Montpellier Racing Thomas Nallet 082010
Le Montpelliérain Julien Thomas a fait mal au Racing | AFP - PASCAL GUYOT

L'USAP, le Racing et Biarritz giflés

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Pour le compte de la 2e journée du Top14, le vice-champion de France perpignanais a été surpris et dominé à Brive (26-11), tandis que le Racing a subi une déroute à Montpellier (36-19). Biarritz a été vaincu à domicile par Toulon (13-3). Grâce à une belle fin de match, Clermont s'est imposé avec le bonus à Bourgoin (25-12) après avoir souffert, tout comme le Stade Français qui a fini en boulet contre La Rochelle (41-26). Aucun point pour Agen à Bayonne (27-0)

Le fait marquant: Les champions en souffrance

Battu à Perpignan la semaine dernière, le champion de France en titre clermontois a souffert de mille maux lors de son déplacement à Bourgoin. Les Auvergnats ont pu décrocher leur première victoire de la saison (25-12), avec le bonus offensif en prime, grâce à dix dernières minutes de feu, contre une très belle formation iséroise, qui a beaucoup entrepris et aurait pu bénéficier grand avantage en 1ère période si son ouvreur Di Bernardo n'avait pas été aussi peu précis au pied dans ses tentatives. Et comme la semaine dernière, les hommes de Vern Cotter n'ont pas réussi leur entame de match, Di Bernardo succédant à Porical dans le rôle du premier buteur précoce (5e minute pour le Berjalien contre 4e pour le Perpignanais le week-end passé). Quant à Perpignan, vice-champion de France et victorieux du Brénnus en 2009, le déplacement à Brive a été encore plus malmené, subissant l'impact de Corréziens qui ont beaucoup osé, ont été costauds, et ont été récompensés. Les Catalans s'inclinent lourdement (26-11).

Le match: Biarritz - Toulon

C'était grande affiche du week-end. Entre deux clubs visant l'Europe, voire le titre national, la pression était forte. D'autant plus que les Biarrots sont obligés de décrocher un titre, eux qui n'ont plus fréquenté les demi-finales du Top14 ces trois dernières saisons et ont été battus pour la deuxième fois en finale de la Coupe d'Europe. D'autant plus que les Toulonnais ont été vaincus la semaine dernière dans leur antre de Mayol, à la surprise générale. Deux formations condamnés à gagner, c'est d'abord du combat. Il y en a eu. Mais ce sont les Varois qui se sont montrés les plus entreprenants dans cette rencontre, pour s'imposer (13-3) en privant leur adversaire du bonus défensif, 29 ans après leur dernier succès sur ce terrain. La clé du match, comme souvent, se nommait Jonny Wilkinson. L'ouvreur anglais a passé une pénalité (59e), un drop (64e), une transformation, et c'est sur une de ses chandelles que le RCT a marqué le seul essai du match, oeuvre du deuxième ligne Chesney (26e) suite à une mauvaise réception d'Harinordoquy. Première défaite du BO, qui plus est à Aguilera, première victoire de la saison de Toulon, qui plus est à l'extérieur, la pression a changé de camp.

Les retrouvailles: Pierre Berbizier - Fabien Galthié

Ils avaient été presque rivaux (bien qu'éloignés en âge) pour le poste de demi de mêlée titulaire de l'équipe de France. L'un avait succédé à l'autre. Puis, ils ont eu des relations d'entraîneur-joueur, toujours sous le maillot du XV de France. Puis, ils ont été adversaires indirects, l'un en tant que sélectionneur de l'Italie, l'autre en tant que capitaine de la France. Les deux hommes ont en commun d'avoir occupé le poste de N.9 en Bleu de manière continue, marquant de leur empreinte leur passage. Mais pour la première fois, Fabien Galthié et Pierre Berbizier étaient les entraîneurs de deux équipes s'opposant sur le pré. Le premier a ses habitudes en tribunes, le second sur le terrain. Du coup, ils ont assisté à deux endroits différents à la victoire de Montpellier sur le Racing (31-19), alors que les Parisiens menaient (13-0) à la 13e minute suite à un essai en contre de Julien Saubade, ancien joueur du Stade Français, précédent club qu'entraînait Galthié.

Le finish: le Stade Français

Trois essais et une pénalité en cinq minutes, voilà la recette dévoilée par le Stade Français pour renverser une situation bien mal engagée face à La Rochelle. Après avoir fait tomber les Castrais lors de leur premier match en Top14, les Rochelais ont frôlé l'exploit, menant (14-10) puis (19-17) à Charléty en envoyant beaucoup de jeu. Mais un essai de Szarzewski (57e), un de Southwell (60e) et un d'Arias (62e, tous transformés par Julien Dupuy, ont permis aux Parisiens de s'imposer (41-26). Si le bonus offensif leur passe sous le nez en raison des trois essais adversaires (contre 5), les hommes de Michael Cheika ont tout de même inscrit 84 points en deux rencontres.

