Les entraîneurs castrais font le dos rond

Les entraîneurs castrais font le dos rond

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S'ils n'imaginaient sans doute pas se trouver dans une situation aussi délicate en début de saison, les entraîneurs du Castres Olympique doivent faire face à la réalité du terrain, et une peu enviable dernière place au classement du Top 14. Néanmoins Serge Milhas et David Darricarrère tiennent le cap dans la tempête même s'ils savent déjà qu'ils diront adieu au CO à la fin de la saison. Ils font le dos rond en attendant des jours melleurs et restent fixés sur leur dernier objectif: arracher le maintien.

De la gloire de la finale, perdue face à Toulon le 31 mai, à la  crainte de descendre en Pro D2: le duo d'entraîneurs, reformé à Castres la saison dernière après une première expérience commune à La Rochelle (2007-2011)  --équipe qu'ils retrouveront samedi à Pierre-Antoine pour la 15e journée de Top  14--, est passé d'un extrême à l'autre en à peine sept mois.

Une descente aux enfers qui a amené le CO, englué dans le bas du tableau depuis le début de la saison et dans la zone rouge depuis deux mois, à annoncer début novembre l'arrivée la saison prochaine comme directeur sportif de Christophe Urios, un ancien de la maison, entraîneur actuel d'Oyonnax, qui débarquera dans le Tarn avec ses deux adjoints Joe El Abd et Frédéric Charrier. Exit donc Milhas et Darricarrère, qui prennent leur non-reconduction avec philosophie. "On a acté le fait que quand tu n'as pas de résultats, forcément tu es fragilisé. L'an dernier, on a fait un parcours extraordinaire, cette  année on est un peu plus dans le dur", déclare Darricarrère. Mais pas question pour autant pour les deux entraîneurs de s'apitoyer sur leur sort et de réfléchir à leur avenir. Leur seule mission est devant eux: éviter la relégation.

Objectif maintien

"Pour l'instant, on est focalisés uniquement sur l'avenir du club, je pense que c'est trop important pour parler d'autre chose. Ma passion, ma vie, c'est le terrain, c'est ce groupe. Les garçons ont besoin de savoir qu'e nous sommes investis à 200%. Et ça nous fait plaisir de voir qu'eux non plus ne lâchent pas et sont derrière nous pour tout faire pour sauver le club", lance Darricarrère. Lequel a déjà traversé, avec son complice Milhas, de semblables turbulences, notamment à La Rochelle, club qu'ils n'ont pas réussi à maintenir dans l'élite après l'avoir fait monter en Top 14 en 2010, Ils savent donc qu'il convient de ne pas baisser les bras, et de travailler ensemble. "Se connaître aussi bien dans les moments difficiles, bien sûr que ça aide, on a un staff très soudé qui n'a pas du tout explosé dans la tempête et Dieu sait si on prend des coups. Mais c'est ça qui t'aide à repartir encore plus fort, à nous relever et à bosser d'arrache-pied. C'est dans la difficulté que  tu te construis".

Pour se sauver, le CO devra au moins faire le plein de points à la maison, l'emporter contre les rivaux directs pour le maintien, et surtout ne pas connaître de nouveau quelques faillites collectives qui lui ont été préjudiciables. Débarrassé de la coupe d'Europe, le club tarnais peut se concentrer sur son championnat. La tâche s'annonce très difficile mais pas impossible. Champions de France en 2013 et finalistes en 2014, les Castrais ne veulent pas disparaître de l'élite. Serge Milhas et David Darricarrère doivent au moins sauver cette réputation.

Christian Grégoire