Steffon Elvis Armitage (RC Toulon)
Steffon Elvis Armitage (RC Toulon) | BORIS HORVAT / AFP

Le Stade Français domine le Stade Toulousain

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Le Stade Français a renoué avec le succès en s'offrant une victoire au forceps aux dépens du Stade Toulousain lors de la 9e journée du Top 14 au terme d'un match intense (28-24). Toulon, de son côté, continue d'assommer la concurrence : 59-0 et huit essais face à Bayonne ! Enfin, Montpellier s'est reproché de la tête en battant Grenoble (23-6).

Le Stade Français s'est offert un voyage dans le temps. Face à son adversaire historique le Stade Toulousain, le club francilien, qui a disparu du premier plan ces derniers mois, a retrouvé la lumière l'espace de 80 minutes dignes de ses plus belles heures.  Le 11e du Top 14 a fait jeu égal avec les champions de France en titre, il est vrai, privés de plusieurs titulaires (Dusautoir, Picamoles, Steenkamp, Médard, Beauxis, blessés, de Tolofua, suspendu, et de McAlister et Jauzion, laissés au repos).

Avec William Servat sorti de sa retraite pour pallier la pénurie de talonneurs (Tolofua, Botha) et auteur de 43 minutes de bonne facture, les Toulousains se sont rapidement retrouvés menés 11 à 0 avec un premier essai de Parisse et deux pénalités de Jérôme Porical. Un exploit individuel de Vincent Clerc, qui marquait après avoir réalisé un "grand pont" et un essai d'Edwin Maka permettaient cependant au champion de France de mener à la pause (18-14). Les Toulousains manquaient plusieurs fois de prendre le large lors du second acte. Un essai de Jérôme Fillol sur une mésentente entre Yannick Nyanga et Clément Poitrenaud, suivi du doublé de Parisse, ont scellé la victoire parisienne.

Les Parisiens restent cependant 10e, devancés par l'USAP. Perpignan a fini par faire laborieusement plier le Racing Metro dans les dernières minutes du match grâce notamment à un drop de James Hook (17-13). Les Catalans signent là leur 4e succès de la saison, tous glanés à domicile, et recollent au peloton de tête (9e). Mais ils restent derrière leurs adversaires du soir qui repart avec le point de bonus défensif.

Toulon, la machine de guerre

Qui arrêtera le RCT ? La question mérite d'être posée tant les hommes de Bernard Laporte écrasent tout sur leur passage. Dernière victime en date, Bayonne, qui restait pourtant sur quatre victoires toutes compétitions confondues, n'a pas vu le jour (59-0). Emmenés par un Wilkinson clinique, un Mermoz aux jambes de feu, ou des Armitage omniprésents, les Varois méritent tous, en fait, d'être cités au tableau d'honneur tant leur prestation collective a été étourdissante. Grâce à ce succès, Toulon prend ainsi ses distances avec Clermont, relégué à cinq points, et Toulouse, à huit unités.

Montpellier, vainqueur de Grenoble (23-6), est même revenu sur les talons des Toulousains. Les Héraultais ont ouvert très vite le score face aux Isérois (essai de Tilou dès la première minute) avant de prendre le large au score grâce à la botte de Bustos Moyano. En bas de classement, Agen réalisant une mauvaise opération en s'inclinant à domicile contre Castres (14-22), d'autant que Bordeaux-Bègles, un concurrent direct au maintien, l'a emporté à Mont-de-Marsan, toujours à la recherche de sa première victoire (12-17).

Déclarations :

Pascal Papé (capitaine du Stade Français): "C'est pas tous les jours qu'on a la chance de battre le grand Stade Toulousain, champion de France en titre. Il faut louer et féliciter l'état d'esprit et le mental dont a fait preuve le Stade Français. Ce qui nous sauve, c'est ce qu'on a dans la tête et aussi ailleurs. On a rien lâché, on y a cru jusqu'au bout. A la mi-temps, on s'est fait un peu remonter par (l'entraîneur) Christophe Laussucq. Ca ne nous a pas fait de mal car on avait bien attaqué le match et après on a baissé d'intensité et contre Toulouse, tu retournes à la mi-temps avec -4 points. On a plutôt bien rivalisé avec le Stade Toulousain, notamment en mêlée. En touche, on n'a pas été trop mal non plus."

Bernard Laporte (manager de Toulon): "J'ai eu envie d'embrasser les joueurs sur la bouche dans le vestiaire. J'avais rarement autant de plaisir à regarder une équipe jouer. Même ma mère qui a 72 ans et qui ne comprend rien au rugby m'a dit que c'était bien ! J'ai vu beaucoup d'envie sur le terrain, beaucoup d'émotion dans les tribunes et j'ai croisé des gens qui m'ont dit qu'ils avaient rarement pris du plaisir comme ça. C'est bien, maintenant il faut garder les pieds sur terre. L'état d'esprit est là, il faut continuer et ne rien lâcher".

Julien Lamotte