Maxime Médard (Toulouse)
Maxime Médard (Toulouse) | MICHEL VIALA

Le Stade Toulousain en mode relance

Publié le , modifié le

Eliminé en H Cup dès la phase de poules, battu en championnat dans le derby de la Garonne le week-end dernier, Toulouse aura pour objectif de renouer avec le succès vendredi soir contre Perpignan. Sinon…

LA FORCE DE L'HABITUDE

"Cela fait vingt ans qu'à cette période, on est critiqué. On fait la Une de  L'Equipe parce qu'on a perdu deux fois d'affilée. Pourtant Clermont a perdu  deux fois de suite et il ne faisait pas la première page, c'est rigolo",  préfère ironiser le manager toulousain Guy Novès.
Le Stade Toulousain, grand pourvoyeur d'internationaux (sept sont appelés  pour Angleterre - France), connaît souvent des difficultés au tournant de la  nouvelle année. Cette saison, la série a commencé un peu plus tôt et semble  durer: sur ses huit derniers matches disputés toutes compétitions confondues  depuis le 15 décembre, il en a perdu la moitié. Le club, qui reste sur deux  titres de champions de France (2011, 2012) et une Coupe d'Europe (2010), est  troisième du Top 14 (54 points) et éliminé pour seulement la quatrième fois de  son histoire de la phase finale continentale. L'an dernier, à la même époque,  les Toulousains continuaient leur cavalier seul en tête du Top 14 (65 pts) et  étaient encore qualifiés pour les quarts de finale de Coupe d'Europe.

UN INHABITUEL MAL DU VOYAGE

Cette saison, le Stade Toulousain, invaincu à domicile, échoue souvent à  l'extérieur (5 défaites pour 4 victoires en Top 14, 2 défaites pour 1 victoire  en Coupe d'Europe) même face à des équipes réputées plus faibles. Samedi  dernier à Agen, ils ont, de l'aveu même de Novès, réalisé "un non-match"  (défaite 22-9) comme ils l'avaient fait contre Perpignan à Barcelone avec une  défaite "pitoyable" (34-20).
"Les équipes qui nous reçoivent veulent aussi gagner", s'amuse Guy Novès en  remarquant que Toulon et Clermont, qui le devancent au classement, ont  également enregistré des revers lors de la dernière journée respectivement à  Bordeaux-Bègles (41-0) et au Racing-Métro (12-6).

EN ATTENDANT UN GROUPE AU COMPLET...

Les Toulousains ont fait face cette saison à une hécatombe de blessés. Ils  ont subi une pénurie de talonneurs, blessés ou suspendus, qui a contraint  William Servat, devenu entraîneur des avants, à sortir de se retraite. Ils ont  également dû composer avec les blessures, parfois simultanées, de plusieurs  trois-quarts (Donguy, Matanavou, Clerc, Fritz, Fickou, McAlister, Beauxis).
Alors que certains blessés reviennent (Bregvadze, Médard, Galan,  Fickou...), le double champion de France en titre doit se passer pendant le  Tournoi de nombreux internationaux. Contre Perpignan, sept manqueront à l'appel  dont l'intégralité de la troisième ligne (Clerc, Nyanga, Huget, Picamoles,  Dusautoir, Maestri, Fritz).
S'il s'affirme "premier supporter de l'équipe de France", Novès constate  que son équipe se retrouve à jouer "avec un bras dans le dos". "Vous avez déjà  vu un boxeur qui gagne tous ses combats, on lui attache un bras dans le dos et  il doit être aussi efficace ?", lance-t-il.
Cette situation risque de durer au moins un mois, jusqu'à la fin du Tournoi  des six nations le 16 mars. Mais ils devront ensuite faire face à un calendrier  délicat, avec un déplacement à Toulon avant de terminer la phase régulière du  Top 14 au Racing-Métro, à Montpellier et à Clermont.
En attendant, "tout le monde parle d'un Toulouse  affaibli, c'est justement  là qu'il sera le plus dangereux parce que blessé", se méfie le deuxième ligne  perpignanais Romain Taofifenua.

AFP