La réaction: Brive

La semaine dernière, le Racing s'était imposé en Corrèze. Un deuxième match consécutif à domicile condamnait les Brivistes à une réaction. Mais l'USAP n'est pas vraiment une proie idéale pour y parvenir. Et pourtant, l'équipe du trio Mola-Laussucq-Casadei a donné une belle leçon de rugby, avec beaucoup d'orgueil et d'envie de bien faire. Témoin, cette touche rapidement jouée par Palisson pour Speeding qui s'infiltrait et retrouvait Uys qui envoyait finalement Browne à l'essai (16e). Témoin également cette relance de Vosloo qui slalomait, tapait à suivre et profitait d'un mauvais contrôle catalan devant l'en-but et d'une mésentente entre trois adversaires pour se jeter sur le ballon et inscrire le deuxième essai (18e). A l'arrivée: une grande victoire (26-11) et beaucoup de soulagement pour les Brivistes, qui viennent de dominer en mêlée deux des packs les plus impressionnants du Top14.

Le joueur: Geoffroy Doumayrou

Le deuxième match de la saison de Geoffroy Doumayrou aurait pu être un calvaire. Le jeu trois-quarts centre montpellierain était en effet impliqué dans la perte de balle qui avait permis à Saubade d'inscrire un essai en contre pour offrir un grand avantage au Racing (13-0) avant le quart-d'heure de jeu. Mais en se retrouvant au bon endroit au bon moment, c'est-à-dire en soutien de deux mouvements collectifs, il renversait la vapeur en inscrivant les deux premiers essais de son équipe (16e, 24e), en marquant un troisième dans le temps additionnel. Un triplé pour le natif de Montpellier, annoncé par son entraîneur Fabien Galthié comme une possible révélation cette saison.

Le chiffre: 0

Pour la première fois de la saison, une équipe a fini fanny. Et c'est le promu agenais qui hérite de cette première, à l'issue de son déplacement à Bayonne (27-0), face à une équipe basque qui confirme sa victoire à Mayol et occupe la place de co-leader, quelques mois après avoir échappé à la relégation. Pire encore pour le champion en titre de ProD2, la défense vient d'encaisser la bagatelle de 71 points en deux rencontre, les 27 unités de l'Aviron s'ajoutant aux 44 infligés par les Toulousains la semaine dernière.

Les retours: Parra, Pierre, Bonnaire à Bourgoin

Durant longtemps, ils ont été les vedettes de Pierre-Rajon. Huit années passées ici pour Julien Bonnaire, cinq pour Julien Pierre, trois pour Morgan Parra. Mais c'est avec le maillot de Clermont qu'ils ont pénétré sur le terrain berjalien. Le demi de mêlée international en a profité pour inscrire sa première pénalité de la saison (14e) pour égaliser, étant également là pour permettre à sa formation de passer devant (13-12) grâce à un jeu au pied seulement terni par un petit échec sur cinq tentatives. Aucune pitié.

Le raté: Lionel Beauxis

Dans un stade Charléty toujours aussi peu rempli, Lionel Beauxis a bien failli inscrire l'essai de la soirée. Ballon en main, l'ouvreur du Stade Français slalome dans la défense rochelaise, trouve un intervalle et s'engouffre pour entrer dans les 40m adverse. Un superbe coup de pied par-dessus pour lui-même lui ouvre le chemin de l'en-but, mais l'international français ne contrôle pas le ballon aérien, alors que seul le grand, mais lent, capitaine Grobler se trouvait derrière lui, à distance pour le rattraper.

La pénalité vidéo: Clermont

Ayant déjà penché en leur faveur la saison dernière en quarts de finale (contre le Racing) comme en demi-finale (contre Toulon), l'arbitrage vidéo a encore une fois été favorable aux Clermontois. A la 23e minute, Morgan Parra tentait une pénalité, qui donnait l'avantage aux siens (6-3) pour la première fois du match à Bourgoin. Le ballon hésitait au-dessus d'une perche, mais après arbitrage vidéo, la pénalité était accordée alors que, selon les plans de caméras, il était bien difficile d'être certain. La prime à l'offensive sans doute.

La phrase: "Il va falloir changer de braquet" (Alain Tingaud)

Le président du SU Agen vit un début de saison très délicat, puisque son équipe vient d'enregistrer une deuxième défaite consécutive, cette fois sans inscrire le moindre point alors que la semaine dernière elle avait pris la marée toulousaine. Les années se suivent mais ne se ressemblent pas pour le champion de France 2010 de ProD2.