Le Stade Français face au Stade Toulousain
Le Toulousain Gaël Fickou plaqué par Van der Merwe et la défense parisienne | AFP - MATTHIEU ALEXANDRE

Le Stade Français renverse le leader toulousain

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Dans l'ultime rencontre comptant pour la 12e journée du Top 14, et sur un essai validé difficilement à 3 minutes du terme de la rencontre, le Stade Français a vaincu (18-17) le Stade toulousain, qui a mis une pénalité sur le poteau et s'est vu refuser (justement) deux essais (par la vidéo). Un succès qui fait du bien à une équipe qui joue le maintien, et offre désormais 3 leaders: le Racing, Clermont et Toulouse. Guy Novès, le sélectionneur du XV de France, devait avoir un oeil attentif sur ce match, auquel prenaient part dix (Plisson, Danty, Bonneval, Slimani côté Stade Français, Médard, Bézy, Camara, Fickou, Maestri, Picamoles à Toulouse) des 30 joueurs appelés pour son rassemblement.

Un essai dès la 5e minute, après un joli slalom de Médard, un autre (finalement refusé) dès la 11e, après un splendide départ au ras de Bézy, l'affrontement entre les deux Stades avait débuté sur des bases très élevées. Entre le leader du Top 14, à l'agonie en Coupe d'Europe, et le champion en titre, qui joue le maintien, l'écart semblait abyssal. Après les 31 points passés à Toulon la semaine dernière, les Toulousains restaient sur leur lancée. Mais cela n'a pas duré.

Médard, Bézy et Palisson allument les premières mèches

Rappelé en équipe de France pour un premier rassemblement lundi, Maxime Médard trouvait le premier les grands espaces, dans une défense parisienne apathique. Il slalomait et servait au cordeau Palisson qui, malgré le plaquage manqué de Williams puis le retour de Plisson, parvenait à aplatir en coin (5e). Egalement appelé par Guy Novès à Marcoussis, Sébastien Bézy s'illustrait lui-aussi en partant au ras, pour servir, entre deux Parisiens, Vincent Clerc qui aplatissait également en coin. Mais l'arbitre appelait avec justesse la vidéo, qui montrait que Tolofua avait empêché Sempéré de défendre sur Bézy (11e). L'essai était donc annulé. Le N.9 était encore à l'origine d'un autre démarrage incisif, mais Dusautoir commettait un en-avant vers Palisson qui pouvait inscrire un doublé (20e). 

Toulouse baissait de rythme, Paris montait le sien. Le jeune demi de mêlée toulousain passait une pénalité (13e, 8-0), à laquelle répondait Jules Plisson (16e, 8-3). Totalement dominé en mêlée (quatre pénalités concédées), malmené dans les rucks (deux contre-rucks gagnants de Toulouse), le Stade Français se décidait à changer son pilier droit, Alo-Emile, pour le remplacer par Rabah Slimani (30e), lui-aussi couché sur la liste du groupe France. Les Parisiens résistaient mieux, mais la domination était clairement adverse. La pause était néanmoins atteinte sur un maigre avantage pour les hommes d'Ugo Mola (8-3).

Bonneval en jambes

Au retour des vestiaires, le Stade Français se montrait plus entreprenant, plus présent dans la moitié de terrain adverse. Une pénalité de Plisson finissait sur le poteau (42e), et malgré la récupération du ballon, l'action se finissait par un en-avant de Danty. Entré en jeu à la 48e minute, Yacouba Camara apportait son dynamisme en remplacement de Maestri en 2e ligne, et il était à l'origine d'une action qui se terminait par un en-avant de Plisson, suite à un coup de pied à suivre de Picamoles, repris par un coéquipier (51e). La pénalité était passée par Bézy (52e, 11-3). Mais l'ouvreur parisien, Plisson lui répondait une nouvelle fois (56e, 11-6), avant que Morné Steyn, entré en jeu à la place de Sinzelle, ne trouve le poteau (61e).

Plisson à l'arrière, Bonneval à l'aile, Quesada avait beaucoup changé, et cela lui réussissait. Sur une balle de récupération, le ballon arrivait dans les mains de Bonneval qui tapait à suivre pour lui-même, et aplatissait le premier essai de son équipe (64e, 13-11). Paris était récompensé pour sa deuxième période, et se montrait de plus en plus à son aise.

Hugo Bonneval échappé à Flood et défie Bézy
Hugo Bonneval échappé à Flood et défie Bézy

La vidéo ne confirme pas l'essai, l'arbitre si

Mais cinq minutes après, sur un raid phénoménal de Picamoles, Toulouse allait une nouvelle fois dans l'en-but, par Palisson, mais la vidéo montrait Marchand, auteur d'un passage à vide sur Parisse et Danty. Du coup, l'essai était encore invalidé, mais la pénalité (pour une faute précédente) était passée par Bézy (71e, 14-13). Les hommes d'Ugo Mola repassaient en tête, et soufflaient un peu plus avec une nouvelle pénalité (75e, 17-13). Deux minutes après, le centre Williams était lancé en puissance sur la ligne d'en-but toulousaine. Clerc était sous le ballon, et l'arbitre, après avoir visionné pendant de longues minutes toutes les images, validait l'essai (77e, 18-17). Les images n'étaient pourtant pas très claires, mais M. Cardona, l'arbitre, a pris ses responsabilités. Une décision qui va faire débat.

Avec l'énergie du désespoir, le Stade Français raflait donc la victoire, moins de prestige que d'espoir pour un champion de France qui peut désormais voir au-dessus de lui au classement, et plus seulement en-dessous. Il possède désormais huit longueurs d'avance sur le premier relégable, Oyonnax. Après avoir eu le match en mains, Toulouse pouvait se mordre les doigts de se contenter de ce bonus défensif, qui lui font abandonner les commandes du Top 14 au Racing, même si les Toulousains comptent autant de points que les Franciliens et les Clermontois.

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze