normal. En mettant la pression sur ses entraîneurs et ses joueurs, il est dans son rôle. Je connais le personnage et son mode de fonctionnement. Il veut montrer que par rapport à son investissement, il n'est pas satisfait des résultats. Je sais aussi que mes joueurs sont sous pression et ont besoin de confiance. De mon côté, j'essaie de leur apporter le plus de sérénité possible. Je connais le métier depuis trop longtemps. Je suis prêt à prendre les coups. J'ai mon gilet pare-balles...".

La situation est grave, mais pas désespérée...
"Si on en est là actuellement, c'est que l'on s'est trompé sur plusieurs choses. Je l'assume complètement, mais on n'est pas résigné. On est encore en vie et au combat pour la place de sixième avec deux petites équipes, le champion Clermont et le vice-champion Perpignan... On s'apprête également à disputer un quart de finale de H Cup (à Barcelone contre Perpignan, ndlr) pour la première fois dans l'histoire du club, alors arrêtons la sinistrose! Je ne pense pas que nous sommes dans l'état d'esprit de sauver notre peau pour ne pas descendre en deuxième division...".

Malgré tout, comment expliquez-vous cette saison compliquée ?
"Je savais que la saison dernière était exceptionnelle. On était la surprise du championnat, comme Montpellier cette saison. Cela fait douze ans que j'entraîne et je n'avais jamais enchaîné onze victoires d'affilée. Je tournais également à deux ou trois blessés par semaine alors que depuis le début de saison, on en compte une dizaine. Comme on a fini plus tard la saison dernière, on a mal entamé le championnat avec deux défaites à domicile (Bayonne et Racing-Métro, ndlr) et tout de suite, on est sous pression. On a également disputé six matchs de Coupe d'Europe de très haut niveau, ce qui fait que l'on a davantage tiré sur certains joueurs. Mais si on arrive à tenir dans des moments comme ça, on en ressort plus fort."

Le centre gallois Gavin Henson devrait enfin effectuer ses débuts. Comment le jugez-vous ?
"Il y a de grandes chances qu'il soit dans le groupe de 23. On savait qu'il arrivait blessé (aponévrose), mais sa blessure était plus importante que prévu. Pour la première fois depuis son arrivée (début février, ndlr), il a fait toute la semaine d'entraînement avec nous, sans aucun problème. Il est en train de comprendre les systèmes et l'organisation. On voit qu'il n'a pas été international pour rien. Il a du timing, de la qualité de passe, il sent le rugby. Il montre un gros professionnalisme, beaucoup d'enthousiasme et depuis qu'il est là, il ne s'est pas laissé perturbé par autre chose que le rugby. Le problème c'est qu'il n'a eu que 120 minutes de jeu en deux ans."

AFP