Mjekevu, Perpignan, Bayonne
L'ailier Mjekevu perce le rideau bayonnais | RAYMOND ROIG / AFP

L'USAP et Paris enfoncent les Basques

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Sorti de la zone rouge la semaine dernière grâce à sa victoire sur Toulouse, Bayonne y a replongé en allant s'incliner à Perpignan (20-8) pendant qu'Oyonnax s'imposait contre le Racing-Metro (6-0) lors de la 16e journée de Top 14. Vainqueur à Biarritz, le Stade Français récupère le rang de dauphin de Clermont (6-18). Ce nouveau revers à Aguiléra condamne quasiment le BO à la descente en Pro D2.

Dans trois rencontres où se produisaient les trois derniers du Championnat, seul Oyonnax a réussi à repartir avec la victoire. Battu, Bayonne a replongé dans la zone rouge tandis que son voisin biarrot, bon dernier, continue de couler. Vainqueurs de Toulouse la semaine dernière, les Bayonnais se déplaçaient à Perpignan, placé un point devant eux au classement. La première période confirmait les doutes de deux équipes jouant pour le  maintien. Le jeu était haché, sans fil conducteur, ni réelles ambitions. Si l'Aviron s'installait dans le camp catalan, il ne concrétisait pas les occasions et il fallait un coup du sort sur la sirène de la pause pour débloquer le score. Une pénalité de Hook frappait le poteau et l'opportuniste Guitoune signait son 9e essai de la saison (10-3 pour Perpignan à la pause).

Ce coup de pouce et une forte tramontane se levant à l'avantage des Catalans dopaient Perpignan. Narraway concrétisait une première fois derrière une mêlée à 5 mètres de l'en-but basque (20-3, 54e). Mais Bayonne ne renonçait pas profitant des points laissés au pied par Hook (4 sur 7). Fuster inscrivait un essai en coin (20-8, 59e) et Bayonne faisait le siège  du camp catalan. En quête d'au moins un point de bonus défensif, refusait de tenter trois pénalités dans les cordes des buteurs. En face, la défense catalane rompait mais ne cèdait pas pour une victoire importante. Bien loin de ses ambitions européennes du début de saison, l'USAP se donne de l'air et brise une série de 5 défaites consécutives en Top 14.

Le BO sous l'eau

A l'image des Sang et Or, Biarritz se devait de casser une spirale négative (3 défaites d'affilée) en recevant le Stade Français. Au contraire, dans des conditions de jeu dantesques, le BO a coulé. Défaits dans leur antre d'Aguiléra pour la 6e fois cette saison, ils sont désormais à 14 points du premier non relégable en attendant le résultat de Brive-Montpellier. Pour ajouter au pessimisme ambiant, Damien Traillle et Benoît Baby se sont blessés et seront absents pour un mois et demi... Plus denses et maîtres du temps, notamment en première période disputée  face à un vent violent, les Parisiens ont prouvé que leur 2e place n'était pas usurpée. Les hommes de Gonzalo Quesada ont même inscrit un essai à la demi-heure (6-5), qui a modifié  le cours de ce match loin d'avoir souri aux buteurs (2 réussites sur 8 à la  pause). Après un premier acte où pick-and-go et chandelles ont cohabité, Baby  venait au secours de Yachvili à la botte pour mettre les Basques devant (6-0,  29) avec une supériorité numérique à négocier (carton jaune pour Vuidravuwalu). 

L'éclaircie dans la tempête était de courte durée car Damien Traille se  faisait contrer par Burban et le deuxième ligne Mostert était le plus prompt  pour se jeter sur le cuir et inscrire un essai (32). Les hommes du club de la capitale profitaient à leur tour  de la force d'Éole en deuxième mi-temps pour s'installer dans le camp local et rapidement passer en tête -pénalité de Dupuy (6-8, 44) puis se détacher grâce à  l'apport d'un banc plus puissant (6-11, 65e). Comme un symbole, le BO perdait un dernier ballon dans ses  propres 22 m immédiatement bonifié par les Parisiens et l'entrant Fillol qui  filait en coin pour le deuxième essai (74e) après un bon relais de Vuidravuwalu.

Oyo se remet à l'endroit chez lui

Du côté d'Oyonnax, la pelouse n'était pas en meilleur état. Mais à l'inverse du Pays Basque, l'Ain n'a pas été une terre très accueillante pour l'autre équipe francilienne, le Racing-Metro. Bousculés dès la première période, les Racingmen trouvaient face à eux des  joueurs entreprenants, bien qu'impuissants face à la défense Ciel et Blanc et le terrain gorgé d'eau. Il fallait une pénalité de Régis Lespinas pour que le promu ouvre  le score (26e 3-0). De retour des vestiaires, les locaux se heurtaient à des visiteurs évoluant  le vent dans le dos. Plus enclins à porter le ballon devant, les joueurs du  Racing s'illustraient dans le défi physique, sans pouvoir, à leur tour, passer  le rideau défensif adverse.

Profitant de quelques maladresses et ballons perdus par les Franciliens  dans les alignements, les joueurs d'Oyonnax assiégeaient les 22 mètres adverses  après la 52e minute, portant la balle d'un côté à l'autre sans parvenir à  inscrire leur premier essai. Subissant les effets du vent, les buteurs, en échec aux pénalités (2  manquées de part et d'autre en seconde période) s'en remettaient logiquement au  jeu de leurs avants. Calquée sur le scénario de la première période, avec une nouvelle pénalité  de Lespinas pour Oyonnax (6-0, 74e), la rencontre s'achevait sur un long temps  fort des visiteurs qui campaient sans succès, sept minutes durant, près de la  ligne d'essai du club du Haut-Bugey.

Jerome Carrere