Goujon La Rochelle
Goujon (La Rochelle) passe entre deux défenseurs toulonnais | XAVIER LEOTY / AFP

La Rochelle perce la muraille toulonnaise

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La Rochelle a réussi l'exploit de s'imposer à la dernière seconde face au RC Toulon lors de la 23e journée du Top 14 (32-29). Même si les Varois alignaient une équipe bis en vue de la finale de la Champions Cup, l'exploit des Martimes est bien réel. Et lui assure sans doute le maintien au sein de l'élite.

De l'avantage d'être un club puissant : avec pas moins de 14 changements par rapport à la demi finale victorieuse contre le Leinster en Coupe d'Europe, le RC Toulon reste une équipe formidablement compétitive. Bernard Laporte, prévoyant en vue de la finale contre Clermont, avait donc bouleversé son XV, le seul Michalak conservant une place de titulaire pour affronter des Rochellais désireux de prendre leurs distances avec la zone de relégation. 

La première période restera longtemps dans les mémoires du Stade Marcel Deflandre. Cinq essais de part et d'autres, une orgie de jeu, aucun calcul et des relances à tout va. Michalak avait beau ouvrir le score pour les Varois (0-3, 3e), Alofa donnait le véritable ton avec un essai somptueux qu'il ne devait qu'à son seul talent. L'ailier de la Rochelle tapait un coup de pied de recentrage qu'il convertissait en plongeant victorieusement dans l'en-but (7-3, 4e). La suite était du même tonneau. Tusova, après plusieurs temps de jeu, marquait en force mais Bobo répliquait d'un essai de filou (14-10, 12e). Toulon faisait ensuite jouer sa puissance supérieure par Gorgodze et, une nouvelle fois, le Stade trouvait les ressources pour reprendre l'avantage après une relance de 80 mètres conclue par Murimurivalu (19-20, 27e). Une dernière pénalité de Fortassin, qui permettait à La Rochelle de passer en tête (22-20, 36e) venait clore ces 40 premières minutes épiques. 

Hingano ce héros

La suite ne pouvait pas être aussi glorieuse. Fatigués, les organismes se recentraient sur les tâches défensives. Finies les grandes envolées, le jeu était désormais au gagne-terrain. La plus grande maîtrise du RCT, et la régularité de Michalak à la botte, ramenaient les partenaires de Goujon à la raison (25-29, 70e). Malin, Bernard Laporte protégeait ses arrières en distillant un peu de sang frais pour contenir les vagues des Maritimes. Sans retrouver l'éclat de la première période, les Varois assuraient l'essentiel grâce à une solidité retrouvée. Mais il fallait plus qu'une défense renforcée pour abattre les locaux. Poussés par leur public en fusion, et à force de multiples percussions, les Jaune et Noir finissaient par renverser l'ogre grâce à Hingano qui s'arrachait et parvenait, dans un ultime effort, à se retourner dans l'en but (32-29, 80e) ! La formidable générosité des Rochelais était justement récompensée. 

Déclarations :

Loann Goujon (troisième ligne de La  Rochelle): "Quelle fin de match ! On a pris les touches au lieu de prendre les  points (buts de pénalité). Tout s'est fait après la sirène. Ce fut magique.  Toute la pression est redescendue d'un coup à la fin du match. Ce fut un grand  moment de bonheur. Le match est parti sur les chapeaux de roue. Les deux  équipes ont envoyé du jeu. Ca devait être plaisant à regarder. Dans les toutes  dernières minutes, il a fallu croire en nous. Ca a payé. Le maintien ? Les  autres équipes ne lâcheront pas. Depuis quelques temps, on se tire la bourre  avec quatre ou cinq équipes. A la fin de la rencontre, on a été dire merci à  Malietoa Hingano qui a inscrit l'essai. On a besoin de ce type de joueur  tonique".

Bernard Laporte (manager de Toulon) : "Tu ne peux pas être indiscipliné si  tu veux l'emporter. On perd car on a été indiscipliné. On mérite cent fois de  gagner le match. Les vingt dernières minutes ont été compliquées à gérer. Je  n'ai rien à reprocher à mes joueurs. Je suis déçu pour eux. Ce genre de match  sert à faire jouer les hommes en forme. La Rochelle a tout fait pour exister.  Je pense que le match était agréable à regarder, il y a eu du suspens jusqu'au  bout. On n'a pas, comme j'ai pu l'entendre, faussé le championnat en venant  sans les joueurs cadres. On n'a qu'à changer le calendrier, et ne plus faire un  championnat à quatorze équipes. La semaine prochaine, en finale de la Coupe  d'Europe, on va affronter une grande équipe de Clermont. Je pense faire des  changements sur le banc. Il y a des choix à faire à certains postes".

Julien Lamotte