Julien Tastet, le 2e ligne de Mont-de-Marsan
Julien Tastet, le 2e ligne de Mont-de-Marsan | PASCAL PAVANI / AFP

Mont-de-Marsan au fond du trou

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Le club landais pointe au dernier rang du classement sans le moindre point marqué après six journées. Du jamais vu depuis l'instauration de la poule unique (Top 16 puis Top 14). Le promu, défait samedi par Agen, semble malheureusement déjà condamné alors que le quart du championnat n'est pas atteint. A moins d'un sursaut improbable.

Vainqueur des play-offs d'accession du ProD2 en mai dernier –après avoir battu Dax puis Pau, Mont-de-Marsan subit depuis un mois et demi la loi implacable du haut niveau. Malgré un bon état d'esprit et une volonté indéniable, les Jaune et Noir ne sont pas parvenus à glaner le moindre petit point en six matches: 0 sur 30 ! 76 points marqués contre 195 encaissés. Le bilan est implacable et il fait très mal. 

Calendrier délicat

Les raisons sont connues et elles étaient prévisibles. D'abord, le calendrier: les Montois n'ont pas été gâtés, c'est le moins qu'on puisse dire, avec un programme estival corsé (trois défaites logiques à Biarritz 35-10, Toulouse 37-22 –alors qu'ils menaient à 15 minutes du terme- et face à Toulon 29-15). Ils ont ensuite pris la marée à Grenoble (52-7) dans une confrontation directe avec un concurrent pour le maintien, avant de manquer de peu le bonus défensif contre Clermont (6-14). La cruelle déception de ce week-end devant Agen (16-28) vient rappeler que les Landais sont tout de même loin du compte.

Leur effectif est trop léger (d'abord en qualité mais surtout en quantité) pour rivaliser avec les ténors du Top 14 mais également –et c'est plus surprenant à ce niveau-là- avec les autres formations du bas de tableau. Le scenario se répète souvent depuis le mois d'août: Mont-de-Marsan ne tient qu'une heure avant de sombrer corps et âmes dans le money time. A Toulouse par exemple, les hommes du duo Marc Dantin-Stéphane Prosper ont fait douter les champions de France jusqu'à la 65e, sans réussite. 

Trop peu de moyens

Avec le plus petit budget de l'élite (6, 23 millions d'euros), le club champion de France 1963 savait qu'il ne pouvait pas avoir de grosses prétentions cette saison. De là à ce que ce soit la Berezina… En plus, la malchance s'en mêle. Comme disait un ancien président de la République, "les emmerdes, ça vole en escadrille". Les blessures de quelques tauliers indispensable à l'épanouissement du groupe (Benat Arrayet, qui a rechuté samedi, mais aussi Vigneau-Tucquet, Mazzonetto, Bost, Lewaravu, Britz, Brethous et Rabeni auparavant, sans oublier la suspension de Joan Caudullo).

Enfin, dernier élément de cette spirale infernale qui ne semble avoir aucune issue: l'arbitrage. A tort (parfois) mais aussi à raison (plus souvent), les "petites équipes" sont plus sanctionnées que les grosses. Le président Jean-Robert Cazeaux était ainsi très remonté après la prestation de Monsieur Raynal à Agen: "Ce n'est pas la première fois qu'une décision nous pénalise énormément. C'était déjà le cas contre Toulon et Clermont. Il faut arrêter de nous prendre pour des cons", a-t-il expliqué, très remonté, à l'issue du match de samedi au cours duquel l'essai de Romain Edmond-Samuel n'aurait pas dû être validé selon lui. 

Qui sait si cet esprit de révolte ne va pas permettre aux Montois d'aller chercher dans les semaines à venir les quelques succès nécessaires au décollage tant attendu par toute une région sous le choc (le voisin dacquois est bon dernier du ProD2) ? Les prochaines rencontres sur le terrain de l'Usap puis contre le Stade Français et l'Union Bordeaux-Bègles à domicile seront déterminantes pour se relancer. Sinon, Mont-de-Marsan pourrait bien battre tous les records négatifs du championnat de France. Ce serait dommage et terrible pour cette institution du rugby français.