Michalak Frédéric portrait 2010
L'international toulousain Frédéric Michalak | AFP - Lionel Bonaventure

Michalak, le retour vers le futur

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Gravement blessé au genou en mars dernier alors même qu'il revenait au premier plan en équipe de France, Frédéric Michalak a retrouvé le chemin des terrains depuis une semaine. Toujours en phase de reprise avec le Stade Toulousain, il goûte avec le bonheur le retour dans un groupe, le retour des efforts physiques et les objectifs qui s'avancent. Entre Top 14, Coupe d'Europe et Coupe du monde en septembre prochain, les échéances sont nombreuses.

"Après six mois, c'est déjà une grande satisfaction d'être avec les autres joueurs". Frédéric Michalak est heureux. Et il ne se prive pas d'en faire part à ses interlocuteurs. Un peu à l'image de Jonny Wilkinson, son ancien rival anglais, il a enchaîné les blessures depuis la Coupe du monde 2003 qui les avaient vus s'affronter en demi-finale, le reléguant irrémédiablement au deuxième plan. Du surdoué dépositaire du jeu tricolore, il était passé au rang de recalé permanent du XV de France. Et c'est au moment où les sélectionneurs revoyaient en lui le joueur polyvalent candidat à un poste de titulaire qu'il s'est blessé. Rupture d'un ligament croisé du genou gauche contre le Stade Français le 6 mars dernier, en pleine période du Tournoi des VI Nations. Opération, rééducation, et depuis une semaine, le retour sur le terrain. "Sortir de la salle de soins, du gymnase, c'est une réelle bouffée d'oxygène", avoue-t-il sur le site internet de son club. "J'ai la banane".

Le rectangle vert en passe d'être réapproprié, le demi de mêlée ou ouvreur sait qu'il lui reste encore beaucoup de travail avant d'enfiler le maillot toulousain en match. "Je ne suis pas encore apte pour faire les oppositions", avertit-il. "Il faut que je plaque, que je me fasse plaquer", concède-t-il dans L'Equipe. "Il faudrait aussi que je finisse les entraînements sans trop de douleurs. Là, quand c'est froid, ça me fait mal. Il faut réhabituer le genou à travailler dur." A 27 ans, il sait que le temps est compté. Après avoir disputé deux Coupes du monde (2003, 2007), une troisième se rapproche à grands pas, en Nouvelle-Zélande, dans l'antre des terribles All Blacks invaincus lors du Tri-Nations 2010, que la France affrontera déjà en poule. "Ca va se jouer cette saison. Il faut que la Coupe du monde habite tous les joueurs français", prévient-il. Son esprit n'est pas encore occupé par cette échéance majeure, seul son retour à l'activité dominant. "Il faut maintenant compter en semaines pour retrouver toutes les sensations, que ce soit au niveau des prises de balle, des appuis, et surtout des contacts, qui sont à la base du rugby. Il me manque encore tout ça."

Ce n'est qu'après avoir retrouvé tout ça qu'il pourra rêver de retrouver le parallèle avec Jonny Wilkinson, qui fait le bonheur du RC Toulon depuis la saison dernière et qui est revenu avec le XV de la Rose.