Montpellier Racing
Henry Chavancy échappe aux Montpelliérains. | FRANCK FIFE / AFP

MHR-Racing 92, barrage orageux

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Le faux quart de finale entre le MHR et le Racing 92 mettra aux prises deux clubs au fort antagonisme, ce samedi (21h). Entre le champion de France en titre et le club languedocien qui aspire à lui succéder, le duel promet d’être âpre tant sur le terrain que dans les coulisses. Les truculents présidents Jacky Lorenzetti et Mohed Altrad ont déjà bien fait monter la température ces dernières semaines.

Un choc, un vrai. Voilà à quoi ressemble ce Montpellier-Racing. D’un côté, l’armada héraultaise, surpuissante et plus aussi monocorde qu’avant, comme en témoignent ces cartons infligés à Clermont ou face au Racing justement. Les hommes de Jack White ont raté la qualification directe pour les demi-finales par la faute d’une réaction trop tardive à La Rochelle. Menés 40-16 à sept minutes de la fin, les Bleu et Blanc avaient échoué d’un rien pour le casse du siècle en profitant de la décompression maritime et de leurs qualités mentales.

Montpellier a impressionné

Le MHR de 2017 ne lâche rien, qu’on se le dise ! Logiquement dominé par Toulon la saison dernière en demi-finales, Montpellier a encore progressé depuis ce douloureux échec. L’ancien coach des Springboks a bâti une équipe dure au mal, redoutable dans les rucks et capable d’envoyer du jeu pour faire briller ses ailiers mastodontes, Nagusa (8 essais en championnat) et Nadolo (9). Avec un tiers de Sud-Africains, internationaux ou pas, les Cistes rivalisent dans le combat et les fondamentaux même s’ils sont meilleurs en touche qu’en mêlée.

En face, le Racing de Juan Imhoff (10 essais) et de Henry Chavancy (6) misera sur son esprit de revanche après deux déroutes lors de ses deux derniers déplacements dans le Sud (respectivement 60 puis 54 points encaissés). Qualifiés in extremis lors de la dernière journée de la saison régulière (victoire 22-20 contre l’UBB), les Franciliens abordent ce barrage électrique avec un vrai goût de revanche. Ils n’oublient pas que Montpellier avait demandé à la LNR de lui offrir un succès à 5 points sur tapis vert (et -2 points pour le Racing) pour un forfait constaté par huissier de justice alors que la Ligue avait reporté la rencontre suite à la fusion finalement avortée entre Racing et Stade Français.

Le Ciel et Blanc suspectent aussi leur rival d’avoir œuvré pour commanditer le départ rocambolesque de Johan Goosen en Afrique du Sud. A Montpellier, on déplore les liens entre Lorenzetti et Paul Goze, le directeur de la LNR, en étant persuadé que les intérêts des deux hommes se heurteraient à ceux du MHR. Ce duel à couteaux tirés sent le soufre. Le perdant aura raté sa saison tandis que le vainqueur pourra encore la sauver. Mais vu que Montpellier n’a jamais été sacré et qu’il évolue à domicile, le Racing a moins de pression. Suffisant pour créer la surprise ?