Pourquoi Racing 92 - Montpellier est un choc de poids lourds

Pourquoi Racing 92 - Montpellier est un choc de poids lourds

Publié le , modifié le

Le dernier match de ce samedi, entre le Racing 92 et Montpellier, oppose deux prétendants au Bouclier de Brennus à 20h45. Entre le champion de France en titre et le vainqueur de la Challenge Cup en titre, c'est un affrontement entre deux des plus gros packs du Top 14. Mais le poids ne se limite pas aux avants, ni aux ambitions de chaque club.

Du poids dans toutes les lignes

Le Racing 92 et Montpellier ont pour point commun d'asseoir d'abord leur jeu devant. Dans le rugby moderne, tout le monde sait que la victoire passa d'abord par le combat des packs. Mais malgré tout le talent de leur ligne arrière, ces deux équipes mettent encore plus l'accent que les autres sur ce secteur de jeu. Chez les Ciel et Blanc, cela date du passage de Pierre Berbizier à sa tête. Dans l'Hérault, Jack White a modifié la philosophie de jeu prônée jusque-là par Fabien Galthié.

Au Racing, les 134kg du pilier Tameifuna ont de quoi faire pâlir quiconque. A seulement 17 ans, le talonneur Baubigny en accuse déjà 108. Derrière, le centre Vulivuli et ses 104kg font figure de poids plume face aux 137kg du Fidjien Nadolo, à Montpellier. Car l'ancien sélectionneur de l'Afrique du Sud n'a pas fait dans la demi-mesure au niveau du recrutement. Outre l'ailier surpuissant, auquel ont peut ajouter Nagusa, dont les 106kg officiels sont sans doute loin de la réalité après son retour tardif au rugby (3 mois et demi en retard), on peut aussi citer François Steyn (107kg), un ancien du Racing. Et devant, Robins Tchale-Watchou livre un beau match sur la balance avec le Racingman Tameifuna, avec 135kg.

Du poids financier

Le Racing 92 et Montpellier sont aux mains de deux grands industriels. D'un côté, Jacky Lorenzetti, l'ancien patron de l'entreprise Foncia. De l'autre, Mohed Altrad, patron du groupe Altrad. Les deux hommes ont fait fortune, et leur passion pour le ballon ovale leur permet d'attirer bon nombre de vedettes. Au Racing, on peut citer bien évidemment le recrutement du meilleur joueur du monde 2015, Dan Carter, mais aussi les Joe Rokococko, Chris Masoe, Leone Nakarawa. Au MHR, il y a les frères Du Plessis, dont Bismark considéré comme le meilleure talonneur de la planète, ou François Steyn.

Sur la balance, avec respectivement 25.4 millions d'euros et 24.2 millions d'euros de budget pour cette saison, le Racing 92 est le 5e budget, et Montpellier le 7e. Assez loin des deux mastodontes que sont le Stade Toulousain (31.5 millions) et Clermont (30.5). 

Du poids au classement

Il y a une semaine, le Racing 92 a décroché sa première victoire à l'extérieur de la saison. Dans le même temps, Montpellier a arraché un succès heureux et d'un petit point à domicile, dans les arrêts de jeu, contre La Rochelle (12-11). Cette sixième victoire des Héraultais cette saison en Top 14 les maintenait sur le podium (3e), avec cinq points d'avance sur le Racing (7e). Après avoir fait rompre la révélation du début de saison, les joueurs de Jack White rêvent peut-être de frapper un grand coup en étant les premiers à faire tomber le champion de France sur sa pelouse de Colombes. Cela aurait une toute autre résonnance que les victoires à Bordeaux et à Bayonne en septembre.

Mais pour les troupes du duo Labit-Travers, une défaite à domicile effacerait la victoire à Bayonne, et mettrait l'équipe sur un rythme très éloigné de celui d'un champion en puissance. Montpellier, moins bonne défense du championnat (12 essais encaissés et 55 points pris en 9 matches), défie une formation qui a pris quatre essais de moins et qui en a marqués trois de plus depuis la 1re journée. Mais attention, de chaque côté, il y a des blessés et, surtout côté Racing, des joueurs pris par le stage de l'équipe de France.

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze