Les joueurs du Stade Français
Dans le cadre du parc de Saint-Cloud, à la Faisanderie, les joueurs du Stade Français ont repris le travail physique | DR

Le Stade Français, la reprise du champion

Publié le , modifié le

Sacré champion de France le 13 juin dernier, le Stade Français a repris hier l'entraînement en bon dernier de la classe du Top 14. Seulement quatre semaines pour être prêt à entamer le championnat face au proum palois, tel est le défi proposé aux hommes de Gonzalo Quesada. Mais ce n'est pas le seul obstacle devant l'entraîneur argentin et ses hommes. "On est face à un challenge encore plus grand", a d'ailleurs averti le technicien. Tour d'horizon d'une saison d'embuches pour les Parisiens.

Le cadre est bucolique. Le Domaine national de Saint-Cloud, sa végétation, son calme, les oiseaux qui chantent, tout cela aspire à la contemplation. Mais dans ce havre de paix, il y a des souffles rauques, des coups de sifflets à intervalles réguliers sans oublier des encouragements. Baignée par un soleil radieux qui fait grimper le thermomètre aux alentours des 30°, la Faisanderie, l'antre du Stade Français, a retrouvé ses joueurs de rugby. Désormais champions de France, les Parisiens ont retrouvé le chemin de l'entraînement depuis hier. Et les vacances semblent bien loin, malgré ce cadre.

Jeff Dubois non-remplacé​ dans le staff

Sur une ligne, les hommes de Gonzalo Quesada enchaînent les allers-retours à un rythme de plus en plus soutenu. Au sifflet, le préparateur physique en chef, Alexandre Marco, mène le rythme. Les visages sont marqués, les jambes brûlent. Tous portent un GPS sur le ventre pour aider à l'analyse de leur forme. Et après la séance, chacun a droit à sa boisson de récupération vanille ou chocolat, et trois poubelles pleines de glace les attendent dans le club-house. 

Gonzalo Quesada reste en arrière plan, observant ses troupes. "On a été plutôt surpris" par l'état des joueurs à leur retour, expliquait-il lors de la conférence de presse après la séance. "On a la chance d'avoir un groupe frais mentalement et physiquement." Mais un groupe sacrément réduit, avec la préparation pour la Coupe du monde (13 joueurs pris). "C'est notre souci majeur: l'énorme nombre de joueurs qui nous manqueront", en début de saison. Moins de joueurs à disposition durant la Coupe du monde, un statut de champion à défendre chaque week-end sans oublier la Coupe d'Europe à disputer, voilà tous les défis qui attendent le Stade Français. Sans omettre le départ de Jean-Frédéric Dubois pour le XV de France. "Avec Jeff, on partageait les tâches en totale harmonie", soulignait encore Quesada. "J'ai opté pour ne pas le remplacer afin de garder une certaine continuité. Dans un staff, les compétences sont aussi importantes que l'harmonie."

"Plusieurs saisons en une"​

Premier obstacle: une reprise tardive par rapport aux années précédentes. Le titre de champion est passé par là. "Je prends conscience aujourd'hui qu'on revient en tant que champion", glissait dans un sourire Quesada."Vous êtes plus nombreux que les années précédentes", ajoutait-il à l'adresse des journalistes. "C'est passé très vite mais on a laissé ça derrière nous. Car on se trouve face à un challenge encore plus grand. Après une saison pareille, on était obligé de donner cinq à six semaines de vacances aux joueurs. En jouant la finale, on a donc  repris 10 jours après la dernière équipe de Top 14. Cela fait 3 semaines de  préparation seulement, puisque la semaine 4, on aura un match amical (à Toulon), puis on débutera le Top 14." Cette préparation raccourcie pose une contrainte supplémentaire: "On doit essayer de mettre les mecs en forme le plus vite possible. mais c'est une préparation très évolutive, car on ne peut pas se permettre de perdre de joueurs sur blessure. On va doucement."

Gonzalo Quesada et son staff ont donc décidé de découper la saison en plusieurs temps. "On va jouer plusieurs saisons en une. La première est représentée par les 4 premiers matches du Top 14 (Pau, à Brive, Toulon et à Montpellier)". Il y aura ensuite une coupure pour la Coupe du monde, et le prochain match se déroulera plus d'un mois après. Cela donnera le temps de refaire du physique, mais surtout d'affiner le jeu, et d'apporter de vraies évolutions par rapport à la saison passée. "On veut mettre 10 000 choses en place, améliorer... On a plein d'idées. mais il ne faut pas tomber ans le piège de vouloir tout mettre en place en quatre semaines", analyse le manageur stadiste. La révolution dans le jeu, ce sera pour plus tard.

Plisson devrait postuler pour le premier match contre Pau​

Avec de nombreux joueurs du cinq de devant absent pour cause de Mondial, Quesada avoue "être inquiet" pour l'une des forces de sa formation. Mais son plan de route est clair: "Jusqu'à la moitié de la saison, on va se serrer les coudes." Ensuite, il espère bien reprendre la route de la saison passée, faite "d'un niveau d'humilité élevée", qui n'enlève rien à l'ambition. La Coupe d'Europe ? "On n'y va pas pour faire de la figuration, même si on sait les conséquences que cela peut avoir avec un effectif si réduit", annonce l'Argentin. 

Heureusement, contrairement aux recrues étrangères Genia et Alberts pris par les Wallabies et les Boks, il peut compter sur quelques nouveaux joueurs (Felsina, Macalou), beaucoup de jeunes "qui ont une chance à saisir en se montrant et un statut à défendre", et quelques retours, comme celui de Hugo Bonneval, blessé toute la saison dernière. Et il y a aussi Jules Plisson. Blessé à l'épaule et out en fin de saison dernière, l'ouvreur "s'est donné les moyens de postuler en équipe de France pour la Coupe du monde". Il était donc bien là, dans le groupe, à suer comme les autres. "Il fait tout avec nous, sauf le contact. Il commencera ça la semaine prochaine", précise Gonzalo Quesada au sujet d'un joueur qui pourrait intégrer le groupe France pour la Coupe du monde s'il est bien remis. "On sent que ça va être compliqué qu'il parte", admet Quesada. Il devrait pouvoir jouer le match amical à Toulon, ou le premier match contre Pau, le 23 août. Ce sera juste avant la liste des 31 dévoilée par Philippe Saint-André pour le Mondial. A la Faisanderie, Jules Plisson enchaînait les coups de pied en plein soleil alors que ses coéquipiers étaient déjà aux vestiaires.