Stade Français Racing Métro
Le derby de Paris entre le Stade Français et le Racing Métro a tourné à l'avantage des partenaires de Sergio Parisse, ici plaqué par Ben Arous | THOMAS SAMSON / AFP

Paris : faire barrage au Racing

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Derby francilien capital entre le Stade Français (5ème) et le Racing Métro (7ème) en vue des places de barragistes à Jean-Bouin, aujourd’hui (14h55). Le Racing doit réaliser un coup chez son voisin pour espérer intégrer le Top 6. Et faire plaisir à leur président, Jacky Lorenzetti, pas "très ami" avec son homologue Thomas Savare.

Comme le dit l’expression, ces deux là ne partiront pas en vacances ensemble. "Maintenant, on se serre la main, on est courtois", ajoutait en octobre dernier Lorenzetti, comme pour illustrer cette tension vivace avec Savare. Une rivalité qui remonte même à plusieurs années. "Les rapports ne sont pas extraordinaires, pas très bons à vrai dire", confirmait déjà Thomas Savare en 2012. Pourtant, ces deux hommes se rapprochent pas leur richesse, qui les placent parmi plus grandes fortunes françaises en 2013 selon le magazine Challenges. Lorenzetti (400 millions d’euros) est le fondateur du réseau immobilier Foncia et possède de grands domaines viticoles, quand Thomas Savare (1,2 milliard d’euros) est l’héritier du groupe familial Oberthur Technologies, tout en occupant le poste de directeur général d’Oberthur Fiduciaire, dont la spécialité est l’impression de billets de banque. Leur opposition se remarque plutôt au niveau de leur caractère : le président du Racing se révèle être un personnage sanguin, alors que son alter-ego parisien est plus calme et réfléchi.

La concurrence fait surtout rage pour développer son club le plus rapidement possible. Les Racingmen ont tiré les premiers en construisant un centre d’entraînement moderne dans les Hauts-de-Seine, au Plessis-Robinson. Mais depuis le début de saison, le Stade Français évolue dans un stade Jean-Bouin rénové (20000 places), à quelques encablures du Parc des Princes. Le Racing Métro, qui dispute ses matchs à domicile dans le stade vétuste de Colombes, a lancé en réponse en décembre dernier à Nanterre la construction de l’Arena 92, une nouvelle enceinte de 40000 places livrée en 2017.

Du respect sur le terrain

Dimitri Szarzewski ne nie pas l’existence de cette rivalité. "Ça reste particulier, reconnaît le talonneur. On veut toujours avoir la suprématie en Île-de-France. Les joueurs des deux clubs s’entendent très bien, mais cette année, l’enjeu est important." Une place de barragiste, oui. Longtemps éloigné des places qualificatives, le Racing s’en est rapproché ces dernières semaines. A quatre semaines de la fin de la saison régulière, les hommes de Laurent Labit et Laurent Travers croient toujours au hold-up. "J'espère qu'on va terminer en boulet de canon et qu'on arrivera à se hisser parmi les six au dernier moment, déclare Henry Chavancy, le centre du Racing. Ça fera un peu escroc mais bon, on s'en fout !" L’apport des recrues stars commence à faire son effet et le jeu offensif s’en ressent, comme l’atteste la victoire pleine d’assurance sur la pelouse de Grenoble le week-end dernier (26-13). "On fait partie des équipes qui sont sur une très bonne dynamique", ajoute Labit.

Tout le contraire des Parisiens. Si les hommes de Gonzalo Quesada n’ont plus quitté le Top 6 depuis la 11ème journée, ils paraissent avancer à un rythme plus lent depuis quelques semaines. Invaincus à domicile, ils ne se sont plus imposés à l’extérieur depuis le 4 janvier et un succès à Biarritz (18-6). Ça tombe bien, le derby se dispute à Jean-Bouin, alors que les Ciel et Blanc avaient remporté la première manche (16-12). « Il faut absolument gagner », conclut Savare. Et empêcher le Racing de poursuivre sa remontée. Car derrière la question comptable du championnat, il y aura toujours celle de l’honneur entre deux voisins et deux présidents rivaux.

Adrien Debargue