Laurent Emmanuelli : "Une finale, il faut la gagner"

Laurent Emmanuelli : "Une finale, il faut la gagner"

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Enfant de Mayol, le pilier vétéran de Toulon Laurent Emmanuelli (35 ans), habitué des défaites en finale du Top 14 qui laissent "des plaies difficiles à cicatriser" (trois défaites en finale avec Clermont en 2007, 2008 et 2009, ndlr), pense que son club se doit "d'enfoncer le clou" face à Toulouse samedi en finale au Stade de France.

Préparer la finale au bord du bassin d'Arcachon loin de Toulon, c'est pour maintenir la pression ou l'enlever?
Laurent Emmanuelli : "C'est un peu des deux. On connaît la ferveur et la fièvre qu'il y aurait pu y avoir à notre retour à Toulon. Le staff, volontairement, a voulu nous enlever un petit peu de pression supplémentaire car de la pression il y en en aura rien qu'avec l'événement. C'est une bonne chose qu'on ait pu se recentrer et vivre des moments en vase clos même si c'est vrai qu'on aurait bien aimé saluer nos proches, nos amis, la famille. Mais ça va tellement vite, une finale, c'est l'aboutissement d'une saison, il faut la préparer de la meilleure des façons". 

Vous avez vécu et perdu trois finales avec Clermont. Quels conseils allez-vous donner à vos coéquipiers?
L.E : "Ce serait prétentieux de ma part. Le seul conseil que je peux donner, c'est qu'une finale, c'est bien d'y être mais avant toute chose il faut la gagner. C'est merveilleux pour la renaissance du rugby à Toulon car il y a eu une longue période de disette. Le vécu, c'est le pragmatisme. La finale, c'est bien mais si on s'arrête là, ce sont des plaies qui sont difficiles à cicatriser et que l'on garde toute une vie".

Pourquoi ça marche cette année? Qu'est ce qui a fait la différence?
L.E : "C'est un groupe qui malgré les diverses expériences des uns et des autres, pour beaucoup dont le palmarès parle de lui-même, a manqué de vécu commun. La première saison, même si des joueurs nous ont quittés depuis, nous a permis de grandir au travers des échecs comme des victoires. L'année dernière nous a marqué au fer rouge parce qu'on pensait in extremis pouvoir se qualifier et on a échoué sur la dernière marche à Montpellier. Tout ça nous a quand même forgé un esprit collectif qui j'espère va nous servir pour aller jusqu'au bout".

Il y a un mois, vous avez battu Toulouse (25-22) à Mayol. Ce match peut-il vous servir pour samedi?
L.E : "Ce n'est pas du tout le même contexte. C'était important pour nous de s'imposer à la maison. Après, une finale est un événement tellement particulier. Il ne faut pas regarder derrière. Ce qu'il nous faut c'est qu'on se concentre d'abord sur nous-mêmes, qu'on essaye de donner le meilleur de nous-mêmes et qu'on soit habité par cet état d'esprit qui nous a permis de nous redresser. Cela fait un mois et demi qu'on dit qu'on ne joue pas très bien, certes, mais l'abnégation du groupe a fait qu'on a pu se hisser jusqu'en finale. Maintenant le plus dur reste à faire".

Quels souvenirs gardez-vous de la finale de 1992 ?
L.E : "J'étais cadet à Toulon, j'étais chez un coéquipier qui avait eu un grave accident de deux roues, on regardait ça depuis une chambre d'hôpital, c'est un peu particulier comme contexte. Après, ce que je peux dire, c'est que quand je suis revenu à Toulon il y a trois ans, c'est justement pour vivre des choses comme ça avec mon club formateur. C'est bien mais il faut enfoncer le clou".

AFP