Jonathan Wisniewski Racing-Métro Bourgoin 2010
Le Racing a pris le meilleur sur Bourgoin | AFP - Martin Bureau

Paris qui rit, Paris qui pleure

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Les deux équipes parisiennes ont connu un scénario bien différent samedi lors de la 20e journée du Top 14. Le Racing-Métro a repris seul la 2e place à la faveur de sa victoire à Bourgoin (19-38) alors que le Stade Français a sérieusement hypothéqué ses chances d'accrocher les play-offs en s'inclinant à domicile devant Perpignan (9-21). Biarritz a souffer pour l'emporter devant La Rochelle 32-30.

Le match du jour: Stade-Français - Perpignan

Il y a seulement deux ans, l'affiche avait réuni 80.000 personnes au Stade de France. Ce samedi, les deux équipes qui doivent cette saison se contenter pour l'instant du milieu de tableau, se sont retrouvées dans un autre environnement, celui du stade Charléty, et avec un autre enjeu, celui de ne pas totalement s'éloigner des places ouvrant droit au moins aux barrages. Les Parisiens ont bien tenu durant une période, sans pourtant donner l'impression de dominer leur sujet. Au contraire ils se sont consommés dans des rucks stériles, sans pouvoir donner l'accélération nécessaire. Et ils laissaient des points en route, Beauxis puis Dupuy n'étant pas dans un bon jour. Menée 9-6 à la pause, l'USAP a petit à petit gagné le défi physique. Sans être géniaux, les Catalans ont su faire la différence sur deux coups de reins de Cazenave et Tonita en début de 2e période. Les Stadistes n'ont jamais pu revenir. 
Les Perpignanais ont même raté à deux reprises l'essai du bonus offensif en fin de match. Ils prennent provisoirement la septième place, avec cinq points d'avance sur le club parisien, enferré en dixième position, et qui aura toutes les peines du monde à se qualifier. Cela serait un vrai revers pour le Stade Français, de ne pas être aux play-offs pour la deuxième année consécutive.

Le chiffre du jour: 0

Le nombre de points marqués au classement par Bourgoin depuis la 9e journée début octobre. Après cette journée là, le CSBJ comptait cinq points et n'était pas encore à la dérive. Vingt-et une journée plus tard, les Barjalliens comptent toujours  5 points et ont un pied et demi en pro D2. Pourtant, pour la fête au Stade Alpes, face au Racing-Métro, les Isérois ont montré de belles qualitiés de cœur, de la solidarité et une envie de ne pas mourir sans un certain panache. Si leur défaite (19-38) devant le Racing n'est  pas une surprise en soi, le score est tout de même un peu lourd. Jusqu'à la fin, face à des Racingmen ambitieux, les  Berjalliens affaiblis par les départs et les blessures en cascade, n'auront pas fermé le jeu. Ils ont tout donné dans les dernières minutes pour prendre au moins le point de bonus défensif alors qu'ils étaient menés 31-19, mais sur leur dernière offensive, à l'image de leur saison, ils ont été trahis par une maladresse et un se sont faits crucifiés par un contre de Saubade.

Le fait du jour (1): première pour Castres hors de ses bases 

Castres a  a signé sa première victoire de la saison hors de ses bases, à Brive (20-12). Un succès à l'extérieur obtenu dans la souffrance pour des Castrais ont su faire preuve d'application dans la conquête et d'une bonne solidité défensive, pour venir à bout d'un CA.Brive encore une fois dépassé et inconstant. La situation se complique pour les Corréziens qui n'ont pas pu accrocher un bonus et se trouvent en situation très délicate pour le maintien

Le fait du jour (2): la chevauchée rochelaise

Et cesont peut-être des Rochelais dont devront se méfier les Brivistes dans la défense de leur place en Top 14. Si les Maritimes occupent actuellement la 13e place du classement, la première relégable, ils n'entendent pas se rendre sans se battre. Et ils l'ont démontré à Aguilera face à un BO pourtant sûr de ses armes. Les Biarrots avaient le match en main, et le score confortablement à leur avantage (27-11 à la pause) avant que les hommes Millas ne se décident à ruer enfin dans les brancards. Ils prenaient l'ascendant devant et en l'espace de vingt minutes et trois essais plus loin, les Rochelais recollaient à des Basques un peu désorientés. Dambielle échouait dans sa dernière transformation et la Rochelle s'inclinait sur le fil (32-30), mais se consolait avec un bonus défensif qui lui permet de n'être plus qu'à deux points de Brive et trois points d'Agen.

Le sursaut de Bayonne

En  proie à une crise depuis huit jours après le départ de l'administrateur Bernard Laporte, poussé vers la sortie après trois mois de mission, Bayonne s'est rassuré sur la pelouse de Saint-Sébastien, en dominant (19-13) le leader Toulousain, trahi par ses buteurs. Avec un effectif en partie remanié notamment dans les lignes avants, le talonneur Servat et le capitaine Dusautoir débutant sur le banc, et à la charnière constituée de Michalak et Skrela, Toulouse a subi la loi de Basques vaillants et portés par un public toujours fidèle qui n'a pas envie de voir leur club se perdre dans la tourmente. L'entraîneur du Stade Toulousain Guy Novès, qui craignait que la période de troubles traversée par l'Aviron ne resserre les liens d'adversaires surmotivés,  avait vu juste. La furia basque d'une équipe survoltée dressant de vrais remparts en défense, conjuguée à l'inefficacité des buteur toulousains ont permis à Bayonne dans se sursaut d'orgueil de se payer la peau du leader

La "tuile": Hernandez touché 

Le trois-quart centre argentin du Racing Métro, Juan Martin Hernandez, a été "sérieusement touché au genou droit" lors du match contre Bourgoin. Il a quitté ses coéquipers à la suite d'un plaquage suivi d'un regroupement, et est revenu en deuxième mi-temps sur le bord du terrain appuyé sur des béquilles. Le joueur va passer des examens complémentaires pour évaluer le degré de gravité de sa blessure. Dans l'encadrement de l'équipe, on pense que les ligaments sont peut-être touchés. C'est un coup dur pour Juan Martin Hernandez, d'autant que son club aura bien besoin de lui dans les mois à venir, mais aussi pour l'équipe d'Argentine avec le Mondial, même s'il devrait être remis d'ici cette échéance. 

La phrase du jour: Jacques Brunel, manager de Perpignan:

"On a encore franchi une marche, elles sont de plus en plus difficiles, de plus en plus hautes parce qu'il n'en reste pas beaucoup. On est toujours un peu en retard mais petit à petit, on revient dans le peloton de tête.