"Rugby, L'enfer du décor", une enquête sur le dopage dans le monde de l'ovalie pour Stade 2
L'enquête de Stade 2: "Rugby, l'enfer du décor" | DR

Rugby, l’enfer du décor, l'enquête de Stade 2 sur le dopage dans le rugby français

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Dans le prochain Stade 2, dimanche à 16h35 sur France 2, vous découvrirez « Rugby, l’enfer du décor ». Pendant deux ans, Thierry Vildary, journaliste à Francetvsport, a mené une longue enquête sur le dopage dans le rugby français. Des jeunes aux professionnels en passant par les amateurs, des témoignages forts.

« Ce n’est qu’une partie de ce qu’on m’a raconté. Ce sont les premiers qui parlent. » Après des centaines de tentatives directes ou indirectes, avec des joueurs ou des anciens joueurs, de tous niveaux, Thierry Vildary a entendu plein d’histoires. Pendant deux années, depuis la parution du livre de l’ancien international Laurent Bénézech (« Rugby, où sont passées tes valeurs ? »), il a enquêté. « Comme beaucoup, je regardais avec un œil critique l’évolution du rugby, qui posait certaines questions », explique-t-il

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Un jeu qui évolue, des joueurs aussi

Comme nous le montrions dans notre long format « Rugbymen, le physique de l’emploi », les joueurs de rugby ont beaucoup changé depuis la première Coupe du monde. Plus de temps de jeu, plus de contacts, plus de vitesse, le rugby, avec le professionnalisme, a fait un bond en avant.

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Selon une étude de l’IRMES (Institut de recherche biomédicale et d’épidémiologie du sport), entre 1987 et 2007, les avants sont passés de 102.4kg à 111, et les arrières de 83 à près de 90kg. Rien d’excessif sur vingt ans. Cela ne signifie pas qu’il y a une pratique dopante. Mais cela ne l’interdit pas non plus. En 2015, en Grande-Bretagne, sur 46 suspensions pour dopage, 16 concernaient des joueurs de rugby. En Afrique du Sud, 18 cas positifs dans le monde de l'ovalie entre juin 2015 et avril 2016. Et en France, le dopage est-il absent ?

« Une pratique qui serait répandue »

Passés les « tout le monde sait », et autres poncifs, Thierry Vildary a dû attendre pour avoir les premières révélations. Au début, l’entourage parlait. Puis, ce sont les acteurs eux-mêmes. Au travers de ces récits, il a entendu des histoires individuelles. Un point commun : la course à l’augmentation de la masse musculaire : « Tout concordait : ce serait assez répandu dans le rugby. Ce serait courant d’utiliser des substances dopantes pour prendre de la masse musculaire, et cela se diffuse chez les jeunes. » Impossible de parler d’une organisation ou d’une généralisation. Peu ont accepté de parler face à une caméra. L’un d’entre eux lui a même fait faux bond au pied de son domicile. « Je n’ai jamais rencontré une telle omerta », avoue notre confrère.

Vous allez donc découvrir l’histoire d’Anthony, un ancien professionnel passé dans de nombreux clubs de l’élite, qui raconte s’être dopé à partir de ses 25 ans. Il y a aussi celle de Rémi, ancien jeune espoir d’un grand club français qui a dû interrompre sa courte carrière après avoir pris des compléments alimentaires en quantité afin de prendre de la masse musculaire. Son dos l’a lâché.

Se maintenir en haut de l’affiche, si petite soit-elle

Et également le récit d’un contrôle antidopage effectué au terme d’un match de Fédérale 2, la 4e division, où sur 10 joueurs contrôlés, 3 étaient positifs. Car comme le dit Christophe Bassons, correspondant inter-régional antidopage en Aquitaine, qui avait mené cette opération : « Depuis des années, on dit que le milieu amateur est aussi touché que le milieu professionnel. »

Dimanche, dans un sujet de 18 minutes, vous allez découvrir les chemins qu’empruntent certains rugbymens pour rester sur le terrain alors qu’ils atteignent leurs limites individuelles. Pour se maintenir en haut de l’affiche, si petite soit-elle, certains sont prêts à franchir la ligne rouge du dopage.

Le reportage de Stade 2 à voir en intégralité dimanche à 16h35 sur France 2

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze