Racing Metro Toulon Chabal Wilkinson 12 2009
Sébastien Chabal au contact de Jonny Wilkinson | AFP - Bertrand Langlois

Le Racing dans la douleur contre le RCT

Publié le , modifié le

Dans l'ultime rencontre de la 16e journée du Top 14, le Racing-Métro est parvenu à inverser la vapeur pour battre Toulon (15-12) après avoir été mené (12-3) à la pause. L'engagement et le pied ont prévalu dans ce choc, qui permet aux Parisiens de s'emparer de la 2e place du championnat aux dépens de Montpellier.

Encore une fois, le Racing a pêché dans la finition. Encore une fois, il a laissé passer bon nombre d'occasions de marquer des essais. Encore une fois, le jeu au pied couplé de Wizniewski et de Steyn a sauvé l'essentiel. Et encore une fois, Toulon a pu compter sur son métronome, Jonny Wilkinson, pour punir un adversaire pas assez décidé. Dans ce choc entre anciennes grosses cylindrées de ProD2, devenus ogres du Top 14, le pied a prévalu, mais les spectateurs n'ont pas pu forcément le prendre avec du jeu aux quatre coins du terrain.

Pourtant, le début de match ne plaidait pas en faveur d'une grande soirée de "Wilko", ratant la cible alors qu'il était en face à 25m (5e). Il se rattrapait quatre minutes après (9e, 0-3), avant de débuter son show. A ses heures de gloire sous le maillot de la Rose, il s'était fait spécialiste des douches froides, et les Français ont payé longtemps le lourd tribut de son réalisme. Un premier drop donnait aux Varois une bonne avance (17e, 0-6), puis l'Anglais répondait coup pour coup aux assauts franciliens. Une pénalité de Wiznieswski à la 25e ? Un drop à la 26e pour répondre, et passer son 13e personnel cette saison. Une énorme domination parisienne, ponctuée d'un carton jaune à l'encontre d'Emmanuelli (32e) mais conclue par une reculade sur une énième mêlée à 5m, puis un nouveau drop de l'ouvreur des visiteurs (38e, 3-12). Ce score à la pause permettait à Pierre Berbizier de remobiliser son effectif et de le rappeler à moins de gâchis. Et cela marchait, avec des Ciel et Blanc bien plus gaillards, bien plus percutants et organisés, avec une pénalité de Wizniewski (42e, 6-12), puis un drop de Steyn des 40m (50e, 9-12), et une nouvelle pénalité de Wizniewski (59e, 12-12). Et comme la main-mise du jeu était désormais locale, l'ouvreur parisien imitait celui dont il avait le poster dans sa chambre il n'y a pas si longtemps que cela, en plaçant un drop rapide au meilleur moment (72e, 15-12). Et il ne s'arrêtait pas là, puisque c'est lui qui sortait rapidement pour gêner une nouvelle tentative de drop de son homologue à la 76e minute, juste en face des poteaux. Lequel remettait ça du droit quelques secondes après, sans trouver la cible.

Finalement, les Toulonnais repartent avec le bonus défensif, mais sans s'être vengés de la défaite subie à Mayol à l'aller (36-31). A une semaine du match crucial pour la suite de leur aventure européenne contre le Munster, les hommes de Philippe Saint-André sont condamnés à oublier une victoire qui pouvait leur revenir. Ils ne sont que 6e du Top 14.

Réactions

Philippe Saint-André (manageur de Toulon): "Il faut féliciter le Racing. ils ont bien joué le coup. On savait qu'ils allaient nous prendre comme ça. Le problème, c'est que quand tu joues un match de haut niveau comme ça avec deux équipes pourtant disciplinées et que ça fait quinze pénalités à cinq (pour le Racing, NDLR), ce n'est pas possible. On veut de la cohérence. Je sors d'un vestiaire dépité, triste. Les joueurs ne comprennent pas. En première mi-temps, on a mis beaucoup de vitesse mais on n'a pas marqué assez de points. Il y a eu beaucoup d'engagement physique, deux équipes bien organisées défensivement, deux équipes en place."
Jérôme Fillol (demi de mêlée du Racing-Métro au micro de Canal Plus): "On était mal parti, mais on est reparti (en deuxième période) en étant notammment performant en mêlée et en touche, et on a remis les choses dans l'ordre. (Au début de match) On a trouvé en face de nous une grosse équipe toulonnaise qui nous a mis la pression et a su, avec Wilkinson, marquer des points au pied."