Luke Burgess (Toulouse)
Luke Burgess (Toulouse) | REMY GABALDA / AFP

Le Stade Toulousain avance masqué

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Tapis dans l’ombre de l’impressionnant duo Clermont-Toulon, Toulouse fait moins parler de lui cette saison. Le club rouge et noir n’en reste pas moins ambitieux alors que se profilent les phases finales, d’autant que le calendrier semble favorable.

Et si le Stade Toulousain réussissait la passe de trois le 1er juin au Stade de France ? Champions de France 2011 (face à Montpellier) et 2012 (contre Toulon), les hommes de Guy Noves peuvent offrir à leurs supporters un 20e Bouclier de Brennus qui serait également le troisième décroché consécutivement, un exploit qui n’a plus été réalisé depuis la fameuse passe de quatre du milieu des années 90 (de 1994 à 1997).

Le Racing en entrée

Pour l’ultime rencontre de la saison régulière, les Haut-Garonnais se sont bien amusés samedi au détriment d’un FC Grenoble déjà en vacances. La "der" à Ernest-Wallon de Yannick Jauzion et Jean-Baptiste Poux, 22 saisons en Rouge et noir à eux deux, Luke Burgess et Gary Botha, partants à l’intersaison, a été fêtée comme il se doit avec une orgie de jeu et une ribambelle d’essais. Les Toulousains ont écrasé les Isérois (57-7) en marquant huit essais dont trois de Fickou et un doublé de Huget. Une petite mise en bouche avant le copieux menu proposé aux partenaires de Jean Bouilhou (qui devrait rester une saison de plus au club) : le match de barrage face au Racing-Métro puis l’éventuelle demie contre le Rugby Club Toulonnais avant une finale attendue face à l’ogre clermontois, nouvelle référence badée du rugby tricolore.

"Le Racing Métro est capable de faire de gros exploits, c'est là où le piège va s'ouvrir", a prévenu Guy Novès qui manie l’intox comme personne. Le manageur du Stade toulousain a raison de respecter une équipe du Racing qui a réalisé un hiver extraordinaire, mais il sait pertinemment que les deux victoires enregistrées face aux Ciel et Blanc en saison régulière (32-13 à domicile), dont la dernière au Stade de France qui avait mis fin à la série  d'invincibilité des Franciliens (27-26), sont de nature à donner un réel avantage psychologique à ses joueurs rompus à ces matches couperets. "La préparation commence et c'est  une semaine intéressante qui s'annonce, comme on les aime" a-t-il encore dit, conscient que Toulouse joue sa saison en moins d’un mois après son élimination précoce en H Cup.

Jauzion et Poux veulent bien finir

"On a gagné chez eux et ils auront à coeur de nous rendre la pareille sur  nos terres", a pour sa part déclaré le pilier Jean-Baptiste Poux qui rejoindra Bordeaux-Bègles cet été. Yannick Jauzion a lui estimé que "le Racing va (leur) imposer un gros combat" mais malgré "une  saison difficile", il annonce que lui et ses coéquipiers "en bons compétiteurs"  vont "tout donner pour finir sur une bonne note". "Il faut oublier nos confrontations face au Racing-Métro, il n'y a aucun  avantage à avoir gagné les deux fois" a confirmé Yannick Nyanga, concluant que : "chaque match à son histoire et c'est à nous d'écrire quelque chose de sympa".

Ce sera peut-être sans Louis Picamoles. Le troisième ligne  international, touché face à Grenoble, souffre de "l'épaule, d'une cuisse et a un hématome à un mollet" a indiqué Guy Novès qui l'a déclaré  "incertain" pour le barrage vendredi prochain au Stadium. Cela n’empêche pas les joueurs de se réjouir de ces échéances de printemps qui ont souvent permis au Stade de briller.

D’autant que le calendrier pourrait bien donner un bon coup de main aux Rouge et Noir. S’il passe le barrage, Toulouse devrait retrouver en demi-finales un Toulon fatigué par sa finale européenne contre Clermont, disputée seulement six jours avant (le samedi 18 mai). Et pour peu que le Ercété s’incline à Dublin, il ne sera sûrement pas au mieux mentalement pour enchainer avec un choc contre le Stade Toulousain (le vendredi 24 mai à Nantes). De quoi vraiment en profiter pour s’offrir une nouvelle finale, la cinquième en seulement six ans toutes compétitions confondues.