Ballon rugby Top 14
Quels seront les quatre clubs en demi-finales du Top 14 ? | AFP - THIERRY ZOCCOLAN

L'accord entre la Ligue et Canal+ suspendu

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L'Autorité de la concurrence a annoncé mercredi avoir suspendu à compter de la saison 2015-2016 l'accord d'exclusivité de retransmission du Top 14 signé entre la Ligue nationale de rugby et Canal+. L'Autorité de la concurrence avait été saisie par la chaîne qatarie beIn Sports qui contestait le contrat, conclu en janvier et portant sur cinq saisons pour un montant historique de 355 millions d'euros.

Le calme n'aura duré que quelques mois: après avoir attribué le 14 janvier  à Canal+ l'exclusivité de la retransmission du championnat de France de rugby  pour les cinq prochaines saisons, la LNR est sommée de remettre en jeu ces droits. Soupçonnée "d'entente anticoncurrentielle", la Ligue devra effectuer "une  nouvelle procédure de mise en concurrence" avant le 31 janvier 2015. A moins  qu'un recours ne soit déposé d'ici 10 jours devant la Cour d'appel de Paris. Contacté par l'AFP, le président de la LNR Paul Goze a déclaré qu'il ne souhaitait "pas communiquer pour le moment" sur ce dossier vital pour  l'économie du rugby professionnel français, puisque les droits TV représentent dorénavant plus de 60% du budget de la Ligue. Au moins la LNR pourra se satisfaire d'avoir préservé l'exercice 2014-2015, car l'Autorité de la concurrence n'a pas souhaité "porter une atteinte  disproportionnée aux intérêts des clubs, des diffuseurs et des  téléspectateurs", alors que le Top 14 reprendra le 15 août.

Mais l'accord historique de 355 millions sur cinq saisons courant de 2014 à  2019 est bien remis en cause à partir de 2015-2016, offrant un nouvel épisode à  ce feuilleton à rebondissements, l'un des nombreux avatars de la guerre féroce  que se livrent le groupe Canal+ et beIn Sports sur le terrain des droits  sportifs. La LNR comptait bien profiter de ce contexte hyper-concurrentiel en  dénonçant en cours de route l'an passé son contrat avec la chaîne cryptée, dont  le montant s'élevait à 31,7 millions d'euros annuels. L'affaire avait alors vite pris la tournure d'un bras de fer entre le  diffuseur emblématique de la compétition et la Ligue. Les deux parties ont d'abord tenté de négocier de gré à gré avant que la  LNR ne provoque un appel d'offres, contesté en reféré devant la justice par Canal+.

Le rugby dans une nouvelle dimension

Mais les deux partenaires se sont vite réconciliés quand la LNR a  brutalement interrompu la procédure, à la veille même de l'échéance du dépôt  des dossiers, pour signer un nouveau bail avec la chaîne cryptée. Et décrocher  un joli pactole: 71 millions d'euros en moyenne par exercice. Cela avait provoqué la fureur de beIn Sports, qui comptait se positionner  mais s'est senti flouée: la chaîne qatarie a saisi en mars l'Autorité de la  concurrence qui lui a finalement donné raison. Par cette décision, l'Autorité souligne également que le championnat de  France de rugby est entré dans une autre dimension économique et doit se  conformer scrupuleusement aux règles de la concurrence en mettant en place une  procédure "transparente et non discriminatoire".

"L'Autorité de la concurrence a considéré que les droits du Top 14 étaient  devenus particulièrement attractifs en considération de l'intérêt manifesté par  les abonnés pour cette compétition et des audiences importantes qu'elle  réalise", martèle l'instance dans un communiqué. "La situation est également préjudiciable au développement de beIN Sports,  seul nouvel entrant susceptible d'animer la compétition sur les programmes  sportifs de diffusion payante", poursuit encore l'Autorité. Avec cette décision, beIn Sports remporte en tous cas une nouvelle manche  sur le terrain judiciaire face à Canal+. Il y a un mois, le tribunal de  commerce de Nanterre (Hauts-de-Seine) avait estimé que la chaîne qatarie, attaquée sur le montant de ses abonnements par Canal+, n'exerçait pas de  "concurrence déloyale" à l'encontre de la filiale de Vivendi.

AFP