Mourad Boudjellal, une défaite qui renforce sa tentation de Venise ?

Mourad Boudjellal, une défaite qui renforce sa tentation de Venise ?

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Mourad Boudjellal a été battu dans l’élection à la présidence de la Ligue nationale de rugby (LNR). Le président du RCT, qui savait que sa victoire était peu probable, avait néanmoins affirmé que s’il n’était pas élu au comité directeur, il quitterait le rugby. Il n'a pas été élu. Et après avoir annoncé son intention de revendre le RCT, son désir de se lancer dans la politique, cet échec est-il le dernier acte avant son départ du monde de l’Ovalie ?

Passionné. Grande gueule. Excessif. Provocateur. Mourad Boudjellal est tout cela à la fois. Arrivé aux commandes du RCT en 2006, il n’a eu de cesse de faire parler de lui. Souvent quitte à choquer, régulièrement grâce aux résultats de son équipe, qu’il a emmenée de ProD2 jusqu’au sommet du Top 14 et de l’Europe. Mais depuis plusieurs semaines, l’ancien PDG des éditions Soleil souffle le froid sur son avenir.

Le début de saison de son RCT, et les frictions avec son nouveau manageur Diego Dominguez, l’ont usés. "Il y a des tas de choses qui me font me demander pourquoi je m'emmerde à prendre des coups toutes les semaines par des mecs qui n'ont pas fait un centième de ce que j'ai fait depuis 10 ans", disait-il fin septembre. Avoir été sanctionné par la Ligue à 100 000 euros d’amende pour avoir dépassé le salary cap, ce qu’il conteste, n’a pas arrangé les choses. A cette occasion, il avait lancé : "La Ligue, c’est Groland". Difficile ensuite d’accéder à la présidence d’une institution qu’on a si vertement mollestée. Et la politique, lui qui s’était engagé pour faire barrage au Front National lors des dernières Régionales, attise peut-être cette envie d’ailleurs.

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Mourad Boudjellal est un acteur de sa propre vie. A 56 ans, il ne va pas changer maintenant. Le 27 septembre dernier, il déclarait que "si les présidents décident que je n’ai pas ma place au comité directeur, je le vivrais comme une humiliation. Ca voudra dire que je dois quitter le monde du rugby". Il a sans doute donné une raison, à certains, de ne pas voter pour lui. Ira-t-il maintenant au bout de sa démarche, en vendant ses parts du RCT et en quittant le rugby, qui lui a donné tant de bonheur, de médiatisation mais aussi des soucis ? Dans Rugbyrama, à la sortie de l'hôtel parisien où a eu lieu l'élection, Mourad Boudjellal a lancé: "C'est la fin de mon histoire. J'ai 56 ans et j'ai des priorités dans la vie. Le rugby est une bonne drogue mais il y en a d'autres. On va tâcher de bien mener cette année et après on passera à autre chose."

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze