Perpignan renverse Toulouse

Perpignan renverse Toulouse

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Perpignan a infligé une seconde défaite de rang au Stade Toulousain, déjà battu en Coupe d'Europe le week-end dernier, lors du match avancé de la 23e journée du Top 14 (25-10). Sérieux et appliqué, à défaut d'être brillant, l'USAP est bien parti pour se maintenir au sein de l'élite grâce à ce succès.

Deux victoires de rang. Cela n'était plus arrivé aux Perpignanais depuis septembre dernier ! Les Catalans sont donc enfin parvenus à aligner deux succès consécutifs en battant le Stade Toulousain. Au delà du prestige conféré, c'est surtout une excellente opération comptable que réalise l'USAP, toujours en opération survie en Top 14. Pour Toulouse, en revanche, l'heure est à la remise en question. Déjà éliminés sans gloire en quart de finale de la H Cup le week-end dernier par Edimbourg (19-14), les hommes de Guy Novès concèdent un nouveau revers inquiétant. Comme face aux Ecossais, les Stadistes ont ainsi affiché des lacunes criantes en conquête (mêlées enfoncées, touches défectueuses) et un manque d'inspiration en phase offensive (11 en-avant). Plus généralement, les Rouge et Noir semblent cruellement manquer de jus en cette fin de saison. Inquiétant en vue des futures échéances et des demi-finales qui se profilent...

Hook enquille

Une statistique résumait à elle seule l'emprise perpignanaise en ce début de match. Après une demi-heure de jeu, les Toulousains n'avaient passé que onze secondes dans les 22 mètres adverses ! Pourtant, quelques instants plus tard, après plusieurs charges signées Galan, Donguy et Jauzion, Albacete allongeait son double-mètre pour aplatir dans l'en-but ! Ce qui s'appelle du réalisme. Loin de se décourager, l'USAP reprenait pourtant sa domination territoriale et revenait à un petit point juste avant la pause grâce à une deuxième pénalité de James Hook, qui avait déjà ouvert le feu à la 16e minute (6-7, 40e).

La seconde période ne changeait pas la donne, à ceci près que les partenaires de Mermoz parvenaient à pousser les Toulousains à la faute près de leur but. Hook, comme à la parade,ne se faisait pas prier pour enquiller les pénalités (46e, 50e, 57e, 65e). Sous les yeux du sélectionneur Philippe Saint-André, Dusautoir et Beauxis faisaient alors leur entrée dans les rangs haut-garonnais. L'ouvreur n'attendait pas longtemps pour se mettre à l'ouvrage en transformant une pénalité (18-10, 66e). Mais ce n'était qu'un feu de paille. Déjà privés de Matanavu, Picamole et McAlister, qui avaient rejoint à l'infirmerie Clerc, Steenkamp ou Millo-Chluski, le Stade était trop juste pour espérer revenir sur des Catalans qui concluaient l'affaire en beauté avec un essai en contre de Michel dans les ultimes secondes (25-10, 80e). Grâce à cette victoire, l'USAP remonte à la 9e place du classement et se donne une énorme bouffée d'air frais dans sa lutte pour le maintien.

Déclarations :

Guy Novès (manageur du Stade toulousain): "Après un match en Coupe d'Europe à l'extérieur compliqué, jouer Perpignan c'est compliqué. Dans les conditions dans lesquelles on est aujourd'hui, je vois quand même une première mi-temps qui m'a fait énormément de bien. Les séquences de jeu, l'alternance des actions a été intéressant et on bascule à la mi-temps avec un point d'avance. Comme la semaine dernière, le scénario catastrophe est arrivé. La semaine dernière, Servat prend un carton jaune, là il sort définitivement, cela bouleverse notre coaching et en plus il y a ce carton jaune de Christopher (Tolofua). L'Usap mérite grandement sa victoire, même si Lionel (Beauxis) peut nous arracher le point de bonus défensif. A nous de continuer à bosser. Il faut être patient, faire le dos rond. J'espère que notre saison reprendra un peu de couleurs dès la semaine prochaine".

Christophe Manas (entraîneur de Perpignan): "C'est une victoire qui fait du bien. Il y a beaucoup de raisons qui font qu'on est heureux ce soir. Cela a été très dur, très ardu. Toulouse a montré qu'elle avait de la valeur, de la fierté. Cela a ajouté de la difficulté à notre tâche. On savait qu'on avait retrouvé la confiance, que le travail qu'on faisait depuis un, deux mois allait donner ses fruits. On sait qu'on a retrouvé notre jeu, ce qui nous donne des certitudes. Cela nous fait plaisir, même si on souffre sur le banc, de les voir prendre du plaisir dans le jeu, dans les efforts qu'ils font dans la semaine. +Comptablement+, il est évident qu'on va regarder tous les autres matches avec recul en se disant que, quoiqu'il arrive, on a fait le boulot aujourd'hui. Il reste trois matches et le groupe a envie de croquer dedans jusqu'à la fin".

Julien Lamotte