LNR Pierre-Yves Revol
Le président de la LNR Pierre-Yves Revol | AFP - Pascal Pavani

Revol: "Un patrimoine à conserver"

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Le président de la Ligue nationale de rugby (LNR), Pierre-Yves Revol , insiste sur la nécessité de "préserver" les "valeurs" et le "patrimoine" du rugby français avant l'ouverture du Top 14 vendredi, et ambitionne une "progression légitime" des droits télés, renégociés à l'automne. Il évoque aussi la nouvelle réglementation en matière de Jiff et de salary cap.

Comment jugez-vous l'état du rugby professionnel français ?
Satisfaisant. On a eu un accident avec un club, Montauban (rétrogradé pour raisons financières, NDLR) mais par ailleurs, je crois que les voyants sont plutôt au vert. La concurrence sportive sera certainement très forte avec la confirmation de l'arrivée d'équipes émergentes. Je pense notamment au Racing et à Toulon. Ceci s'ajoutant aux favoris habituels et aux outsiders, comme Castres l'année dernière, qui peuvent revenir. La concurrence vue la saison dernière devrait s'amplifier.

Par contraste, le rugby bénéficie de l'image écornée du football...
Il ne faut pas se réjouir des difficultés des autres sports. C'est simplement pour nous l'occasion de prendre conscience qu'on a la chance d'avoir dans nos gènes des valeurs et des traditions qui, malgré l'évolution des enjeux et du professionnalisme, perdurent. Ce patrimoine est un privilège qu'il faut conserver.

Ces "valeurs" ne sont-elles pas menacées ?

Non, il n'y a pas de danger imminent mais simplement la nécessité pour l'ensemble des acteurs d'être très vigilants. Notre public s'élargit. L'année dernière, la moyenne des spectateurs de football a baissé, celle du rugby a augmenté sensiblement. C'est au public traditionnel et à l'ensemble des acteurs et dirigeants de sensibiliser ce nouveau public à l'importance de nos valeurs."

Montauban a été rétrogradé et Bourgoin l'a une nouvelle fois évité de peu. Existe-t-il un Top 14 à deux vitesses ?
Nous avons mis en place cette année un "salary cap" précisément pour éviter que de trop gros différentiels se créent à l'avenir. Il y aura toujours des différences budgétaires. Il faut aussi que nos meilleurs clubs restent concurrentiels avec les meilleurs clubs européens et il ne faut donc pas être trop dissuasif. Dans certaines villes moyennes, le rugby à plus de difficultés à se pérenniser, notamment pour des problèmes d'infrastructures. On parle beaucoup des stades de football mais dans le rugby, on est confronté à un problème accru. C'est un des enjeux majeurs des années à venir.

Les quotas de "joueurs issus des filières de formation" entrent également en vigueur...

C'est une mesure qui entre en application dans un cadre consensuel puisque Toulon et le Racing ont retiré leur plainte devant la Cour européenne de justice. La Ligue, de son côté, a fait un effort pour que cette mesure entre progressivement en application. Je pense que c'est une bonne disposition, dans l'intérêt général du rugby et de l'équipe de France et qui, au final, est bien acceptée par tous. Les étrangers, notamment les étrangers de qualité, seront toujours les bienvenus. Il fallait arriver à une juste proportion".

L'un des dossiers majeurs de cette fin d'année est la renégociation des droits télés. Le rugby vaut-il davantage que les quelque 30 millions d'euros annuels qu'il perçoit ?
Le différentiel qui existe entre les droits télé du foot et du rugby est très important et probablement trop important. Je pense que le rugby peut légitimement espérer voir ses droits s'élever à l'avenir. Dans quelle proportion ? Ce sera la teneur des discussions qui s'engageront entre les opérateurs. Cela dépendra beaucoup de la concurrence qui s'exercera entre eux. Aujourd'hui, je me garderai bien d'annoncer quoi que ce soit. J'espère que la concurrence sera suffisante pour permettre une progression légitime de ces droits télés.

AFP