Raphael Lakafia Stade Français Alexandre Lapandry Clermont
Raphael Lakafia (Stade Français) défie Alexandre Lapandry (Clermont) | MARTIN BUREAU / AFP

Le Stade Français roule sur Clermont, Bordeaux s'écroule

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Le Stade Français a dévoré tout cru Clermont (40-26) lors de la 21e journée de Top 14 pour se rapprocher d'une qualification pour la phase finale à laquelle Bordeaux-Bègles doit croire de moins en moins. En match décalé, Castres s'est imposé à Grenoble (12-16).

Les Parisiens, qui restaient sur deux inquiétants revers à domicile, ont  tiré profit de cette partie débridée et ponctuée de 9 essais pour revenir à un  seul point de Clermont (2e, 61 pts) au classement. Solidement ancrés au 3e rang, avec quatre longueurs d'avance sur leur  premier poursuivant et meilleur ennemi, le Racing-Métro, les hommes de Gonzalo  Quesada peuvent envisager très sérieusement une première phase finale depuis  2009 alors qu'il ne reste que cinq matches à disputer dans la saison régulière. Côté clermontois, avait-on la tête ailleurs ? L'imminence du quart de  finale de Coupe d'Europe contre Northampton à Marcel-Michelin samedi prochain a  forcément pesé.

Les Auvergnats ont manqué d'ardeur dans certaines phases de combat, perdant  sans conteste la bataille du sol et faisant preuve de coupables largesses  défensives. Si ce revers ne compromet en rien leur avenir en Top 14, il leur fait  manquer l'objectif de préparer en confiance l'échéance à venir. Et reporte un  peu de pression sur les prochains matches de Top 14 alors que le but est de  s'offrir l'une des deux premières places du classement, synonyme d'accession  directe en Top 14.

Orgie de jeu

L'an dernier, les Parisiens avaient craqué lors de cette période difficile  à gérer en sortie du Tournoi des six nations, entamant alors une douloureuse  dégringolade au classement. Leçon retenue au vu de la copie récitée samedi  après-midi. Bien que privées de leaders de jeu et de vestiaires, comme Pascal Papé,  Sergio Parisse ou Rabah Slimani, les troupes de Gonzalo Quesada ont mené de  bout en bout ce match décousu et ont bien réagi quand Clermont a produit un  semblant de réaction en  seconde période. Dès la 4e minute, le Fidjien Waisea ouvrait le festival d'essais en  concluant une séquence très bien maîtrisée et partie des 40 mètres parisiens.

Si le Clermontois Peceli Yato permettait de grignoter le retard (10-7,  16e), là aussi au terme d'un joli mouvement, l'avance prise par le Stade  Français à la pause traduisait son écrasante domination (27-7). On a cru un instant que les Parisiens allaient regretter quelques occasions  bêtement laissées en route quand Napolioni Nalaga aplatissaient deux fois (45,  60) pour se rapprocher à 27-19. Mais des essais de Julien Arias puis Laurent Sempéré consolidaient le  succès parisien, à peine gâché par l'ultime réalisation de Sébastien  Vahaamahina à la sirène.

On voit mal comment la qualification pour la phase finale pourrait échapper  au Stade Français qui court après depuis 2009 et l'avait manquée d'un cheveu  l'an passé. Clermont de son côté avait sans doute la tête ailleurs avant de recevoir  Northampton samedi prochain en quarts de finale de Coupe d'Europe. Mais sa  situation reste confortable au classement. A l'inverse, l'UBB peut se faire quelques cheveux blancs après sa défaite à  Chaban-Delmas contre son rival de l'Atlantique La Rochelle (22-21). Les hommes de Raphaël Ibanez sont passés complètement à côté de leur sujet  en première période et n'ont pas réussi à refaire leur retard contre de  valeureux Maritimes qui se donnent ainsi de sérieuses raisons de croire au  maintien. L'UBB rétrograde ainsi au 9e rang du classement et voit le bon wagon  s'éloigner dangereusement. Montpellier parviendra-t-il à y grimper ?

Trinh-Duc en forme internationale

En tout cas, le MHR a fait le plein contre Lyon à domicile (45-17). Les  Héraultais ont bénéficié d'une grande prestation de leur ouvreur François  Trinh-Duc, auteur du premier essai et d'une influence incontournable sur toute  la partie. Blessé durant six mois et fraîchement rétabli, Trinh-Duc a parfaitement  lancé son sprint personnel pour s'offrir une place au sein du XV de France pour  le Mondial anglais.

Enfin, Oyonnax a plus que jamais un pied dans la porte pour s'imposer comme  invité-surprise de la fin de saison. L'USO a fait du petit bois de Brive (24-3)  à Charles-Mathon et est provisoirement revenue à hauteur de Toulouse (49 pts),  juste devant Grenoble (47 pts), parmi les qualifiés ! En bas de tableau, le LOU (13e) est dans la tourmente après sa défaite  conjuguée à la victoire de La Rochelle. Castres, actuelle lanterne rouge, n'avait pas le choix: il fallait gagner à Grenoble. Ce que le CO a su faire en s'imposant  avec la manière (16-12) au terme d'une rencontre maîtrisée jusqu'au bout. Les coéquipiers de Rory Kockott et de Rémi Tales ont réalisé le match  parfait tactiquement. Ils ont également su profiter de la fébrilité de leurs  hôtes dans tous les secteurs de jeu et la défaillance au pied de Wisnieswki  (quatre pénalités manquées) pour l'emporter.

Ce succès, le tout premier à l'extérieur de la saison pour le CO (13e avec  38 points), vient le replacer sur les talons du premier non relégable, Brive  (12e avec 40 points), et permet aux joueurs de Mauricio Reggiardo d'espérer  encore à un maintien en Top 14 en dépit d'un calendrier épineux qui va les  opposer successivement à Bordeaux, Clermont, Toulon, Brive et le Racing.

AFP