Toulon - Racing-Métro
Jonny Wilkinson face à la défense de Jonathan Sexton et Jamie Roberts | AFP - BORIS HORVAT

RCT-Racing, l'ouverture outre-Manche

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La première demi-finale du Top 14, vendredi, entre Toulon et le Racing-Métro, va opposer l'ouvreur anglais Jonny Wilkinson à son homologue irlandais Jonathan Sexton. Ils représentent un peu le symbole de ces joueurs britanniques ou irlandais qui ont été attirés par les euros et le niveau de l'Hexagone. Le RCT et le Racing, avec quatre représentants dans leur effectif, sont deux des clubs les plus fournis de France.

L'hémisphère Sud reste la destination la plus prisée des recruteurs du championnat de France. Mais les iles Britanniques sont peu à peu devenues à la mode. Cette saison, 31 joueurs venant d'outre-Manche ont évolué dans les 14 équipes de l'élite dans l'Hexagone. Sur un total atteignant environ 200 joueurs étrangers, cela n'est qu'une infime partie. Mais pour cette demi-finale, les représentants de la Grande-Bretagne et de l'Irlande détiennent les clés pour mettre le cap vers le Stade de France.

Il y avait eu le précédent Rob Andrew, auteur d'un passage furtif au Stade toulousain en 1991. Mais en 2009, Jonny Wilkinson a fait passer le voyage des Iles Britanniques à la France dans une autre dimension. Star parmi les stars même si sa condition physique laissait alors beaucoup d'observateurs sceptiques, le demi d'ouverture du RCT est devenu l'idole de Mayol. Son déplacement transmanche a fait beaucoup d'émules depuis. Et si Jonathan Sexton jouera contre lui vendredi avec le maillot du Racing-Métro sur les épaules, l'Irlandais le doit un peu à l'Anglais.

Les tueurs de sang-froid

Les deux hommes représentent des purs produits de la culture britannique du poste: un jeu au pied extrêmement précis pour le déplacement comme pour les buts et une volonté de faire jouer autour d'eux plus que de prendre eux-mêmes la ligne. Face à eux, chaque erreur se paye cash au tableau d'affichage. Chacun dans son club a su écarter la concurrence, qu'elle ait pour noms Frédéric Michalak ou Matt Giteau dans le Var, ou par Juan Martin Hernandez ou Jonathan Wisniewski en région parisienne. Ils sont tous deux la pierre-angulaire du jeu et de la présence de leur équipe dans le dernier carré. Ils apportent le sang-froid et la rationalité toute britannique.

Dans leur sillage, ils ont mené quelques compatriotes. Les Gallois Phillips, Lydiate et Roberts au Racing, les Anglais Steffon et Delon Armitage ainsi qu'Andrew Sheridan au RCT. Certes, ce n'est pas la cohorte des Néo-Zélandais, Australiens, Samoans ou Sud-Africains, mais les deux équipes font partie de celles qui ont le plus recruté outre-Manche. Seul Biarritz fait plus avec cinq joueurs, et seuls Oyonnax et l'USAP font autant. La différence entre ces trois-là et les deux demi-finalistes: le pedigree des joueurs. Avec leur pouvoir financier, Racingmen et Toulonnais n'ont attiré que des internationaux, qui sont devenus cadres. Des atouts de plus à l'heure de se projeter vers la première finale du Racing-Métro au Stade de France, ou pour la troisième consécutive de Toulon.