Le buteur anglais Jonny Wilkinson aidé par l'Australien Matt Giteau
Le buteur anglais Jonny Wilkinson aidé par l'Australien Matt Giteau | JACQUES DEMARTHON / AFP

L'armada toulonnaise déjà dans l'allure

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Les deux victoires inaugurales en championnat en deux déplacements à Perpignan et au Racing ont confirmé le potentiel de Toulon pour la saison à venir. Renforcée en qualité et en quantité à tous les postes, l'armada toulonnaise voulue par son président Mourad Boudjellal affiche déjà une cohésion et un solidité étonnante. En attendant les débuts prochains de l'ouvreur international Frédéric Michalak,

Expérience, puissance et talent. Voilà les lignes directrices d'un recrutement orchestrée très tôt par le duo Boudjellal-Laporte: apporter "de la qualité en quantité" a résumé Mourad Boudjellal. "Nous voulions moins de joueurs et relever le niveau moyen des joueurs. C'est pour cela que nous avons pris que des internationaux." Le vice-champion de France, battu par Toulouse en juin (18-12), a ainsi enregistré 22 départs de la Rade compensés par 9 recrues aux pedigrees impressionnants. L'ouvreur Frédéric Michalak, le centre vice-champion du monde Maxime Mermoz, le troisième ligne Chris Masoe, désigné meilleur joueur du Top 14 en 2011-2012 avec Castres, les piliers anglais Andrew Sheridan et gallois Gethin Jenkins, entre autres, viennent se greffer à la cohorte de stars -Wilkinson, Giteau, Hayman, ...- déjà présentes à Toulon.

Un recrutement bien ciblé

Encore loin du budget de Toulouse (presque 35 millions d'euros), le budget toulonnais, le quatrième du Top 14, a connu une augmentation substantielle passant de 21,84 millions à 25,3 millions d'euros et permis la construction d'un groupe impressionnant sur le papier. "Chaque joueur recruté doit apporter une valeur ajoutée au groupe. Nous n'avons pas recruté pour recruter", souligne le président varois. "Nous manquions de puissance devant la saison passée. Nous avons pris Masoe et Sheridan. Nous avions besoin d'un leader en touche, nous avons recruté Kennedy. Nous avions besoin de joueurs créatifs derrières, nous avons pris Michalak et Mermoz", détaille-t-il. Face aux critiques d'une équipe de mercenaires construites avec des salaires élevés, Boudjellal répond en chef d'entreprise: "le vrai prix d’un joueur n’est pas ce qu’il coûte mais la différence entre ce qu’il coûte et ce qu’il rapporte." 

Conquête, défense, discipline, les crédos laportiens

Même si Bernard Laporte souligne qu'il y a moins d'internationaux actifs que chez ses rivaux clermontois et toulousains, le groupe porté par ses anciens (Bruno, Botha, Wilkinson, Shaw) affiche un esprit de corps qui tord le coup à l'idée d'un amalgame de noms. Déjà meilleur défense du Top 14 au nombre d'essais encaissas l'an passé, Toulon a toujours une belle défense, symptôme que le collectif a pris le dessus sur les individualités. Si la performance à Perpignan (15-21) a été défensive, celle au Racing a été plus complète avec deux essais de bonnes factures et quelques mouvements intéressants. Les apports des recrues Sheridan et Jenkins ont calé la mêlée varoise et le flanker Steffon Armitage arrivé en 2011 récupère un nombre de plus en plus impressionnant de ballons sur les rucks.Avec un trio Michalak-Mermoz-Giteau aidé par un Bastareaud allégé derrière, Toulon risque aussi de briller en attaques dans les prochains mois.

Un état d'esprit et une ambition

"Il y a la même ferveur que j'ai pu connaître à Perpignan, une énergie positive et un engouement qui permettent de se sublimer. Il y a aussi et surtout un projet très ambitieux. Vu l'effectif de cette année et les structures du club, on sent que Toulon a envie de s'installer dans l'élite pour des années", souligne le demi de mêlée transfuge du Racing Nicolas Durand. Double finaliste sortant en challenge Européen (battu par Biarritz 21-18) et en Top 14 (battu par Toulouse 18-12), le RCT a vécu une saison riche sportivement sans pour autant ramener un trophée si convoitée par son président. L'objectif de la saison à venir est limpide à établir : "faire mieux". "Nous espérons faire mieux. Il faut aller au Stade de France et perdre en prolongation. Ce serait mieux", rigole le fondateur des Éditions du Soleil. "On a goûté à l'exceptionnel. On a envie d'y regoûter." Pour le moment, c'est bien parti.

Mathieu Baratas